Expatrié en Grèce : Quelle fiscalité pour un non-résident Français ?

Vous rêvez d’une installation au bord de la mer Égée sans savoir si le fisc français vous suivra jusqu’à Athènes. Devenue votre pays de résidence, la Grèce entend imposer vos revenus mondiaux, quand la France continue de taxer les revenus et les biens qui gardent une source française. Entre les deux, la convention du 11 mai 2022 tranche revenu par revenu, et la Grèce efface la double imposition par un crédit qui la plafonne sans l’annuler. La singularité grecque tient à ses régimes de faveur restés ouverts, que d’autres destinations européennes ont, elles, refermés, mais chacun obéit à des conditions strictes qu’il vaut mieux vérifier avant de faire vos valises.

Les points clés à retenir :

  • Résidence fiscale et convention de 2022 : La présence de plus de 183 jours ou le centre des intérêts vitaux en Grèce vous rend imposable sur vos revenus mondiaux, sous réserve de la convention bilatérale.
  • Régimes de faveur attractifs : La Grèce propose trois régimes spécifiques (forfait 7 % pour retraités, non-dom à 100 k€, exonération de 50 % pour actifs) sous conditions strictes de non-résidence passée.
  • Imposition des revenus français : Les revenus immobiliers et pensions publiques restent imposables en France, la Grèce éliminant la double imposition via un crédit d’impôt plafonné.
  • Absence de convention sur les successions : Faute d’accord bilatéral sur les donations et successions, les biens français transmis subissent une double exposition fiscale potentielle.
  • Prélèvements sociaux réduits : En tant que résident grec affilié au système local, vos prélèvements sociaux sur les plus-values et loyers français tombent à 7,5 % (exonération de CSG/CRDS).

Que vos actifs soient conservés en France ou déployés à l’international, une approche globale permet d’assurer la cohérence financière et fiscale de vos placements. Complétez notre formulaire pour planifier un entretien avec l’un de nos consultants et définir une stratégie adaptée à vos objectifs. Je réserve mon créneau !

Êtes-vous résident fiscal grec ?

La Grèce vous considère comme résident fiscal dès que vous y installez le cœur de votre vie, et plusieurs critères peuvent y suffire. Le premier tient à votre présence physique, un séjour de plus de 183 jours, consécutifs ou non, sur toute période de douze mois.

Les autres tiennent à l’ancrage de votre vie sur place, qu’il s’agisse de votre résidence permanente ou principale, de votre lieu de séjour habituel, ou du centre de vos intérêts vitaux, là où se concentrent vos liens personnels et économiques.

Franchir l’un de ces seuils change tout. Le résident grec est imposé sur ses revenus mondiaux, France comprise ; le non-résident ne répond, lui, que de ses revenus de source grecque.

Double résidence : ce que tranche la convention

Côté français, votre résidence se qualifie à l’article 4 B du code général des impôts, à travers votre foyer, votre séjour principal, votre activité ou le centre de vos intérêts économiques. Rien n’interdit alors aux deux pays de vous revendiquer la même année. La convention du 11 mai 2022 prévoit dans ce cas une règle de départage, alignée sur le modèle de l’OCDE, qui s’appuie sur une série de critères de rattachement :

  • votre foyer d’habitation permanent ;
  • le centre de vos intérêts vitaux ;
  • votre lieu de séjour habituel ;
  • votre nationalité ;
  • à défaut, un accord amiable entre les deux administrations.

Ces critères, examinés jusqu’à ne vous rattacher qu’à un seul État, désignent votre pays de résidence unique. Le volet français de cette qualification pèse lourd dans le résultat : avant de raisonner en résident grec, mieux vaut clarifier si vous êtes encore résident fiscal français.

Les trois régimes de faveur encore ouverts

C’est ici que la Grèce se distingue. D’autres destinations européennes ont refermé leurs régimes d’accueil ces dernières années ; elle a maintenu les siens, trois dispositifs inscrits dans son droit interne qui forfaitisent ou allègent l’imposition des nouveaux résidents. Ces régimes n’agissent pas sur la convention. Ils modifient seulement la façon dont la Grèce calcule votre impôt, une fois qu’elle détient le droit d’imposer. Encore faut-il en remplir les conditions, car aucun ne s’ouvre sur la seule bonne volonté.

