Compte à Terme (CAT) : Rendement, fiscalité et stratégie

Dans un contexte de stabilisation de l’inflation en 2026, l’arbitrage entre liquidité et rendement redevient un enjeu central pour les trésoreries d’entreprise et les épargnants avertis. Laisser des capitaux dormir sur un compte courant constitue un coût d’opportunité réel. Cet article propose une analyse technique du compte à terme : fonctionnement contractuel, grille des taux actuels et traitement fiscal spécifique aux résidents et non-résidents. À la suite de cette lecture, vous disposerez des informations nécessaires pour calculer votre rendement réel net d’inflation et déterminer si ce support est pertinent pour vous.

Les points clés à retenir :

  • Sécurité élevée et visibilité : le capital ne fluctue pas et la rémunération est définie au contrat (taux fixe ou progressif selon l’offre). En cas de défaillance de la banque, les dépôts sont protégés dans la limite de 100 000 € par déposant et par établissement (mécanisme de garantie des dépôts).
  • Contrainte de liquidité : vos fonds sont immobilisés pendant la durée prévue. Un déblocage anticipé est parfois possible mais il est contractuel (préavis, minoration des intérêts, pénalité ou clôture du placement) : n’y placez que de la trésorerie dont vous n’avez pas besoin.
  • Complément aux livrets réglementés : contrairement au Livret A ou au LDDS limités par leurs plafonds, le CAT permet de placer des montants bien plus élevés, dans la limite des conditions de la banque et de la garantie des dépôts.
  • Fiscalité souvent favorable pour les non-résidents : en droit interne, les intérêts de placements à revenu fixe (dont les CAT) sont exonérés en France pour les non-résidents, sauf exceptions (notamment ETNC) et sous réserve de justifier la résidence fiscale. L’imposition se fait ensuite dans le pays de résidence.
  • Outil de portage, pas de capitalisation longue : le CAT sert surtout à “garer” de la trésorerie sur 1 à 5 ans. Sur le long terme, la fiscalité à chaque échéance et le risque de réinvestissement réduisent l’intérêt face aux enveloppes à imposition différée.

Un compte à terme est un bon outil, mais est-ce le plus adapté à votre situation personnelle et fiscale ? Ne laissez pas de l’argent dormir ou mal travailler par défaut. Faites analyser votre situation par nos conseillers pour valider la meilleure option pour vos liquidités. Je réserve mon créneau !

L’essentiel à retenir sur le compte à terme

Le Compte à Terme (CAT) est un placement d’épargne sécurisé par lequel vous prêtez une somme d’argent à une banque pour une durée déterminée, en échange rémunération définie au contrat dès la signature (taux fixe, progressif ou formule prévue). Contrairement aux livrets réglementés (Livret A), il s’agit d’un contrat commercial dont le taux n’est pas décidé par l’État, mais par les conditions de marché.

Le principe : un « prêt inversé » à la banque

Pour bien comprendre la mécanique, il faut inverser la logique habituelle. Lorsque vous faites un crédit immobilier, la banque vous prête de l’argent et vous payez des intérêts. Avec un CAT, c’est vous qui prêtez de l’argent à la banque, et c’est elle qui vous verse des intérêts pour avoir le droit d’utiliser vos liquidités.

Les 3 piliers du compte à terme

Ce produit repose sur trois règles d’or qui ne changent jamais en cours de route :

  • Capital Garanti : vous ne pouvez pas perdre un centime de la somme déposée. En France, cette sécurité est renforcée par le FGDR (Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution) à hauteur de 100 000 € par client et par banque.
  • Rémunération définie : la formule de taux est connue dès le départ (fixe ou progressif selon l’offre). Vous connaissez à l’avance la règle de calcul des intérêts.
  • Durée Déterminée : c’est un engagement temporel (1 mois, 1 an, 5 ans…) ; vous connaissez la date de fin exacte dès le premier jour.

L’inconvénient : argent bloqué et pénalités de sortie

C’est la contrepartie essentielle de ce rendement garanti, en signant un CAT, vous acceptez une indisponibilité de vos fonds.

Concrètement, l’argent n’est pas « confisqué », vous pouvez toujours le récupérer en cas de force majeure. Cependant, certaines banques imposent un préavis, un retrait total uniquement, et des modalités de pénalité différentes (minoration du taux, pénalité fixe, suppression des intérêts).

