Expatrié ou non-résident : Quand la CFE est-elle intéressante ?

Quitter la France ne devrait pas rimer avec retraite au rabais ; pourtant, des milliers d’expatriés versent chaque année jusqu’à 700 € par mois à la Caisse des Français de l’Étranger sans savoir si cet argent travaillera vraiment pour eux. Avant de signer un chèque qui pourrait rester bloqué de longues années, découvrez dans ce guide clair et chiffré pourquoi la CFE n’est pas l’eldorado qu’on imagine et quelles sont les alternatives qui peuvent propulser votre épargne.

Les points clés à retenir :

  • La CFE achète seulement des trimestres de base ; aucun point Agirc-Arrco n’est généré.
  • La pension CFE est plafonnée : 1 962 € brut/mois max en 2025, quel que soit votre revenu.
  • Le coût d’un trimestre varie de 175 € à 701 € ; au-delà, chaque euro n’ajoute plus de droit.
  • Investir 701 €/mois dans une assurance vie luxembourgeoise à 7 % peut créer > 365 k€ en 20 ans.

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Pourquoi la CFE n’est pas toujours rentable ?

En théorie, cotiser à la CFE Vieillesse permet à l’expatrié de « continuer sa carrière » dans le régime général français. En pratique, deux limites structurelle : la façon dont les trimestres sont validés et le plafond légal de la pension. Ces dernières réduisent fortement le retour sur investissement de cette cotisation.

Validation des trimestres : une couverture incomplète

La CFE verse l’intégralité de votre cotisation à la CNAV ; vous validez donc bien des trimestres, mais uniquement pour la retraite de base.

  • Aucun point Agirc-Arrco : votre future pension complémentaire reste à zéro, alors qu’elle représente 30 % à 50 % des revenus d’un cadre.
  • Durée d’assurance plafonnée : les trimestres CFE se cumulent, mais ne peuvent dépasser la durée requise (172 trimestres pour les générations 1973 et après).
  • Strict lien entre cotisation et salaire annuel moyen : si vos 25 meilleures années de salaire ont été déjà « bordées » avant l’expatriation, cotiser à la CFE n’améliorera pas ce salaire de référence.

Conséquence : vous payez pour sécuriser un droit plancher, sans toucher à la partie la plus rémunératrice de la retraite française.

Bon à savoir : En cas de décès, le conjoint (ou ex-conjoint non remarié) peut toucher une pension de réversion du régime de base : 54 % de la retraite de base du défunt, elle-même plafonnée à 50 % du PASS (conditions d’âge ≥ 55 ans et de ressources). Aucun avantage successoral n’existe : ce n’est pas un capital transmissible aux ayants droit, mais une rente soumise aux règles du régime.

Plafond de pension : un rendement qui s’arrête vite

Même si vous versez la cotisation maximale, la pension issue de la CFE reste bornée par la réglementation.

  • Limite PASS : la retraite de base ne peut excéder 50 % du Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit ≈ 1 962 € brut/mois en 2025.
  • Cotisation élevée : pour des revenus ≥ 47 100 €, la CFE facture 2 103 € par trimestre (≈ 701 €/mois).
  • Rendement décroissant : une fois la pension plafonnée atteinte, chaque euro supplémentaire versé ne crée plus aucun droit ; vous continuez à payer sans gagner de retraite supplémentaire.

La CFE joue son rôle pour combler un « trou » de carrière, mais devient vite très peu compétitive par rapport à une stratégie de capitalisation privée dès que l’expatrié est jeune, bien rémunéré ou déjà proche du plafond PASS.

Barème CFE 2025 : combien allez-vous payer ?

Depuis avril 2025, la CFE applique un barème unique pour la cotisation « Retraite – Veuvage ». Le montant est fixé par trimestre, mais il est plus lisible de le ramener au mois pour juger de l’impact sur votre budget.

Tranches de revenus & forfaits (cotisation retraite seule)

Ressources annuelles déclaréesCotisation trimestrielleÉquivalent mensuelPart CNAV acquise
≥ 47 100 €2 103 €≈ 701 €1 trimestre
23 550 € – 47 100 €1 578 €≈ 526 €1 trimestre
< 23 550 €1 053 €≈ 351 €1 trimestre
< 22 ans (tous revenus)525 €≈ 175 €1 trimestre

Source : Barème individuel CFE, avril 2025.

Comme vous pouvez en témoigner, quel que soit votre tranche, la cotisation vous « achète » un seul trimestre de pension de base. Le coût marginal d’un trimestre oscille donc de 175 € à plus de 700 € selon vos revenus.

