Expatrié en Algérie : Quelle fiscalité pour un non-résident Français ?

Une fois la résidence fiscale établie, l’IRG algérien peut concerner les revenus mondiaux, tandis que certains revenus de source française restent imposables en France en application de la convention franco-algérienne. Salaires, retraites, dividendes, assurance-vie, immobilier, IFI ou succession obéissent ainsi à des règles différentes selon leur nature. Ce guide présente la fiscalité applicable à un Français expatrié en Algérie, les obligations à anticiper lors du départ et les principaux points de vigilance pour organiser correctement ses revenus et son patrimoine entre les deux pays.

Les points clés à retenir :

  • La résidence fiscale détermine l’essentiel de votre imposition : une fois domicilié fiscalement en Algérie, vos revenus mondiaux entrent en principe dans le champ de l’IRG, sous réserve de la convention franco-algérienne.
  • Les retraites ne sont pas toutes imposées de la même manière : les pensions privées sont en principe imposables en Algérie, tandis que les pensions publiques restent généralement imposées en France.
  • Certains revenus français restent taxables en France : c’est notamment le cas des revenus et plus-values immobilières, ainsi que des dividendes français soumis à une retenue à la source.
  • Votre patrimoine reste soumis à deux cadres fiscaux distincts : l’Algérie applique son impôt sur la fortune, tandis que l’IFI français peut subsister sur certains actifs immobiliers français.
  • Le départ de France doit être anticipé fiscalement : déclaration de départ, éventuelle exit tax, immobilier conservé et placements financiers doivent être examinés avant le changement de résidence.

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Qui taxe quoi quand vous vivez en Algérie ?

RevenuFranceAlgérieCe qui décide
SalaireRien si vous travaillez en AlgérieIRG de 0 à 35 %Le lieu de travail ; pour une mission, 183 jours et deux autres conditions
Retraite privée (base, Agirc-Arrco)Aucune retenueIRG au barèmeVotre résidence
Pension publiqueRetenue à la source maintenueNon, sauf nationalité algérienne seuleVotre nationalité
Dividendes français12,80 % retenusImposables, crédit plafonnéPlafond conventionnel de 15 %
Loyers et plus-value d’un bien en FranceImpôt, 19 % sur la plus-value, 17,2 % de prélèvements sociaux, 18,6 % sur les loyers d’un meublé non professionnelImposables, crédit plafonnéLe lieu de l’immeuble
Plus-value sur titresRienSeule imposableVotre résidence

Si vous remplissez l’un des critères algériens du domicile fiscal, vous payez l’IRG dès l’année de votre installation sur tous vos revenus, sauf votre pension publique, imposée en France seule. La France taxe aussi vos loyers, vos plus-values immobilières et vos dividendes français, pour lesquels l’Algérie accorde un crédit plafonné. Votre retraite privée et vos plus-values sur titres ne sont imposées qu’en Algérie.

L’Algérie vous tient pour domicilié dès que vous y possédez ou y louez une habitation pour au moins un an, que vous y avez votre séjour principal ou le centre de vos principaux intérêts, ou que vous y travaillez. Le code des impôts directs (CIDTA, art. 3) vous soumet alors à l’IRG sur tous vos revenus, français compris.

Pour un retraité qui partage l’année entre les deux pays, le critère fiscal est le séjour principal, la durée autorisée par un visa relevant d’une autre question. Si la France vous tient aussi pour résident, la convention (art. 4) tranche dans l’ordre, foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord des deux administrations.

Le CIDTA 2026 ne prévoit ni régime d’impatrié, ni forfait, ni imposition limitée aux revenus rapatriés, puisque l’étranger domicilié suit le droit commun (art. 92). Aucun avantage d’arrivée n’allège votre première année, et vos revenus entrent dans le champ de l’IRG dès votre installation. Datez-la précisément, car elle ouvre votre premier exercice algérien.

Revenu annuel imposable (barème IRG 2026)Taux
Jusqu’à 240 000 DA0 %
De 240 001 à 480 000 DA23 %
De 480 001 à 960 000 DA27 %
De 960 001 à 1 920 000 DA30 %
De 1 920 001 à 3 840 000 DA33 %
Au-delà de 3 840 000 DA35 %

Ce que la France prélève encore sur vos revenus de source française ne s’impute en Algérie qu’à hauteur de l’impôt algérien correspondant à ces revenus (convention, art. 24). L’excédent éventuel n’est pas récupérable. Comparez ce plafond avec celui des autres conventions que recense la fiscalité de l’expatrié, pays par pays, avant de choisir votre pays d’installation.