Le forfait de 7 % sur les revenus étrangers des retraités

Le régime le plus connu vise les retraités. En transférant votre résidence fiscale en Grèce, vous pouvez opter pour une imposition forfaitaire de 7 % sur l’ensemble de vos revenus de source étrangère, et pas seulement sur votre pension. L’avantage vaut jusqu’à quinze années fiscales, et l’impôt se règle en une fois chaque année. Trois conditions verrouillent l’accès.

  • Percevoir une pension versée depuis l’étranger.
  • Ne pas avoir été résident fiscal grec au moins cinq des six années précédentes.
  • Venir d’un État lié à la Grèce par un accord de coopération administrative, ce qui est le cas de la France.

Le taux de 7 % frappe donc aussi vos dividendes, loyers ou plus-values de source étrangère, ce qui en fait un outil puissant pour un patrimoine internationalisé. Il ne règle que la fiscalité. Le projet de vie qui l’accompagne, du coût de la santé au choix de la région, est un sujet à part entière, celui de s’installer à la retraite en Grèce.

Le régime non-dom à 100 000 € pour les grands patrimoines

Un second régime cible les grands patrimoines. Le dispositif dit non-dom permet d’acquitter un forfait annuel de 100 000 €, libératoire de tout impôt grec sur l’ensemble de vos revenus de source étrangère, quel qu’en soit le montant réel. En contrepartie, vous vous engagez à investir au moins 500 000 € en Grèce dans les trois ans, et l’avantage court lui aussi jusqu’à quinze ans.

L’éligibilité suppose de ne pas avoir été résident fiscal grec au moins sept des huit années précédentes, tandis que vos revenus de source grecque restent imposés au régime général. Le forfait peut être étendu aux membres de votre famille, selon des modalités à chiffrer dossier par dossier.

L’exonération de 50 % pour les salariés et professionnels

Les actifs qui viennent travailler en Grèce, salariés comme indépendants, relèvent d’un troisième régime. Il exonère la moitié de vos revenus d’emploi ou d’activité de source grecque, à l’impôt sur le revenu, pendant sept années consécutives. La condition d’accès rejoint celle des retraités, sans avoir été résident fiscal grec au moins cinq des six années précédentes. À la différence des deux premiers dispositifs, l’avantage porte ici sur des revenus de source grecque, non sur vos revenus étrangers.

RégimeAssietteAvantageDuréeNon-résidence exigée
Retraitésrevenus de source étrangèreforfait de 7 %15 ans5 des 6 années
Non-domrevenus de source étrangèreforfait de 100 000 €/an (+ investissement de 500 000 €)15 ans7 des 8 années
Actifsrevenus d’emploi ou d’activité de source grecqueexonération de 50 %7 ans5 des 6 années

Un fil commun traverse ces trois régimes : un Français, un Allemand ou un Grec de retour au pays y accèdent aux mêmes conditions, pourvu qu’ils n’aient pas résidé fiscalement en Grèce pendant la période requise. Seul compte le décompte de ces années.

Ces régimes restent ouverts, mais leurs conditions sont exigeantes et leur maintien suppose de les respecter année après année. Le cabinet voit régulièrement des candidats convaincus d’être éligibles buter sur le décompte des années de non-résidence, et c’est précisément le premier point à sécuriser.

La convention France-Grèce de 2022

La France et la Grèce ont longtemps partagé une convention fiscale de 1963. Elle appartient au passé. Une nouvelle convention, signée le 11 mai 2022, est entrée en vigueur le 30 décembre 2023 et s’applique à vos revenus depuis le 1er janvier 2024. C’est elle, et elle seule, qui règle aujourd’hui le partage du droit d’imposer entre les deux pays. Pour chaque catégorie de revenu, elle désigne l’État qui impose, et lorsque les deux peuvent le faire, c’est la Grèce, votre pays de résidence, qui neutralise la double imposition.

La grille de répartition, revenu par revenu

Une fois que vous êtes installé, vos flux de source française se répartissent ainsi.

Revenu de source françaiseImposition en FranceImposition en Grèce
Loyers et plus-value d’un immeuble situé en FranceOui (art. 6 et 13)Oui, avec crédit d’impôt
DividendesRetenue de 12,8 % (art. 10 §2, plafond conventionnel 15 %)Oui, avec crédit d’impôt
IntérêtsRetenue plafonnée à 5 % (art. 11 §2), nulle en principe en droit interneOui
RedevancesRetenue plafonnée à 5 % (art. 12 §2)Oui, avec crédit d’impôt
Pension privéeNon (art. 17)Oui
Pension publiqueOui (art. 18 §2)Non, sauf résident grec, de nationalité grecque et non française

Le piège des pensions privées et publiques

Le sort de vos pensions dépend de leur origine. Une pension privée, issue d’un ancien emploi salarié, n’est imposable que dans votre État de résidence au titre de l’article 17. Elle entre donc dans votre impôt grec, éventuellement au forfait de 7 % lorsque vous relevez du régime des retraités.

