La Corée du Sud ne propose pas de visa retraite classique, mais le statut F-5-13 permet aux pensionnés de 60 ans ou plus d’accéder à la résidence permanente sous certaines conditions de revenus et de séjour. L’installation implique également de comprendre le fonctionnement de l’assurance maladie coréenne, le maintien de vos droits en France et les conséquences fiscales de votre expatriation. Ce guide présente les démarches à connaître et les décisions patrimoniales à anticiper pour préparer votre retraite en Corée du Sud.
Sommaire
Les points clés à retenir :
- Visa et résidence : La Corée du Sud ne propose pas de visa retraite classique. Le statut F-5-13 s’adresse aux pensionnés de 60 ans ou plus, sous conditions de ressources et de séjour.
- Assurance maladie : L’affiliation au NHIS est en principe obligatoire après six mois, ou dès l’obtention de la résidence permanente, sauf exclusion accordée sous conditions.
- Pensions françaises : Vos retraites de base et complémentaires continuent d’être versées en Corée du Sud. L’ASPA et l’ASI ne sont toutefois pas exportables.
- Fiscalité des retraites : Les pensions de sécurité sociale françaises restent imposables en France. La Corée peut également les imposer selon votre situation fiscale.
- Gestion du patrimoine : Assurance vie, exit tax, succession et risque de change doivent être anticipés avant le départ pour organiser votre patrimoine à l’international.
Un patrimoine constitué en France n’est pas nécessairement adapté à une vie à l’étranger. Faites le point avec nos conseillers sur vos placements actuels et les ajustements à envisager pour préparer votre retraite. Je réserve mon créneau !
Quel titre de séjour pour vivre sa retraite en Corée du Sud ?
La Corée du Sud n’a pas créé de visa retraite. Pour un séjour de moins de 90 jours, à titre touristique ou de visite temporaire, vous entrez sans visa avec un passeport français valide, et sans autorisation électronique de voyage K-ETA jusqu’au 31 décembre 2026. Au-delà de 90 jours, vivre sur place suppose un titre de séjour, et celui qui vise les retraités pensionnés est un titre de résidence permanente.
Un retraité français peut vivre en Corée du Sud sans visa retraite dédié. Il demande en Corée, auprès du service d’immigration, le titre de résidence F-5-13, par changement d’un statut de séjour qui l’admet. Une entrée sans visa ou touristique n’ouvre en principe pas ce changement. Ce titre vise les pensionnés de 60 ans ou plus dont les pensions venues de l’étranger représentent au moins le double du revenu national brut coréen par habitant.
Le titre F-5-13, la voie des retraités pensionnés
Le titre F-5-13 de résident permanent s’adresse aux étrangers qui vivent de pensions versées depuis l’étranger. Le manuel de séjour du ministère coréen de la Justice précise l’année sur laquelle vos pensions se mesurent, l’édition du revenu par habitant à retenir et les seules pensions prises en compte.
- avoir 60 ans ou plus ;
- avoir perçu de l’étranger, sur l’année précédant la demande, des pensions au moins égales à deux fois le revenu national brut par habitant de l’année précédente publié par la Banque de Corée, ou de l’année d’avant s’il n’est pas encore publié ;
- ne compter que les pensions que vous percevez vous-même, sans celles de votre conjoint, ni vos loyers, votre épargne ou votre patrimoine.
La loi coréenne sur l’immigration subordonne la résidence permanente à des connaissances de base en langue et en société coréennes. Les normes du ministère de la Justice en dispensent le titre des pensionnés, comme l’indique son manuel de séjour. La bonne conduite et un garant restent exigés.
Ce titre ne se délivre pas comme un visa par un consulat. Le service d’immigration l’accorde en Corée, au terme d’un changement de statut. Or une entrée sans visa ou touristique ne permet en principe ni ce changement ni une prolongation de séjour. Faites donc confirmer par l’ambassade de Corée ou le service d’immigration, avant le départ, le statut sous lequel entrer.
Outre votre passeport, votre certificat de pension et le relevé du compte où elle est versée, le dossier comprend les pièces communes à tout titre de résident permanent.