L’Algérie taxe aussi la fortune. Domicilié, vous êtes redevable sur votre patrimoine net mondial au 1er janvier s’il dépasse 100 000 000 DA, au barème de 0,15 % à 1 %, ce dernier taux au-delà de 450 000 000 DA. Vous déclarez alors vos biens par voie électronique tous les quatre ans, au plus tard le 30 avril, et payez l’impôt chaque année.

Plusieurs biens sortent de votre patrimoine net taxable, chacun sous sa propre condition, et trois d’entre eux touchent directement un expatrié.

  • Votre habitation principale en sort en entier si sa valeur vénale est inférieure ou égale à 450 000 000 DA, et y entre pour sa valeur entière au-delà.
  • Les immeubles donnés en location sortent aussi de l’assiette.
  • Les parts et actions de sociétés en sortent comme biens professionnels, sauf celles d’une société dont l’activité principale est la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier.

Taux marginal de l’IRG au-delà de 3 840 000 DA : 35 %

Retenue française sur vos dividendes : 12,80 %

Seuil de valeur de l’exit tax : 800 000 €

Droits algériens de succession en ligne directe : 3 %

Que régler avant de partir et pendant votre première année en Algérie ?

L’exit tax ne vous vise que si vous avez été domicilié en France six des dix années précédant le départ, avec des titres de plus de 800 000 € ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société. Dans ce cas, l’impôt est établi au jour du départ, et seul son paiement peut être différé.

Hors Union, l’article 167 bis du CGI rend le sursis automatique vers un État lié à la France par une convention d’assistance administrative et une convention d’assistance au recouvrement, s’il n’est pas un État non coopératif. La notice 2074-ETD 2026, à valeur indicative, inscrit l’Algérie sur la liste de ces États pour les départs directs de France intervenus en 2025, seule année que vise ce millésime.

Vous n’avez alors ni demande à déposer ni garanties à constituer, à l’inverse des États hors Union absents de la liste. Vérifiez la liste qui couvre l’année de votre départ, car une convention contre les doubles impositions ne suffit jamais à en déduire le sursis.

L’année du départ, déclarez sur le formulaire 2042 vos revenus du 1er janvier à la date du départ. Le formulaire 2042-NR ne s’ajoute que si vous gardez, après le départ, des revenus de source française imposables en France, comme des loyers ou une pension publique. Le service des impôts des particuliers non-résidents devient alors votre interlocuteur ; sinon, signalez l’absence de revenu français imposable dans les renseignements complémentaires.

Côté algérien, déposez votre déclaration de revenu global au plus tard le 30 juin de chaque année, auprès du service fiscal de votre domicile, en séparant revenus algériens et étrangers. Le salarié qui ne perçoit qu’un seul salaire en est dispensé, mais cette dispense tombe dès qu’une pension, des loyers ou des dividendes français s’ajoutent à ce salaire.

Elle tombe aussi, quel que soit votre revenu, si vous disposez d’une résidence secondaire en Algérie ou hors d’Algérie, logement gardé en France compris, d’une automobile de tourisme ou de personnel de maison. Recensez ces éléments l’année de votre installation, car un seul d’entre eux rend la déclaration obligatoire.

Votre ancienne résidence principale en France peut être vendue sans le prélèvement de 19 % sur la plus-value, l’Algérie remplissant la condition d’État, puisqu’elle échange avec la France renseignements et assistance au recouvrement. Les autres conditions sont cumulatives, et la première fixe une échéance courte.

  • La vente intervient au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit celle du départ.
  • Le bien était votre résidence principale à la date du départ.
  • Il n’a été mis à la disposition d’aucun tiers, gratuitement ou non, entre le départ et la vente.
  • Vous n’avez pas déjà utilisé l’exonération de 150 000 € ouverte aux non-résidents.

Ce que la France applique à tout non-résident, Algérie comprise

Un seul des trois critères de l’article 4 B du CGI suffit à vous rendre résident de France, foyer ou séjour principal, activité professionnelle ou centre des intérêts économiques. Depuis la loi du 14 février 2025, la convention prime expressément, et celle de 1999 peut donc vous rattacher à l’Algérie. Relisez les critères de la résidence fiscale française avant de dater votre départ.

Vos revenus imposables en France subissent un taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € (revenus 2025) et de 30 % au-delà, sauf si le taux de vos revenus mondiaux est plus bas. Sur ces seuls revenus, la contribution sur les hauts revenus ajoute 3 % au-delà de 250 000 € et 4 % au-delà de 500 000 € pour une personne seule, seuils doublés pour un couple imposé en commun.

