PEA ou Compte-titres Ordinaire (CTO) : Le comparatif de 2026

En gestion de patrimoine, la performance brute affichée par les marchés importe peu ; seule la rentabilité nette de fiscalité et la transmissibilité comptent réellement. Cet article propose un comparatif rigoureux entre la fiscalité avantageuse du PEA et la flexibilité totale du CTO, en mettant en lumière leurs contraintes juridiques respectives. Vous comprendrez pourquoi l’investisseur avisé ne les oppose pas mais les associe, en tirant parti de leurs spécificités techniques respectives.

Les points clés à retenir :

  • Le PEA est pour capitaliser : après 5 ans, les gains ne subissent que les prélèvements sociaux (17,2 %) contre 30 % de Flat Tax pour le CTO. L’absence de frottement fiscal lors des arbitrages en fait l’enveloppe prioritaire pour le long terme.
  • La « limite Europe » du PEA est contournable : grâce aux ETF à réplication synthétique, vous pouvez investir dans le S&P 500 ou le MSCI World au sein de votre PEA. Vous profitez ainsi de la performance des marchés américains avec la fiscalité douce française.
  • Le CTO pour la liberté, mais attention aux dividendes : seul le CTO permet d’acheter des actions US en direct (Tesla, Nvidia). Toutefois, la taxation immédiate des dividendes (30 %) freine l’effet des intérêts composés par rapport au PEA où ils sont réinvestis bruts.
  • La purge des plus-values : contrairement au PEA qui est taxé lors du décès, le CTO peut permettre d’effacer fiscalement les plus-values latentes lors d’une succession ou d’une donation
  • Une stratégie patrimoniale : l’investisseur avisé sature son PEA pour la performance, utilise le CTO pour la diversification mais privilégie l’assurance vie pour protéger ses proches et préparer sa succession hors droits classiques.

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Quelle enveloppe choisir selon votre profil ?

Vous n’avez pas le temps de lire tout le comparatif technique ? Voici la réponse courte. Votre choix ne dépend pas de vos goûts, mais de votre stratégie d’investissement.

Profil « Bon père de famille » : pourquoi le PEA est prioritaire

Si votre objectif est de vous constituer un patrimoine pour la retraite ou un projet lointain en y passant moins de 10 minutes par mois, le PEA est imbattable.

  • Pourquoi ? Après 5 ans, les gains retirés d’un PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu, il ne reste que les prélèvements sociaux (17,2 %). Sur un CTO, les dividendes et les plus-values réalisées sont en principe soumis au PFU (30 % = 12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème. Sur 15 ou 20 ans, cet écart représente des milliers d’euros de différence.
  • La nuance importante : ne croyez pas que vous êtes bloqué en Europe, grâce à certains ETF éligibles, vous pouvez investir dans les plus grandes entreprises mondiales (Apple, Microsoft incluses) tout en restant dans le cadre fiscal dorée du PEA.

Profil « actions US er dividendes » : quand le CTO devient indispensable

Si vous voulez acheter des actions spécifiques comme Nvidia, Tesla ou Coca-Cola en direct, ou si vous visez une stratégie de rente via des dividendes étrangers, le PEA ne fonctionnera pas.

  • Pourquoi ? Le PEA interdit la détention d’actions hors UE/EEE en direct. De plus, pour une stratégie à dividendes, le CTO offre plus de souplesse (bien que plus taxé), car il permet d’accéder aux Dividend Aristocrats américaines.
  • Attention : sur CTO, les dividendes et les plus-values réalisées sont en principe soumis au PFU de 30 % (sauf option pour le barème). Il faut donc que vos choix d’actions « battent » le marché pour compenser ce coût fiscal supplémentaire par rapport à un ETF en PEA.

Le PEA en détail : avantages fiscaux et fonctionnement

Le Plan d’Épargne en Actions n’est pas un produit comme les autres, c’est une enveloppe fiscale, une « coquille » créée par l’État pour protéger vos gains de l’impôt. Voici pourquoi c’est mathématiquement la meilleure option pour débuter.

Fiscalité après 5 ans : l’exonération d’impôt expliquée

Le PEA récompense la patience, si vous n’effectuez aucun retrait pendant 5 ans, votre fiscalité change radicalement.