- le formulaire unique de demande et la fiche d’informations du demandeur ;
- votre carte d’étranger, ou à défaut une photo et le paiement des frais ;
- un justificatif de domicile en Corée, bail ou titre de propriété ;
- l’extrait de casier judiciaire français et celui de tout pays tiers où vous avez résidé au moins un an de suite dans les cinq ans précédant la demande, chacun de moins de six mois et accompagné d’une traduction certifiée, sauf dispense ;
- l’apostille de chaque casier, ou sa légalisation par le consulat de Corée dans le pays qui le délivre si ce pays n’est pas partie à la convention Apostille ;
- les attestations de paiement de vos impôts et cotisations, sauf si le service d’immigration constate l’absence d’impayé ;
- l’engagement d’un garant.
Il est prudent de faire vérifier votre dossier par le service d’immigration avant de résilier votre bail, vos contrats ou vos affiliations en France.
Si vos pensions restent sous le minimum du titre des pensionnés et que vous n’avez aucun autre titre, vous ne séjournez en Corée que sans visa, pour moins de 90 jours par séjour. Faites confirmer par l’ambassade de Corée, avant chaque départ, cette exemption de visa et, après le 31 décembre 2026, si vous devez obtenir la K-ETA avant d’embarquer. Ne multipliez pas les séjours touristiques, car France Diplomatie avertit que leur répétition expose à des contrôles renforcés ou à un refus d’entrée.
Ce que déclenchent 90 jours, six mois et 183 jours sur place
La durée passée en Corée, et non votre seule intention, décide de votre titre, de votre assurance maladie et de votre résidence fiscale. Comptez vos jours dès la première année, car les trois seuils ne tombent pas au même moment et chacun relève d’une autorité différente.
| Durée sur place | Ce qui se déclenche | Règle appliquée |
|---|---|---|
| 90 jours et plus | Un titre de séjour devient nécessaire | Fin de l’entrée sans visa des Français |
| Plus de six mois de résidence | Affiliation obligatoire à l’assurance maladie coréenne, sans ce délai en résidence permanente | Règle du NHIS |
| 183 jours dans l’année | La Corée vous tient pour résident fiscal | Droit fiscal coréen, puis article 4 de la convention |
Le droit fiscal coréen vous tient aussi pour résident si vous avez votre domicile en Corée et, pour les années fiscales ouvertes depuis le 1er janvier 2026, après 183 jours consécutifs à cheval sur deux années.
La France et la Corée peuvent alors vous tenir chacune pour résident au regard de leur propre loi, que vous gardiez un logement en France ou non. L’article 4 de la convention fiscale départage dans ce cas les deux résidences par le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité.
Le titulaire du titre de résident permanent est affilié à l’assurance maladie coréenne sans attendre six mois. Une fois affilié, tenez vos cotisations à jour, car un retard restreint vos prestations à l’hôpital. Au moment de votre demande du titre des pensionnés, des cotisations d’assurance maladie impayées font en outre juger sa condition de ressources non remplie. Des impôts dus et impayés, dont l’impôt sur le revenu dû en Corée sur vos pensions qui y sont imposables, ont le même effet.
Marié à un ressortissant coréen, vous avez le droit de demander le statut de résident marié, le F-6. Il s’accorde sous conditions, en principe sur un visa obtenu au consulat avant l’entrée, et l’affiliation sans attendre six mois ne vaut qu’une fois ce statut accordé.
Pour le titre des pensionnés, votre installation se prépare à partir d’un montant. Relevez le total des pensions perçues de l’étranger à votre propre nom sur l’année précédant la demande, car celles de votre conjoint ne s’y ajoutent pas. Rapportez-le au double du revenu national brut par habitant avant d’arrêter votre date de départ.
Où s’installer en Corée du Sud pour sa retraite ?
Séoul, Busan ou Jeju, trois villes sous les mêmes règles
Séoul est la capitale, Busan s’étend sur la côte sud et Jeju est une île. Votre titre de séjour, votre affiliation à l’assurance maladie et l’imposition de vos pensions suivent les mêmes règles dans les trois. Comparez-les sur votre mode de vie, idéalement pendant un séjour de repérage sans visa, avant de signer un bail.