Une pension publique, versée au titre de services rendus à l’État français, à une collectivité ou à une personne morale de droit public, reste imposée en France selon l’article 18 §2.

L’exception qui la basculerait vers la Grèce exige trois conditions réunies : résider en Grèce, en posséder la nationalité, et ne pas posséder en même temps la nationalité française. Un retraité français, y compris binational franco-grec, conserve donc l’imposition française de sa pension publique, même après des années passées à Athènes.

Comment la double imposition est-elle éliminée ?

Non, vous ne payez pas deux fois. Sur les revenus que la France a le droit d’imposer, la Grèce ne renonce pourtant pas à sa part. Elle les réintègre dans votre imposition de résident, puis déduit de son impôt un montant égal à l’impôt payé en France, au titre de l’article 21 §2. Cette déduction est plafonnée à la fraction de l’impôt grec correspondant au revenu.

La Grèce vous crédite l’impôt français déjà réglé, sans aller au-delà de ce qu’elle réclame elle-même. Elle n’exonère pas pour autant ces revenus : quand son impôt dépasse l’impôt français, un complément reste dû. Ils se déclarent alors des deux côtés de la frontière, selon des obligations qui dépendent de leur nature et du régime grec dont vous relevez.

Hors régime de faveur : le barème grec et vos revenus du capital

Hors régime de faveur, un résident grec relève du droit commun, et la Grèce y impose l’ensemble de vos revenus mondiaux. Trois logiques cohabitent alors : un barème progressif pour vos revenus d’activité et vos pensions, des taux forfaitaires pour vos revenus du capital, et un barème dédié pour vos loyers de source grecque.

Le barème progressif de 9 % à 44 %

L’impôt sur le revenu grec suit un barème progressif à six tranches, du premier euro imposé à 9 % jusqu’à un taux marginal de 44 %. Le barème 2026 s’établit ainsi pour un contribuable de plus de trente ans sans enfant à charge.

Tranche de revenu imposableTaux
Jusqu’à 10 000 €9 %
De 10 000 à 20 000 €20 %
De 20 000 à 30 000 €26 %
De 30 000 à 40 000 €34 %
De 40 000 à 60 000 €39 %
Au-delà de 60 000 €44 %

Ce barème de référence n’est pas le même pour tous. Depuis 2026, les taux des premières tranches sont abaissés selon le nombre d’enfants à charge et pour les contribuables de moins de trente ans. L’ampleur de cet allègement dépend de votre situation familiale, sans modifier la structure des six tranches.

Dividendes, intérêts et plus-values en Grèce

Vos revenus du capital échappent à ce barème et supportent des taux proportionnels.

Revenu du capital (résident grec)Taux grec
Dividendes5 %
Intérêts15 % (5 % pour les obligations d’entreprises cotées)
Plus-values sur titres non cotés15 %
Plus-values sur actions cotées15 % (uniquement en cas de détention d’au moins 0,5 % du capital)

Ces taux s’appliquent à vos revenus mobiliers dès que vous êtes résident grec, y compris lorsqu’ils proviennent de France, après imputation de l’impôt français déjà prélevé. La façon dont vous logez ces placements change ensuite la donne. Une assurance-vie pour un expatrié en Grèce n’est pas forcément reconnue ni imposée comme un simple compte-titres par l’administration grecque, et les avantages du droit français ne sont pas repris d’office par votre pays de résidence.

Les loyers d’un bien situé en Grèce

Si vous achetez sur place, pour y vivre puis louer ou pour investir, vos revenus locatifs grecs relèvent depuis 2026 d’un barème qui leur est propre, distinct de celui de vos revenus d’activité.

Revenu locatif grec (par an)Taux
Jusqu’à 12 000 €15 %
De 12 001 à 24 000 €25 %
De 24 001 à 36 000 €35 %
Au-delà de 36 000 €45 %

Ce barème frappe vos loyers de source grecque. Le bien étant situé en Grèce, la France n’a pas vocation à les imposer, et la question du crédit d’impôt ne se pose donc pas ici. Vos loyers restés français, eux, continuent de relever du fisc français.

Vos revenus et biens restés en France

Quitter la France ne coupe pas le fil qui vous relie aux revenus et aux biens que vous y laissez. Chacun garde ses règles propres, qui viennent ensuite se combiner avec l’impôt grec et son crédit.