  • Le scénario classique : la banque réduit drastiquement le taux d’intérêt promis (par exemple, vous passez de 3 % à 0,50 % pour la période écoulée).
  • La règle : on n’ouvre jamais un CAT avec de l’argent dont on pourrait avoir besoin dans l’urgence.

Les taux du compte à terme en 2026

Maintenant que le fonctionnement est clair, passons à la réalité chiffrée. En ce début d’année 2026, les banques ont ajusté leurs grilles tarifaires. Si les rendements « mirobolants » de la crise inflationniste sont derrière nous, le marché s’est stabilisé sur des niveaux très solides, offrant des opportunités intéressantes pour faire travailler sa trésorerie sans risque.

Tableau comparatif des rendements

Voici les taux bruts annualisés que vous pouvez viser actuellement. Nous distinguons les banques de réseau (agences physiques) des « Top Marché » (banques en ligne, fintechs et plateformes spécialisées).

Durée d’engagementTaux Moyen (Banques classiques)Taux Top Marché (Banques en ligne)Profil d’épargnant idéal
6 Mois2,00 % – 2,20 %Jusqu’à 2,60 %Trésorerie d’attente (ex: achat immobilier imminent).
12 Mois (1 an)2,40 % – 2,60 %2,75 % – 3,00 %Le « Sweet Spot » 2026. Le meilleur compromis rendement/durée.
24 Mois (2 ans)2,30 % – 2,50 %2,80 %Pour ceux qui veulent une visibilité à moyen terme.
36 Mois (3 ans)2,40 % – 2,60 %2,90 %Financement de projet (véhicule, travaux).
60 Mois (5 ans)2,60 % – 2,80 %3,20 % – 3,40 %Sécurisation. Pour verrouiller un taux avant la baisse future.

Note : ces taux sont bruts et à titres indicatifs, ils peuvent varier d’une semaine à l’autre. Ils dépendent aussi de conditions (montant minimum, “new money”, profil client, domiciliation, retrait anticipé).

Pourquoi le « court terme » rapporte-t-il autant ?

Si vous analysez le tableau, vous remarquerez une curiosité : un placement sur 12 mois propose un taux supérieur ou égal à un placement sur 2 ou 3 ans. Ce phénomène (courbe aplatie / parfois inversée) reflète surtout les anticipations de taux et les besoins de financement à court terme.

  • Le besoin immédiat (1 an) : les banques cherchent à capter des liquidités maintenant pour équilibrer leurs bilans, et elles sont donc prêtes à payer une « prime » pour attirer votre argent sur une courte durée.
  • L’anticipation future (3 à 5 ans) : les banquiers anticipent que les taux directeurs de la Banque Centrale vont baisser dans les années à venir, et refusent donc de s’engager aujourd’hui à vous verser un taux élevé pendant trop longtemps.

La stratégie à adopter :

  • Si vous cherchez la performance pure, le CAT 12 mois est roi cette année.
  • Si vous pensez que les taux vont baisser nettement en 2027–2028, un CAT long peut permettre de verrouiller un rendement plus longtemps ; même si cela semble moins attractif à l’instant T.

Accompagnement gratuit

Entre le taux affiché et ce qui atterrit dans votre poche, l’écart peut être important. Que vous soyez résident ou non, une erreur de structuration coûte cher. Prenez rendez-vous avec l’un de nos experts pour garantir que vos placements sont fiscalement efficients. Je réserve mon créneau !

Rentabilité du compte à terme : Est-ce intéressant face à l’inflation ?

Si vous jugez l’attractivité d’un placement uniquement à son taux affiché sur la brochure publicitaire (le taux nominal), vous risquez de commettre une erreur d’analyse majeure. En 2026, une anomalie favorable aux épargnants s’est produite ; alors que les taux faciaux ont légèrement baissé par rapport aux années précédentes, la rentabilité réelle des placements sécurisés a bondi.

Calculer le rendement réel : taux nominal vs inflation

Le taux que votre banquier vous annonce est une « illusion d’optique » tant qu’il n’est pas corrigé du coût de la vie. Pour savoir si vous vous enrichissez vraiment, vous devez appliquer cette équation simple :

Rendement Réel = Taux du CAT (Nominal) – Inflation

  • Si le résultat est négatif, vous gagnez des euros, mais vous perdez du pouvoir d’achat (votre argent « fond »).
  • Si le résultat est positif, votre épargne crée véritablement de la valeur. Vous pouvez acheter plus de choses à la fin de l’année qu’au début.