La plus-value d’un logement détenu directement s’exonère jusqu’à 150 000 € pour un ressortissant de l’Union, Français installé en Algérie compris. Il faut deux ans de domicile français avant la vente, et une cession au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant le départ. Ce délai tombe si vous disposez librement du bien au moins depuis le 1er janvier de l’année précédant la cession.

Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, une surtaxe de 2 à 6 % s’ajoute au prélèvement de 19 % et aux prélèvements sociaux. Comparez ces coûts avec le taux minimum et les plus-values immobilières du non-résident.

L’exit tax de l’article 167 bis du CGI vise le contribuable domicilié en France six des dix années précédant le départ, dont les titres dépassent 800 000 € ou représentent au moins 50 % des bénéfices d’une société. Elle est dégrevée si vous gardez les titres deux ans, cinq ans au-delà de 2 570 000 €, et le calcul de l’exit tax en détaille l’assiette.

L’IFI frappe vos immeubles français et vos parts de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière française, dès que ce patrimoine net dépasse 1 300 000 €. Cette assiette s’applique sous réserve de la convention, qui la restreint pour un résident d’Algérie. Estimez votre situation avec l’IFI du non-résident, qui en détaille le barème et la décote.

Comment votre salaire est-il imposé en Algérie ?

Votre salaire est imposable là où vous travaillez. Installé en Algérie et payé pour un travail exercé en Algérie, vous n’êtes imposé qu’en Algérie, au barème de l’IRG. La France ne peut imposer que des jours travaillés sur son sol, et une mission en France reste imposée en Algérie seule si trois conditions cumulatives sont réunies (convention, art. 15).

  • Votre séjour en France n’excède pas 183 jours au total sur l’année fiscale.
  • Votre rémunération est payée par un employeur qui n’est pas résident de France.
  • Elle n’est pas supportée par un établissement de votre employeur en France.

Indépendant ou profession libérale, vous n’êtes imposé qu’en Algérie, sauf base fixe habituelle en France ou séjour d’au moins 183 jours dans l’année (art. 14), la France n’imposant alors que la fraction qui s’y rattache. Tenez le compte de vos jours en France dès janvier, puisque ce seuil se juge sur l’année.

Côté algérien, un salaire mensuel n’excédant pas 30 000 DA est exonéré, et l’impôt retenu chaque mois bénéficie d’un abattement de 40 %, entre 1 000 et 1 500 DA. Ainsi plafonné, cet abattement pèse peu sur un salaire de cadre.

Que prévoit la convention franco-algérienne pour votre retraite ?

Le pays qui impose chaque pension découle du classement que fait la convention entre pension publique, versée par l’État, une collectivité locale ou une personne morale de droit public, et pension d’un autre régime. Demandez à chaque caisse la nature exacte de votre pension pour établir ce classement.

Votre pension du régime général, de l’Agirc-Arrco et de tout régime autre que la fonction publique n’est imposable qu’en Algérie (art. 18). La caisse française la verse donc sans retenue à la source. L’Algérie la range dans la catégorie des traitements, salaires et pensions, dont l’IRG se calcule chaque mois au barème.

Une pension n’excédant pas 30 000 DA par mois est exonérée, et l’impôt dû sur une pension supérieure bénéficie du même abattement de 40 % que le salaire. Payé par une caisse sans domicile fiscal en Algérie, vous calculez vous-même cet impôt et le versez dans les délais des retenues à la source, soit dans les vingt premiers jours qui suivent chaque mois.

La pension publique reste imposée en France (art. 19), et non en Algérie seule comme la pension privée. La retenue de l’article 182 A du CGI s’applique après un abattement de 10 %, à 0 % jusqu’à 17 275 €, 12 % jusqu’à 50 112 € et 20 % au-delà, pour les sommes payées en 2026. Seul y échappe le retraité de nationalité algérienne sans la nationalité française, un binational restant imposé en France.

Pour vos droits, le Cleiss présente la convention de sécurité sociale de 1980, qui retient au besoin vos périodes dans l’autre pays et exporte vos pensions de vieillesse. Un salarié détaché garde le régime français trois ans au plus sous couvert du formulaire SE 352-01, certificat de détachement prévu par cette convention, et cette durée peut être prolongée jusqu’à deux ans. Au-delà, il s’affilie à la CNAS, sauf dérogation exceptionnelle que cette caisse accorde ou refuse sur demande transmise par l’organisme français.