L’ambassade de France à Séoul
L’ambassade de France à Séoul tient le registre des Français établis hors de France et traite vos demandes de papiers d’identité et d’état civil, dont une partie en ligne. Inscrivez-vous au registre dès votre arrivée. Consultez ensuite le site de l’ambassade pour repérer les démarches que vous pouvez mener à distance.
Quelle couverture santé pour un retraité français en Corée du Sud ?
Ni votre retraite française ni l’accord franco-coréen de sécurité sociale du 6 décembre 2004 ne vous ouvrent de remboursement des soins reçus en Corée, car l’accord coordonne les pensions, pas l’assurance maladie. Parmi les régimes français, seule l’adhésion volontaire à l’assurance maladie de la CFE rembourse ces soins. Votre couverture se construit alors à deux étages, avec l’assurance maladie coréenne obligatoire d’abord et un complément choisi ensuite.
L’assurance maladie coréenne, obligatoire après six mois ou en résidence permanente
Au-delà de six mois de résidence, votre affiliation au NHIS s’impose, et sans ce délai si vous détenez le titre de résident permanent. Si une loi, une assurance ou un contrat d’employeur étrangers vous assurent en Corée des soins équivalents aux prestations coréennes, vous pouvez demander au NHIS votre exclusion.
Obtenue au titre d’une assurance ou d’un contrat d’employeur, cette exclusion vaut un an au plus à chaque demande. Le NHIS décide si votre adhésion à la CFE ou votre assurance privée y ouvre droit, et ni l’une ni l’autre ne vous dispense d’office de l’affiliation. Posez-lui la question dès votre installation. Faute d’exclusion, votre cotisation se calcule sur les revenus et le patrimoine des membres de votre foyer.
Si le chef de votre foyer détient le titre de résident permanent, vous cotisez comme un assuré coréen, sans le plancher de la cotisation moyenne appliqué aux autres foyers étrangers. Affilié et à jour de vos cotisations, vous recevez les mêmes prestations qu’un assuré coréen. Une part des frais reste toutefois à votre charge dans les établissements agréés, que la CLEISS chiffrait ainsi pour 2024.
- hospitalisation 20 %, ramenés à 5 à 10 % pour un cancer ou une maladie grave ;
- consultations de 30 % en clinique à 60 % en hôpital tertiaire ;
- pharmacie 30 %, avec un plafond annuel de participation fonction de vos revenus.
La CLEISS signale en outre une assurance de soins de longue durée qui couvre les assurés de plus de 65 ans ayant besoin de soins constants pendant au moins six mois, à domicile ou en établissement agréé. Avant 65 ans, elle couvre aussi l’assuré qui a besoin de ces soins en raison d’une affection comme la démence, une maladie cardiovasculaire ou la maladie d’Alzheimer. Vérifiez ses conditions dès votre affiliation, car votre assurance santé complémentaire ne couvre pas toujours la dépendance.
La CFE ou une assurance privée en complément
Pour couvrir ce reste à charge, deux voies s’ouvrent à vous. L’assurance maladie volontaire de la Caisse des Français de l’étranger vous est ouverte au titre de votre nationalité française, et une assurance privée constitue l’autre option pour vos soins en Corée.
Une garantie calibrée sur le reste à charge du NHIS mérite d’être comparée à une couverture complète, qui ferait doublon avec l’assurance coréenne que vous payez déjà. Demandez les deux devis avant votre départ, puis comparez-les sur l’hospitalisation, poste où votre participation reste la plus lourde.
Pouvez-vous toucher votre retraite française en vivant en Corée du Sud ?
Oui, votre caisse continue de verser votre pension quand vous vivez en Corée. Comme tout retraité qui veut percevoir sa retraite française à l’étranger, vous fournissez un certificat de vie lorsque vos caisses le demandent, en principe chaque année. Un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite, et vous pouvez l’établir par reconnaissance biométrique sur votre téléphone.