Immobilier français : loyers, plus-value et prélèvements sociaux

Parce que la convention rattache les revenus fonciers et les plus-values au pays où se trouve l’immeuble, votre immobilier français reste imposé en France. Vos loyers y suivent le barème des non-résidents, et la revente d’un bien y déclenche l’imposition de la plus-value au taux de 19 %, majorée des prélèvements sociaux.

Ces prélèvements atteignent 17,2 %, mais ils tombent à 7,5 % lorsque vous êtes affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale d’un autre État de l’Union européenne, la Grèce en faisant partie. Ce qui compte est votre affiliation, non votre simple lieu de résidence ; le détail de ce calcul figure dans les prélèvements sociaux des expatriés.

À la revente, une exonération peut alléger la note. Plafonnée à 150 000 € de plus-value nette, elle tient à votre qualité de ressortissant de l’Union européenne et à votre passé de résident français, non au pays où vous posez vos valises. C’est votre nationalité française, donc européenne, qui l’ouvre, et vous la conservez que vous partiez pour la Grèce ou pour un État hors Union. Elle suppose plusieurs conditions réunies :

  • avoir été domicilié fiscalement en France de façon continue pendant au moins deux ans, à un moment quelconque avant la cession ;
  • ne l’appliquer qu’à une seule résidence ;
  • céder au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant votre départ, ou disposer librement du bien depuis le 1er janvier de l’année précédente.

Bon à savoir : sur ses revenus mobiliers de source française, dividendes ou plus-values de cession de titres, le non-résident ne supporte aucun prélèvement social. La CSG et la CRDS ne visent chez lui, que l’immobilier situé en France. Et lorsque vous êtes affilié au régime de sécurité sociale grec, vous n’en devez que le prélèvement de solidarité de 7,5 %, une part que les hausses de CSG ne touchent pas.

Dividendes et revenus mobiliers de source française

Vos dividendes français supportent une retenue à la source de 12,8 %. Ce taux de droit interne reste sous le plafond conventionnel de 15 %, si bien que c’est lui qui s’applique. La Grèce réintègre ensuite ces dividendes à son taux interne de 5 %, puis en déduit l’impôt français déjà prélevé, dans la limite de l’impôt grec correspondant.

La retenue française absorbe ainsi l’impôt grec : la Grèce ne réclame aucun complément, mais ne rembourse pas l’écart. Votre charge sur ces dividendes tourne donc autour de 12,8 %, et non des 5 % grecs. Comme il s’agit d’un revenu mobilier, aucun prélèvement social français ne s’y ajoute.

Le cabinet a vu des expatriés provisionner à tort 17,2 % de prélèvements sociaux sur leurs dividendes français, quand le non-résident n’en doit aucun sur un revenu mobilier.

Vos revenus fonciers, eux, restent imposables au barème progressif, avec le taux minimum propre aux non-résidents et l’option pour le taux moyen mondial quand il vous avantage. D’autres revenus suivent leurs propres règles, retenue à la source sur les dividendes ou taux forfaitaire sur les plus-values immobilières. Les chiffres qui encadrent tout cela sont détaillés dans le statut fiscal de non-résident.

Quitter la France pour la Grèce : exit tax et statut UE

Le moment du départ mérite lui aussi une préparation, distincte de vos revenus courants. En quittant la France, vous pouvez être concerné par l’exit tax, qui frappe les plus-values latentes sur des participations importantes.

Comme la Grèce est membre de l’Union européenne, ce départ ouvre un sursis de paiement automatique. Vous ne décaissez pas l’impôt en partant, sans constituer de garanties ni désigner un représentant fiscal, formalités que peut encore exiger un départ vers certaines destinations hors Union.

Le fait générateur reste la sortie du territoire, ce qui fait de l’exit tax un sujet à régler avant l’installation, jamais une fois sur place. Ses seuils de déclenchement et ses délais de dégrèvement sont détaillés dans l’exit tax en cas de départ.

Y a-t-il un impôt sur la fortune en Grèce ?

La Grèce ne lève aucun impôt général sur la fortune ni sur le patrimoine net des particuliers, de sorte que votre patrimoine mondial n’y est pas taxé en tant que tel. Une exception vise toutefois l’immobilier situé en Grèce, l’ENFIA, une taxe foncière annuelle due par le propriétaire au 1er janvier, assortie d’une surtaxe lorsque la valeur immobilière totale dépasse 500 000 €.