Packs complémentaires santé / prévoyance : faut-il les prendre ?

La CFE a noué des partenariats, notamment le Pack Expat’CFE avec Malakoff Humanis, pour regrouper santé, prévoyance et retraite sur une même facture. Ces options ne majorent pas vos droits retraite, mais elles peuvent simplifier la gestion et élargir votre couverture.

  • Santé internationale : offres MondeXpat Santé ou FrancExpat Santé → remboursements de soins à l’étranger et en France, tarifs trimestriels de ~162 € à 1 461 € selon l’âge et la formule.
  • Prévoyance “Pack 3-en-1” : indemnités journalières, rente d’invalidité, capital décès (à partir de ~12 €/mois pour l’option minimale).
  • Pack Expat’CFE (Malakoff Humanis) : couverture santé + assistance rapatriement + prévoyance, prix variable selon zone et âge ; l’objectif est de proposer une « adhésion unique » qui complète les remboursements CFE.

À vérifier avant de souscrire :

  • Le dédoublement de garanties : vos assurances privées actuelles couvrent peut-être déjà le rapatriement ou l’invalidité.
  • Le rapport coût/services : certains assureurs santé internationaux proposent des garanties équivalentes ou supérieures, souvent à un tarif plus compétitif que les packs labellisés CFE.
  • La portabilité en cas de changement de pays ou de retour en France ; tous les packs n’offrent pas la même souplesse de transfert.

La ligne « Retraite » de la CFE est simple : un forfait trimestriel pour un trimestre validé, avec un coût qui grimpe vite. Les packs additionnels peuvent être pertinents pour regrouper vos contrats, mais ils n’améliorent pas votre pension ; évaluez-les donc comme des assurances privées, pas comme un levier retraite.

Pour en apprendre davantage sur les options de couverture à l’étranger, nous vous invitons à consulter notre article dédié : Quelle assurance santé choisir pour un expatrié ?

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Comparaison : CFE vs assurance vie internationale

Pour visualiser l’écart de performance, reprenons notre cadre supérieur (40 ans) qui dispose de 701 € par mois. Deux options s’offrent à vous :

  • Cotiser à la CFE pour valider un trimestre chaque trimestre.
HorizonCFE – cotisations cumuléesPension brute espérée*Temps nécessaire pour « amortir » la miseAssurance-vie internationale – capital projeté**
10 ans84 120 €≈ 1 962 €/mois3,6 ans de pension≈ 121 000 €
15 ans126 180 €≈ 1 962 €/mois5,4 ans de pension≈ 222 000 €
20 ans168 240 €≈ 1 962 €/mois7,1 ans de pension≈ 365 000 €

* Pension de base plafonnée à 50 % du PASS 2025.
** Calcul : versement mensuel 701 €, rendement net 7 % capitalisé mensuellement.

CFE :

  • Vous récupérez votre mise après 4 à 7 ans de versement de pension, mais uniquement à l’âge légal (64–67 ans).
  • Pas de capital disponible avant la retraite ; à votre décès, la pension s’éteint (sauf éventuelle réversion réduite).

Assurance-vie internationale

  • Le capital atteint ~222 000 € en 15 ans et ~365 000 € en 20 ans, soit plus du double de l’effort d’épargne.
  • Liquidité : rachats partiels possibles à tout moment (études des enfants, achat immobilier, retour en France).
  • Transmissibilité : clause bénéficiaire adaptable, succession optimisée (Loi luxembourgeoise ou trust Isle of Man).
  • Couverture multidevises : possibilité de libeller les poches en EUR, USD, GBP ou CHF pour neutraliser le risque de change.

La CFE assure un filet minimum indexé sur le PASS ; la capitalisation internationale, elle, maximise rendement, flexibilité et transmissibilité. Dans la plupart des scénarios longue durée (≥ 10 ans), la seconde option crée davantage de valeur nette.

Les alternatives d’investissement pour expatriés

Même lorsqu’on décide de ne pas cotiser (ou de ne cotiser qu’au minimum) à la CFE, il existe des solutions patrimoniales bien plus adaptés. Les trois véhicules financiers ci-dessous se complètent : chacun couvrant un besoin précis.

Assurance-vie luxembourgeoise : la portabilité haut de gamme

En choisissant un contrat luxembourgeois, l’expatrié bénéficie d’une enveloppe incontestablement plus robuste que la version française.