L’accord franco-coréen de sécurité sociale, en vigueur depuis le 1er juin 2007, lève les clauses de résidence pour les pensions de vieillesse, d’invalidité et de survivants. Votre pension française vous suit ainsi en Corée, que vous ayez été salarié ou non. La page sur la perception de la retraite à l’étranger tranche : l’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’allocation supplémentaire d’invalidité, qui supposent une résidence stable en France, cessent avec votre installation en Corée.
Vos soins lors des séjours en France
Vos soins restent pris en charge lors de vos séjours temporaires en France, à trois conditions cumulatives. Vérifiez-les avant le départ, car elles décident aussi de la cotisation retenue sur vos pensions.
- votre pension rémunère au moins 15 ans d’assurance en France ;
- elle est servie par un régime de base français ;
- vous n’exercez aucune activité professionnelle.
Si vos droits aux soins étaient ouverts avant le 1er juillet 2019, 10 ans de cotisation suffisent au lieu de 15, d’après une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 24 janvier 2023.
Une hospitalisation de plus d’un mois suppose une reconnaissance préalable de sa nécessité par le contrôle médical. Votre conjoint qui réside avec vous à l’étranger sans être lui-même titulaire d’une pension n’a pas ce droit, seuls vos enfants mineurs le partagent. Prévoyez pour lui une assurance soins qui couvre ses séjours en France.
Si vous relevez du régime général, le CNAREFE, rattaché à la CPAM de Seine-et-Marne, gère votre affiliation et vos soins reçus lors d’un séjour en France. Préinscrivez-vous sur ameli-rfe.fr avant votre premier retour, pour ne pas avancer seul des frais que votre régime prend en charge.
La cotisation maladie à la place de la CSG
Votre départ change ce que chacune de vos caisses retient sur vos pensions. Fiscalement domicilié en Corée, vous ne payez plus ni CSG, ni CRDS, ni Casa sur vos pensions, indique la CLEISS. En contrepartie de vos droits aux soins en France, le code de la sécurité sociale prévoit une cotisation maladie à taux particulier, retenue sur chaque pension.
- 3,20 % sur la retraite de base du régime général ;
- 4,20 % sur les autres retraites, dont les complémentaires ;
- 7,1 % sur une retraite de travailleur indépendant, taux indiqué par la CLEISS.
Cette absence de CSG vaut pour vos pensions seulement, jamais pour vos loyers ou vos plus-values immobilières en France. Sans droit aux soins en France, aucune cotisation maladie n’est due sur vos pensions. Avec ce droit, elle est le prix de votre prise en charge lors de vos séjours, et chaque caisse applique son propre taux.
L’âge de la retraite en Corée du Sud s’applique-t-il à vous ?
L’âge de la retraite coréen ne vous concerne que si vous avez travaillé et cotisé en Corée. Le National Pension Service (NPS) gère la retraite et paie les pensions, tandis que le NHIS assure la maladie. Repérez l’organisme avant de chercher vos droits.
| Année de naissance | Pension de vieillesse | Pension anticipée |
|---|---|---|
| 1961 à 1964 | 63 ans | 58 ans |
| 1965 à 1968 | 64 ans | 59 ans |
| 1969 et après | 65 ans | 60 ans |
Le NPS verse une pension mensuelle après au moins 10 ans d’affiliation, à taux réduit, et après 20 ans pour le taux plein. En dessous de 10 ans, vos périodes coréennes ne sont pas perdues d’office, car l’accord franco-coréen totalise les périodes des deux États.
Chaque État paie ensuite la part qui correspond à ses propres périodes. Pour le calcul de vos droits après une expatriation, retenez que vos années coréennes s’ajoutent à vos trimestres français pour ouvrir vos droits, sans fusionner vos deux pensions en une seule.
En dessous de 10 ans, le NPS prévoit aussi un remboursement forfaitaire des cotisations, que vous pouvez demander comme ressortissant français. Les périodes remboursées ne comptent alors plus comme périodes d’assurance et sortent de la totalisation avec la France. Pesez ce choix avant la liquidation de vos retraites, et vérifiez ce que ces années apportent à vos deux pensions.
Que préparer dans votre patrimoine avant de partir en Corée du Sud ?