  • Avant 5 ans : tout retrait entraîne la clôture du plan (sauf exceptions) et vos gains sont taxés au taux plein (30 % généralement).
  • Après 5 ans : vos plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu, vous ne payez que les prélèvements sociaux (17,2 %).

L’absence de frottement fiscal : tant que l’argent reste à l’intérieur du PEA, vous ne payez aucun impôt, même si vous vendez une action pour en acheter une autre.

Investir dans le Monde via un PEA : l’astuce des ETF

Grâce à une technique financière appelée la réplication synthétique (ou swap), certains ETF éligibles au PEA peuvent suivre la performance des marchés américains ou mondiaux.

  • Comment ça marche ? L’ETF détient physiquement des actions européennes (pour respecter la loi), mais échange leur performance contre celle d’un indice mondial (comme le MSCI World ou le S&P 500) via un contrat avec une banque.
  • Le résultat pour vous : vous pouvez acheter un ETF MSCI World ou S&P 500 dans votre PEA. Vous profitez de la performance des entreprises américaines (Apple, Microsoft, Nvidia…) avec la fiscalité douce du PEA français. C’est parfaitement légal et c’est ce qui rend le PEA incontournable, même pour une stratégie internationale.

Plafonds de versement et règles de retrait : ce qu’il faut savoir

Le PEA n’est pas sans limites, voici les différents points à connaitre pour ne pas être bloqué.

Le plafond de versement : Il est fixé à 150 000 € par personne pour un PEA classique (chaque conjoint peut avoir son propre PEA, donc 300 000 € au total “dans le foyer” si deux PEA).

La contrainte de retrait :

  • Avant 5 ans : tout retrait entraîne la clôture définitive du plan (sauf cas de force majeure comme un licenciement ou une invalidité). C’est une enveloppe « cadenas ».
  • Après 5 ans : le PEA devient souple. Vous pouvez retirer de l’argent (partiellement ou totalement) sans clôturer le plan. Mieux encore : vous pouvez continuer à verser de l’argent après un retrait partiel (ce qui était impossible avant la loi PACTE de 2019).

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Le Compte-Titres (CTO) : diversification et transmission

Le CTO est l’enveloppe fiscale qui permet la plus grande diversification, mais cette liberté a un coût qu’il faut maîtriser pour ne pas rogner sa performance.

L’accès illimité : actions US, or et obligations

Le CTO est la seule enveloppe qui ne vous dit jamais « non ». C’est indispensable si votre stratégie sort des sentiers battus.

  • Actions Internationales en « Vif » : vous voulez être actionnaire direct de Nvidia, Tesla, Microsoft ou Alibaba sans passer par un ETF synthétique ? Seul le CTO le permet (c’est aussi nécessaire pour toucher les dividendes croissants des Aristocrats américains).
  • Classes d’actifs diversifiées : le CTO ouvre la porte aux obligations (pour sécuriser un portefeuille), aux matières premières (via des ETC sur l’Or ou l’Argent) et aux REITs (immobilier coté, généralement exclu du PEA).
  • Outils modernes : c’est bien souvent sur le CTO que vous trouverez les actions fractionnées (investir 50 € dans une action qui en vaut 1000) ou l’effet de levier (achat au SRD, options), des outils puissants mais risqués.

Fiscalité des dividendes : attention au « frottement fiscal »

Si vous visez une stratégie de revenus passifs (dividendes), le CTO peut agir comme un frein à main, le problème s’appelle le frottement fiscal.

Dans un CTO, les dividendes sont imposés l’année de leur perception et subissent en général le PFU (30 %) en France (sauf option pour le barème) et, pour les titres étrangers, une retenue à la source peut aussi s’appliquer dans le pays d’origine avec, selon la convention fiscale, un mécanisme de crédit d’impôt pour limiter la double imposition.

Concrètement, si vous recevez 1 000 € de dividendes, le fisc prend tout de suite 300 € et vous ne pouvez réinvestir que 700 €. Alors que dans un PEA, vous auriez réinvesti les 1 000 € en totalité.