Une même carrière peut ainsi produire une pension taxée en Algérie seule et une pension retenue en France. La première entre dans votre revenu global algérien, la seconde n’y entre pas, sauf si vous avez la seule nationalité algérienne. Le classement de chaque pension décide donc de votre base d’IRG.

Que prélève la France sur vos dividendes, intérêts et plus-values de titres ?

Vos dividendes français subissent une retenue à la source de 12,80 %. La convention plafonne l’impôt français à 15 % du dividende brut, 5 % pour une société détenant au moins 10 % du capital, et vous n’avez donc rien à réclamer. L’Algérie impose ces dividendes et déduit la retenue dans la limite de l’impôt algérien correspondant.

Quand vos dividendes sont vos seuls revenus de source française, vous ne les déclarez en France qu’au-delà de 250 000 € si vous êtes célibataire, divorcé, veuf ou séparé, et de 500 000 € en cas d’imposition commune. Dès que vous déposez une déclaration pour d’autres revenus de source française, comme des loyers, vous y portez vos dividendes quel que soit leur montant.

Vos intérêts français sont exonérés en France et n’ont pas à y être déclarés, sauf paiement dans un État non coopératif. La convention laisse pourtant à la France un droit d’imposition de 10 %, qu’elle n’exerce pas en droit interne. Aucun de ces revenus mobiliers ne supporte de prélèvements sociaux français, puisque vous n’êtes plus résident de France. Seul l’IRG algérien frappe donc vos intérêts.

Vos plus-values sur actions et obligations ne sont imposables qu’en Algérie, État de votre résidence (art. 13 § 4). La convention ne réserve aucune part à la France, même sur une participation importante dans une société française. Seules les parts de sociétés à actif principalement immobilier suivent l’immeuble, et restent alors imposables en France comme un bien situé sur son sol.

Votre PEA n’est pas clos par l’installation en Algérie, État absent de la liste des États non coopératifs. Un retrait après cinq ans le laisse ouvert, alors qu’un retrait avant cinq ans le clôture. Dans les deux cas, le gain réalisé par un non-résident échappe à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux français. Vérifiez l’ancienneté du plan avant tout retrait.

Non-résident, vous ne supportez aucun prélèvement social sur les gains de rachat de votre assurance-vie française, revenus de capitaux mobiliers. Cette exclusion ne vaut pas pour le prélèvement obligatoire et libératoire (CGI, art. 125-0 A) que l’assureur établi en France retient sur les produits d’un rachat, partiel ou total, ou du dénouement du contrat.

Le taux de ce prélèvement dépend de la date de versement des primes et de la durée du contrat. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, il est de 12,8 %, ramené sur réclamation à 7,5 % pour un contrat d’au moins huit ans. Les produits des primes antérieures suivent un autre barème.

Le taux de 7,5 % s’applique à tous les produits si vos primes non remboursées n’excèdent pas 150 000 €, tous contrats souscrits auprès d’assureurs établis en France confondus, primes antérieures comprises. Au-delà, seule une fraction des produits passe à 7,5 %, le reste demeurant à 12,8 %. Totalisez les primes de tous vos contrats français avant de réclamer.

La convention de 1999 peut réduire le prélèvement libératoire de l’assureur selon la qualification qu’elle retient pour vos rachats. La page consacrée à l’assurance-vie d’un résident d’Algérie compare le contrat français au contrat luxembourgeois et tranche le sort de votre contrat au décès.

Qui taxe vos loyers et vos plus-values immobilières, en France comme en Algérie ?

Un immeuble situé en France reste imposable en France, pour ses loyers comme pour sa plus-value, et les parts d’une société à actif principalement immobilier suivent la même règle (art. 6 et 13). L’Algérie impose aussi ces revenus, puisqu’elle taxe votre revenu mondial, et déduit l’impôt français dans la limite de l’impôt algérien correspondant. Déclarez donc vos loyers français dans les deux pays.

Sur ces revenus immobiliers français, les prélèvements sociaux restent dus à 17,2 %, et à 18,6 % en location meublée non professionnelle. Le taux réduit de 7,5 % est réservé aux affiliés d’un régime obligatoire d’un autre État de l’EEE ou de la Suisse. Une affiliation à la sécurité sociale algérienne ne l’ouvre pas, et un salarié détaché resté au régime français n’y a pas droit non plus.

Vendre un bien français depuis l’Algérie coûte 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value, plus une surtaxe de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable. L’exonération est acquise après 22 ans de détention pour l’impôt, 30 ans pour les prélèvements sociaux. Hors Union et EEE, vous désignez aussi un représentant fiscal accrédité dès que le prix dépasse 150 000 €.