  • Triangle de sécurité + super-privilège : séparation stricte des actifs, dépôt obligataire auprès d’une banque dépositaire agréée, contrôle permanent de la CAA ; en cas de défaillance de l’assureur, le souscripteur est créancier prioritaire à 100 % de la valeur du contrat.
  • Portabilité internationale : aucun problème pour déménager ou rapatrier le contrat dans un autre pays ; l’adresse suffit à mettre à jour la fiscalité applicable.
  • Multidevises et large univers d’investissement : poches EUR, USD, GBP, CHF, fonds institutionnels et private equity accessibles dès 100 000 €.
  • Fiscalité neutre : le Luxembourg ne prélève ni impôt ni retenue à la source ; seule la fiscalité de votre pays de résidence s’applique.
  • Transmission souple : clause bénéficiaire “à la française” ou pacte luxembourgeois pour optimiser la succession.

Contrat de capitalisation international : le couteau suisse de la succession

Le contrat de capitalisation ressemble à un contrat d’assurance-vie… sans la notion d’assuré. Il garde donc une existence indépendante du décès du souscripteur, ce qui en fait un outil privilégié pour transmettre ou loger une trésorerie sociétaire.

  • Transmission en nue-propriété : idéal pour une donation graduelle tout en conservant l’usufruit (revenus) jusqu’au décès.
  • Fiscalité alignée sur l’assurance-vie : mêmes abattements après huit ans lorsque le souscripteur redevient résident français.
  • Éligible aux personnes morales : holding patrimoniale ou SCI peuvent détenir un “capit” pour capitaliser hors IS.
  • Aucune échéance : le contrat vit aussi longtemps que la société ou les héritiers le souhaitent, sans rachat automatique.

CTO international : la bourse en direct, multi-devises

Pour ceux qui veulent piloter eux-mêmes leur portefeuille, le compte-titres ordinaire (CTO) logé chez un courtier comme IBKR est solution très flexible.

  • Accès global : actions, ETF, obligations, REITs et options sur plus de 30 places financières.
  • Multi-devises : tenir des sous-comptes USD/GBP/CHF pour neutraliser le risque de change quand le salaire est versé en devise étrangère (→ Risque de change expatrié).
  • Aucune retenue à la source française : tant que vous restez non-résident, les dividendes et plus-values ne subissent pas la flat-tax de 30 %.
  • Frais de courtage ultra- compétitifs : 0,10 % ou forfaits < 5 € l’ordre chez les plateformes internationales.
  • Liquidité totale : rachat partiel instantané, marge éventuelle pour saisir des opportunités.

Combinées, elles créent un pilier retraite privé plus rentable et bien plus souple qu’une cotisation pleine à la CFE, tout en couvrant le risque de change et la mobilité internationale de l’expatrié.

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Les questions les plus posées

Puis-je suspendre ma cotisation CFE et la reprendre plus tard ?

Oui. Vous pouvez interrompre puis réadhérer ; les trimestres non cotisés restent manquants et ne sont pas “récupérables”. Anticipez les délais de réouverture pour éviter des trous de couverture.

Les trimestres CFE ouvrent-ils droit à une surcote après l’âge légal ?

Oui. Les trimestres acquis au-delà de l’âge légal et de la durée requise majorent la pension de base (surcote d’environ 1,25 % par trimestre), selon les règles CNAV en vigueur.

Puis-je payer la CFE dans une autre devise que l’euro ?

Non. Le règlement se fait en euros. Prévoyez les frais de change éventuels et, si possible, utilisez un compte en euros pour limiter les coûts bancaires.


Ma cotisation CFE est-elle déductible fiscalement dans mon pays d’accueil ?

Ça dépend du pays. Certaines juridictions acceptent une déduction partielle, d’autres non ; vérifiez la doctrine locale ou la convention fiscale bilatérale avant de compter dessus.

Conjoints mariés/PACS : adhésion commune ou séparée ?

Séparée. Chaque adulte doit avoir son propre contrat pour valider ses trimestres ; il n’existe pas de “couverture couple” pour la partie retraite.

Que se passe-t-il si mon revenu change en cours d’année ?

La tranche est ajustée sur justificatifs ; la nouvelle cotisation s’applique généralement au trimestre (ou à l’échéance) suivant. Gardez vos preuves de revenu à jour.

Comment ma pension est-elle versée si je reste non-résident ?

Par virement. Pas de CSG/CRDS si vous êtes non-résident fiscal de France ; en revanche, une retenue à la source ou une imposition locale peut s’appliquer selon la convention fiscale.

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