Côté français, la logique s’inverse. Votre immobilier situé en France reste soumis à l’impôt sur la fortune immobilière au-delà de son seuil de déclenchement, qu’il soit détenu directement ou à travers des parts de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière. L’absence d’impôt grec sur la fortune ne vous en affranchit donc pas, puisque la France conserve le droit d’imposer les biens situés sur son sol.

Successions et donations entre la France et la Grèce

La Grèce taxe les successions et les donations, ce que peu de destinations d’expatriation prévoient. C’est la singularité la plus lourde de conséquences de sa fiscalité. Le barème dépend du lien de parenté. En ligne directe, entre conjoint, parents et enfants, la transmission bénéficie d’un abattement puis de taux volontairement bas.

Part transmise en ligne directe (Grèce)Taux
Jusqu’à 150 000 €0 % (abattement)
De 150 000 à 300 000 €1 %
De 300 000 à 600 000 €5 %
Au-delà de 600 000 €10 %

Les donations de sommes d’argent entre proches suivent une règle propre, un taux fixe de 10 % en ligne directe, après un abattement unique de 800 000 €. Une réforme grecque de 2026 modernise par ailleurs le droit civil des successions, notamment par l’introduction de contrats successoraux et une refonte de l’enregistrement des testaments, sans toucher ni aux taux ni aux abattements de l’impôt de transmission.

Cette absence de coordination rend l’anticipation d’autant plus précieuse, car deux systèmes jouent en parallèle sans se parler. Organiser en amont la transmission d’un patrimoine réparti entre la France et la Grèce, à travers les bons véhicules et le bon calendrier, permet d’en amortir les frictions plutôt que de les subir au moment de la succession.

Bon à savoir : à ce jour, aucune convention ne lie la France et la Grèce en matière de successions et de donations, alors qu’une convention couvre déjà les revenus. Les actifs français que vous transmettez peuvent donc relever à la fois des droits de mutation français et des règles grecques, la correction d’une éventuelle double imposition reposant sur le seul droit interne, sans filet conventionnel.

La Grèce est-elle un paradis fiscal pour les Français ?

Cela dépend entièrement de votre profil. Ses régimes de faveur existent bel et bien, et pour qui coche toutes les conditions, l’économie d’impôt peut être considérable, du forfait à 7 % du retraité au plafond de 100 000 € du grand patrimoine.

Hors de ces régimes, la Grèce impose vos revenus mondiaux à un barème qui grimpe jusqu’à 44 %, prélève l’ENFIA sur l’immobilier local et taxe vos transmissions. Son attractivité n’a donc rien d’automatique, elle se mérite selon votre historique de résidence, la nature de vos revenus et le régime auquel vous pouvez prétendre. C’est cette vérification, plus que le taux affiché, qui détermine ce que la Grèce vous coûtera vraiment.

Accompagnement gratuit

Que vos actifs soient conservés en France ou déployés à l’international, une approche globale permet d’assurer la cohérence financière et fiscale de vos placements. Complétez notre formulaire pour planifier un entretien avec l’un de nos consultants et définir une stratégie adaptée à vos objectifs. Je réserve mon créneau !

Les questions les plus posées

Quel est le sort du Plan d’Épargne en Actions (PEA) lors d’un déménagement en Grèce ?

Le transfert de résidence fiscale vers un État de l’Union européenne n’entraîne pas la clôture automatique du PEA. Vos gains restent exonérés d’impôt en France lors des retraits, mais ils doivent être déclarés en Grèce, où ils supportent la fiscalité locale sur les revenus du capital.

Comment sont imposées les plus-values sur la vente d’une résidence principale située en Grèce ?

En droit interne grec, les plus-values issues de la cession d’actifs immobiliers par des particuliers sont actuellement suspendues d’imposition jusqu’à la fin de l’année 2026. La revente de votre résidence principale en Grèce s’effectue donc temporairement en franchise d’impôt sur les plus-values.

Comment sont imposés les gains issus des crypto-actifs pour un résident fiscal grec ?

En l’absence de cadre fiscal spécifique dédié aux actifs numériques en Grèce, les plus-values tirées de la cession de crypto-monnaies sont généralement assimilées à des plus-values sur titres financiers et soumises au taux forfaitaire de 15 %, sous réserve de pouvoir justifier des montants d’achat.

NOS DERNIERS ARTICLES SUR L'EXPATRIATION
Partagez cet article

DEMANDEZ VOTRE CONSULTATION GRATUITE

*Informations obligatoires