Ce seuil s’apprécie par cédant, et un couple marié ou pacsé imposé en commun forme un seul cédant, jugé sur la totalité du prix. Seule une plus-value totalement exonérée, donc après 30 ans de détention, vous dispense du représentant au-delà de ce prix. Sa mission est payante, et ses honoraires s’ajoutent à l’impôt de la vente, à chiffrer avant de signer un compromis.

Côté algérien, un logement loué en Algérie supporte l’IRG à 7 %, libératoire tant que les loyers bruts annuels n’excèdent pas 1 800 000 DA. Sa revente est taxée à 15 %, à titre libératoire, après un abattement de 5 % par an dès la troisième année de détention, plafonné à 50 %. À défaut de prix d’acquisition déterminable, celui-ci est fixé forfaitairement à 40 % du prix de vente. L’impôt est réduit de moitié si le logement est votre unique propriété et votre habitation principale.

Que deviennent l’IFI et votre succession entre la France et l’Algérie ?

L’IFI sur vos immeubles français

L’administration fiscale française reconnaît à la convention des dispositions suffisantes pour l’IFI (notice 2041-E 2026). L’article 22 s’applique donc à votre IFI si vous êtes résident d’Algérie au sens de la convention. Seuls vos immeubles situés en France et vos parts de sociétés à actif principalement immobilier français restent imposables à l’IFI en France, le reste de votre fortune relevant de l’Algérie seule.

Calculez votre IFI sur ces seuls immeubles et ces seules parts, sans compter les immeubles qu’une société affecte à sa propre exploitation. Vos parts dans les autres sociétés sortent de l’IFI français en vertu de la convention, même lorsqu’elles représentent une fraction d’immeubles français.

Votre succession entre les deux pays

La convention couvre les successions, pas les donations entre vifs. Au décès d’un résident d’Algérie, la France garde le droit de taxer plusieurs catégories de biens (art. 23), et le reste suit la résidence du défunt. Recensez vos actifs avec cette grille, titres de sociétés françaises compris.

  • Les immeubles situés en France et les parts de sociétés à prépondérance immobilière française.
  • Les meubles corporels qui se trouvent en France.
  • Les créances sur un débiteur résident de France et les titres émis par une société française.

L’Algérie taxe toute la succession à 5 % de la part nette de chaque héritier, 3 % pour les ascendants, les descendants et l’époux. Elle exonère l’habitation occupée par le défunt pour les héritiers en ligne directe et le conjoint survivant. Elle déduit l’impôt français dans la limite de sa quote-part, et la France taxe ses biens au taux applicable à l’ensemble des biens imposables chez elle.

Hors convention, l’article 750 ter du CGI taxe en France la donation d’un bien situé en France, ou de tout bien reçu par un donataire domicilié en France qui l’a été au moins six des dix dernières années. L’Algérie taxe une donation à 5 %, et à 2,5 % pour des actions ou parts sociales, mais exonère celles consenties entre ascendants et descendants du premier degré et entre époux.

Avant de trancher, un conseiller vérifie trois points de votre dossier, qui décident chacun de l’État qui impose et du montant payé.

  • Votre résidence au sens de l’article 4 de la convention l’année de l’installation, et la date à partir de laquelle l’Algérie vous tient pour domicilié.
  • La nature de chacune de vos pensions, caisse privée ou fonction publique, et votre nationalité au regard de l’exception de l’article 19.
  • La localisation de ce que vous transmettrez face à l’article 23, et le choix entre donation et succession.

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Les questions les plus posées

Le statut LMNP ou LMP peut-il changer après une expatriation en Algérie ?

Oui. Depuis la loi de finances pour 2026, pour déterminer si une location meublée exercée par un non-résident est professionnelle, certains revenus professionnels soumis à un impôt équivalent dans l’État de résidence sont intégrés à la comparaison.

Les revenus d’une SCPI française restent-ils imposables en France ?

Les revenus correspondant à des immeubles situés en France restent en principe imposables en France, y compris lorsqu’ils sont perçus au travers de droits ou parts de structures immobilières. Une SCPI investie dans plusieurs pays nécessite toutefois une analyse de la localisation de ses actifs.

Qui gère votre dossier français si vous ne percevez plus de revenus en France mais restez soumis à l’IFI ?

Le Service des impôts des particuliers non-résidents reste compétent pour l’IFI des non-résidents, même en l’absence d’impôt sur le revenu français. Les impôts locaux liés à un immeuble restent en revanche gérés par le service local compétent.

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