Sur 15 ou 20 ans, ce manque à gagner sur le réinvestissement tue à petit feu la magie des intérêts composés. Pour une stratégie à dividendes pure, le CTO est mathématiquement moins efficace, sauf si le rendement brut des actions US compense largement cette perte fiscale.

Optimisation successorale : la purge des plus-values latentes

Si le CTO est perdant sur la fiscalité des flux (dividendes), il permet d’effacer l’ardoise fiscale lors d’une transmission. En effet, contrairement au PEA qui se clôture au décès (entraînant le paiement des prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains), le CTO est transmissible.

  • Le mécanisme de la « Purge » : au décès (et, dans une logique proche, lors d’une donation), la valeur de référence des titres est actualisée au jour de la transmission, ce qui peut effacer fiscalement une partie des plus-values latentes.
  • Résultat : toute la plus-value latente accumulée pendant des décennies est effacée fiscalement. Vos héritiers reçoivent les titres sans payer d’impôt sur la plus-value réalisée par le passé.

Bon à savoir : ce mécanisme n’annule pas les droits de donation/succession éventuels, et une donation doit être structurée proprement. Ainsi, il est souvent plus intelligent de donner les titres à ses enfants (donation) plutôt que de vendre pour donner du cash, vous économisez ainsi les 30 % d’impôt.

Stratégie patrimoniale : intégrer l’assurance vie

Si vous avez lu jusqu’ici, vous avez compris la mécanique : le PEA pour la fiscalité, le CTO pour la liberté. Mais en tant que professionnels du patrimoine, nous devons vous alerter sur une troisième dimension souvent oubliée dans ces comparatifs : la protection de votre entourage.

Le PEA et le CTO sont de formidables outils de création de richesse, mais ils sont imparfaits pour la transmettre.

  • En cas de décès : le PEA est clôturé et les capitaux entrent dans la succession classique (soumise aux droits de succession, qui peuvent atteindre 45 % voire 60 % pour des tiers). Le CTO est transmis, mais suit les mêmes règles civiles strictes.
  • L’assurance vie : c’est l’enveloppe que nous recommandons en priorité à nos clients soucieux de protéger leur conjoint ou leurs enfants. Grâce à la clause bénéficiaire, l’assurance vie peut transmettre jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s,applique, puis taxation selon les règles des droits de succession.

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Les questions les plus posées

Comment sont gérées les moins-values en cas de perte ?

Sur un CTO, vos pertes sont reportables 10 ans et imputables sur vos gains futurs, réduisant ainsi mécaniquement votre impôt. Sur un PEA, les pertes restent prisonnières de l’enveloppe et ne peuvent pas réduire votre fiscalité globale, sauf en cas de clôture totale du plan après 5 ans.

Le PEA est-il compatible avec une expatriation future ?

Le PEA peut être conservé sauf départ vers un paradis fiscal (ETNC), mais il perd son avantage fiscal localement pour devenir un compte ordinaire taxé. Le CTO est universel mais nécessite une vigilance accrue sur la double imposition et l’arrêt des prélèvements sociaux français.

Peut-on investir en Crypto-monnaies via ces comptes ?

Le PEA interdit strictement les actifs numériques, tandis que le CTO permet d’y investir via des produits cotés (ETP/ETN) répliquant le cours du Bitcoin. C’est une solution sécurisée pour s’exposer aux cryptos via une banque régulée, mais soumise à la Flat Tax de 30 %.

Peut-on cumuler PEA et PEA-PME pour dépasser les plafonds ?

Il est parfaitement possible de cumuler un PEA classique et un PEA-PME pour porter le plafond total de versement à 225 000 € par personne. C’est une stratégie efficace pour les investisseurs ayant saturé leur premier plan et cherchant une nouvelle niche fiscale sur les PME européennes.

L’Exit Tax concerne-t-elle ces comptes ?

Si vous quittez la France avec un patrimoine financier important (plus de 800 000 €), le PEA et le CTO sont tous deux inclus dans le calcul de l’Exit Tax. Une stratégie d’expatriation doit s’anticiper pour éviter l’imposition immédiate de vos plus-values latentes au moment du départ.

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