2023 vs 2026 : le retour du gain de pouvoir d’achat

C’est ici que la situation devient intéressante.

En 2023 (le piège) : les banques proposaient des CAT à 4,00 %, cela semblait énorme mais l’inflation frôlait les 5,00 %.

  • Résultat : 4 % – 5 % = – 1 %. Malgré un taux élevé, les épargnants s’appauvrissaient silencieusement.

En 2026 (l’opportunité) : les meilleurs CAT proposent environ 3,00 %, cela semble moins « sexy » mais l’inflation est retombée autour de 1-2 % selon les indicateurs.

  • Résultat : 3 % – 1,5 % = + 1,5 %. Vous gagnez vraiment de l’argent.

Même si le chiffre affiché est plus bas qu’il y a deux ans, le compte à terme est plus rentable en 2026 qu’il ne l’était au pic de la crise inflationniste.

Fiscalité du compte à terme : résidents et expatriés

La fiscalité est le filtre qui détermine ce qui atterrit réellement dans votre poche. Selon que vous soyez résident fiscal en France ou expatrié, le compte à terme (CAT) peut passer d’un placement « standard » à une véritable niche fiscale.

Pour les résidents fiscaux français

En France, les intérêts d’un CAT relèvent des revenus de capitaux mobiliers. Par défaut, ils sont soumis au PFU, composé d’un impôt sur le revenu (12,8%) et de prélèvements sociaux (18,6% depuis le 1er janvier 2026).

Bon à savoir : si vous êtes non-imposable (ou tranche à 11%), vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif, cette option barème se juge au cas par cas selon votre TMI et vos revenus (l’option s’applique à l’ensemble des revenus du capital concernés, pas uniquement au CAT).

Pour les expatriés et non-résidents

Contrairement à l’immobilier où les revenus fonciers sont lourdement taxés même pour les expatriés, les intérêts des comptes à terme eux, sont exonérés d’impôt en France en droit interne, sous réserve des règles applicables, des justificatifs de résidence et des exceptions.

Exonération de retenue à la source : en tant que non-résident fiscal (au sens de l’article 4 B du CGI), la banque française vous verse les intérêts bruts. Elle ne prélève ni les 12,8 % d’impôt, ni les 18,6 % de prélèvements sociaux ; c’est un avantage immédiat de 31,4 % par rapport à un résident.

  • Exception : si les intérêts sont versés vers un État et Territoire Non Coopératif (ETNC – Paradis fiscal blacklisté par la France), une retenue punitive de 75 % s’applique.

Imposition dans le pays de résidence : attention, « pas d’impôt en France » ne signifie pas « pas d’impôt du tout ». Vous devez déclarer ces intérêts dans votre pays de résidence fiscale.

  • Le rôle de la convention fiscale : la plupart des conventions (modèle OCDE) attribuent le droit d’imposer les intérêts exclusivement au pays de résidence, vous évitez ainsi les frottements administratifs de la double imposition.

Bon à savoir : fournissez à la banque une attestation de résidence fiscale (formulaire 5000 et, selon les cas, l’annexe “intérêts” 5002) pour appliquer correctement le régime et éviter une retenue inadaptée ou faciliter un remboursement.

Attention au risque de change pour les revenus en Euros

Pour un non-résident la fiscalité n’est pas le seul paramètre, Si vous vivez aux États-Unis, en Suisse ou au Royaume-Uni, vos dépenses sont en devises (USD, CHF, GBP), alors que le CAT vous rémunère en Euros.

De ce fait, le taux de change peut détruire votre rendement :

  • Vous placez à 3 % en Euros.
  • Dans l’année, l’Euro chute de 5 % face à votre devise de résidence.
  • Résultat : même avec une fiscalité nulle, vous avez perdu du pouvoir d’achat dans votre monnaie locale.

Utilisez donc le CAT en Euros pour gérer des dépenses futures en Euros (vacances en France, retour d’expatriation, paiement d’impôts français). Ne l’utilisez pas pour épargner en vue d’un projet local à l’étranger.

Stratégie patrimoniale : le CAT suffit-il pour investir ?

Si le compte à terme est un bon outil de trésorerie à court terme, l’utiliser comme une stratégie d’épargne à long terme est une erreur à cause du frottement fiscal.

Pourquoi le compte à terme est inefficace à long terme ?