Si vous êtes redevable de l’exit tax, votre départ vers la Corée ne déclenche aucun paiement immédiat. La notice 2074-ETD place la Corée du Sud parmi les États du sursis automatique pour les transferts de domicile intervenus depuis le 1er janvier 2025.
Ce sursis s’achève soit par un dégrèvement, soit par le paiement. Tant que vous restez domicilié en Corée du Sud, l’impôt en sursis sur vos plus-values latentes est dégrevé, et non rendu exigible, dans quatre cas.
- la donation de vos titres ;
- leur conservation jusqu’au terme du délai fixé par la notice ;
- votre décès ;
- votre retour en France avec vos titres toujours détenus.
L’impôt devient en revanche exigible à la cession, au rachat, à l’annulation ou au remboursement de vos titres, ou si vous transférez ensuite votre domicile vers un État absent de la liste. Le défaut de vos déclarations de suivi met fin au sursis après une mise en demeure de trente jours. Déposez-les donc à l’échéance qui correspond à votre situation.
- avec des plus-values latentes seules, la 2074-ETS3 se dépose l’année qui suit l’événement qui met fin au sursis ou dégrève l’impôt ;
- avec des créances ou des plus-values en report, elle se dépose chaque année, et la 2074-ETSL, déclaration simplifiée, la remplace une année sans événement ;
- chacune s’accompagne de vos déclarations de revenus 2042 et 2042 C.
Pour votre succession, la page sur la fiscalité de l’expatrié en Corée du Sud tranche : résident coréen à votre décès, vous y êtes imposé sur tous vos biens, situés en France compris. La Corée ne déduit l’impôt payé à l’étranger sur ces biens que dans la limite de la part de l’impôt coréen qui correspond aux biens taxés à l’étranger. Un droit français supérieur à cette part n’est pas compensé.
La France taxe votre succession d’après votre domicile fiscal au sens du droit français, que votre départ en Corée ne suffit pas à vous faire perdre. S’il est resté en France, elle taxe tous vos biens, en France comme à l’étranger. Sinon, elle taxe vos biens situés en France et tous les biens, en France ou ailleurs, reçus par un héritier domicilié en France qui l’a été au moins six des dix années précédant l’année où il les reçoit.
Votre assurance vie se relit sous l’angle du résident coréen. Faites analyser avant le départ la qualification de votre contrat et de ses flux au regard de l’impôt coréen. Pour l’assurance vie de l’expatrié en Corée du Sud, ce traitement est le critère qui départage un contrat français et un contrat luxembourgeois.
Pour le reste de votre épargne, les placements du retraité expatrié se choisissent en fonction de votre futur pays de résidence. Le change pose une question distincte de celle des supports. Une pension versée en euros et des dépenses réglées en wons exposent votre budget aux variations du won, ce qui peut peser sur votre pouvoir d’achat d’une année sur l’autre.
Où votre pension française est-elle imposée si vous vivez en Corée du Sud ?
La nature de chacune de vos pensions décide de l’État qui l’impose. Pour appliquer la convention fiscale franco-coréenne, la notice 2041-E range tous les régimes obligatoires, complémentaires compris, dans la sécurité sociale. Votre pension Agirc-Arrco suit donc la même règle que votre retraite de base, et non celle des pensions privées.
Pension de base, complémentaire ou publique, qui impose quoi
| Nature de la pension | État qui impose | Texte |
|---|---|---|
| Retraite de base et complémentaire obligatoire | France, avec retenue à la source, sans exclusivité | Convention, article 18 paragraphe 2 |
| Pension publique d’un ancien agent de l’État, d’une collectivité ou d’une personne morale de droit public | France seule, avec retenue à la source, sauf activité industrielle ou commerciale | Convention, article 19 paragraphe 2 |
| Pension privée versée au titre d’un ancien emploi, hors régime obligatoire, et rente viagère sans lien avec un ancien emploi | Corée seule | Convention, article 18 paragraphe 1, et article 22 paragraphe 1 sur les autres revenus pour la rente viagère |
La pension publique ne connaît qu’une exception, quelle que soit votre nationalité. Des services rendus dans le cadre d’une activité industrielle ou commerciale de l’État relèvent des règles ordinaires de la convention. Vérifiez l’organisme qui vous a employé avant de classer votre pension dans l’une des trois lignes.
La retenue à la source française
Vos pensions de base et complémentaires, comme votre pension publique, supportent la retenue à la source de l’article 182 A du code général des impôts. Chaque caisse située en France applique à ses seuls versements le barème annuel en vigueur depuis le 1er juillet 2026. Il s’applique par tranches au montant net imposable de vos pensions, déterminé suivant les règles de l’impôt sur le revenu, et non à leur montant brut.
- 0 % jusqu’à 17 275 € ;
- 12 % sur la fraction supérieure à 17 275 € et inférieure ou égale à 50 112 € ;
- 20 % sur la fraction supérieure à 50 112 €.
Ces limites se divisent selon la périodicité de vos versements et se révisent chaque année. Comme chaque caisse ne retient que sur ses propres versements alors que le calcul porte sur l’ensemble de vos pensions, une retenue complémentaire peut être due si plusieurs caisses vous paient. Vérifiez sur chaque relevé la retenue appliquée par chacune d’elles.
De nationalité française, vous supportez une retenue libératoire sur la fraction de vos pensions qui n’excède pas la limite supérieure de la tranche à 12 %. Cette fraction sort du calcul de votre impôt sur le revenu français et sa retenue ne s’impute pas. Seule la fraction au-delà entre dans cet impôt, sur lequel s’impute sa retenue.
Cet impôt se déclare chaque année et se calcule au barème progressif, avec le taux minimum des non-résidents. Pour les revenus 2025, ce taux est de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable et de 30 % au-delà. Le taux moyen de vos revenus français et étrangers le remplace si vous justifiez qu’il est inférieur. Par exception à la retenue libératoire, si vos retenues dépassent au total l’impôt calculé avec ce taux moyen sur l’ensemble de vos pensions, fraction libératoire comprise, demandez le remboursement de l’excédent.
Ce que la Corée peut encore imposer
La convention laisse à la Corée, votre État de résidence, le droit d’imposer aussi vos pensions de sécurité sociale. Elle vous accorde alors un crédit égal à l’impôt payé en France, plafonné à la part de l’impôt coréen qui correspond à vos revenus français. Un impôt français supérieur à cette part n’est pas compensé.
Tant que vous totalisez cinq ans de présence ou moins sur les dix dernières années, la loi coréenne sur l’impôt sur le revenu n’impose vos revenus étrangers que s’ils sont payés en Corée ou transférés vers la Corée. Au-delà, vos revenus mondiaux y deviennent imposables. Faites vérifier sur votre dossier le traitement d’une pension qui n’est ni payée en Corée ni transférée vers la Corée.
Le compte sur lequel votre pension est versée pèse ainsi sur votre impôt dès le premier virement. La page sur la fiscalité de l’expatrié en Corée du Sud tranche : votre résidence fiscale se fixe d’abord, puis le barème coréen s’applique à vos revenus imposables en Corée. Avant ce premier virement, faites vérifier trois points.
- la nature de chacune de vos pensions, base, complémentaire obligatoire, publique, privée ou rente viagère, et l’État qui l’impose ;
- le compte de versement de vos pensions et le calendrier de vos virements vers la Corée pendant vos cinq premières années ;
- vos droits aux soins lors de vos séjours en France et la cotisation maladie retenue en contrepartie sur chaque pension.
Accompagnement gratuit
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Les questions les plus posées
Oui, les étrangers peuvent acquérir un appartement ou une maison en Corée du Sud. L’achat implique des formalités déclaratives et d’enregistrement, ainsi que des taxes immobilières. Certaines zones sont toutefois soumises à une autorisation préalable.
Un titulaire du statut F-5 bénéficie d’une exemption de permis de réentrée lorsqu’il revient en Corée dans les deux ans suivant son départ. Une absence plus longue nécessite de vérifier préalablement les autorisations applicables auprès de l’immigration coréenne.
Oui. Le statut F-5 accorde un droit de résidence permanent, mais la carte qui l’atteste est soumise à un renouvellement décennal. Le non-respect du délai de renouvellement peut entraîner une sanction administrative sans signifier automatiquement la perte du statut.