Albert Einstein qualifiait les intérêts composés de « huitième merveille du monde » ; mais pour que la magie opère à plein régime, il ne faut pas interrompre le processus. Or, avec un compte à terme classique (bancaire), la mécanique est cassée chaque année :

  • Vous gagnez des intérêts.
  • L’État prélève immédiatement sa part (30 % de PFU ou l’impôt de votre pays de résidence).
  • Vous ne pouvez réinvestir que les 70 % restants.

Sur 10 ans, ce « prélèvement annuel » crée un manque à gagner considérable par rapport à une solution qui capitaliserait en brut.

L’alternative : loger son épargne dans une enveloppe fiscale

Pour contourner ce problème, les investisseurs avertis n’ouvrent pas de CAT en direct auprès d’une banque de détail. Ils utilisent des supports équivalents (Fonds Monétaires, Produits Structurés à capital garanti) à l’intérieur d’une enveloppe fiscale telle qu’une assurance-vie ou un contrat de capitalisation.

C’est ce qu’on appelle la capitalisation à l’abri de l’impôt ; tant que l’argent reste dans l’enveloppe, les intérêts sont réinvestis bruts. Vous ne payez l’impôt que le jour où vous sortez l’argent, 10 ou 15 ans plus tard.

Assurance-vie luxembourgeoise : la solution « Super-CAT »

C’est ici que l’on touche au haut de gamme, une solution particulièrement pertinente pour les expatriés et les patrimoines importants. Intégrer une stratégie de taux au sein d’une assurance-vie luxembourgeoise offre trois avantages décisifs que votre banquier de réseau ne peut pas vous proposer :

  • La neutralité fiscale (portabilité) : s vous êtes expatrié à Dubaï, à Singapour ou à Madrid, seule la fiscalité de votre pays de résidence s’applique lors du retrait. Si vous déménagez, votre contrat vous suit et s’adapte à la nouvelle fiscalité sans avoir besoin d’être clôturé (contrairement à un PEA ou certains produits bancaires locaux).
  • Le multi-devises (gestion du risque de change) : vous pouvez constituer un « CAT interne » (via un Fonds Interne Dédié) en Dollar (USD), en Franc Suisse (CHF) ou en Livre Sterling (GBP), tout en restant dans le même contrat. Vous évitez ainsi de subir la volatilité de l’Euro si vous vivez en zone Dollar.
  • La protection du capital (triangle de sécurité) : au Luxembourg, vos avoirs sont juridiquement séparés des comptes de la compagnie d’assurance, et en cas de faillite de l’assureur, vous êtes créancier de premier rang.

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Les questions les plus posées

Peut-on négocier le taux d’un compte à terme ?

Absolument, contrairement au Livret A dont le taux est fixé par l’État, le taux d’un CAT est commercial. Si vous placez une somme importante, votre conseiller bancaire dispose d’une marge de manœuvre pour vous accorder un taux bonifié supérieur à la grille tarifaire standard affichée en agence.

Le compte à terme peut-il servir de garantie pour un prêt (nantissement) ?

Oui. Vous pouvez « nantir » votre CAT auprès de la banque pour obtenir un crédit (immobilier ou consommation) sans avoir à casser votre placement. Cela permet de continuer à percevoir vos intérêts tout en empruntant.

Qu’est-ce que le préavis de 31 jours lors d’un retrait anticipé ?

Attention aux conditions générales car la liquidité n’est pas toujours immédiate. De nombreuses banques imposent désormais un délai de préavis réglementaire de 31 jours pour récupérer les fonds en cas de rupture anticipée du contrat.

Que devient le compte à terme en cas de décès du titulaire ?

Contrairement à certains livrets qui sont clôturés, le CAT n’est pas automatiquement rompu au décès. Il est transmis aux héritiers et continue généralement de courir jusqu’à son échéance prévue avec le taux initialement fixé. Les héritiers peuvent toutefois demander le déblocage anticipé des fonds, souvent sans pénalité selon les établissements, pour régler la succession.

Une entreprise (personne morale) peut-elle ouvrir un compte à terme ?

Oui, c’est même l’un des placements de trésorerie les plus prisés par les directeurs financiers et chefs d’entreprise pour rémunérer les excédents de trésorerie (Dépôt à Terme ou DAT). Les taux sont négociés au cas par cas et les intérêts sont soumis à l’Impôt sur les Sociétés (IS) classique, sans prélèvements sociaux.

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