Expatrié en Finlande : Quelle fiscalité pour un non-résident Français ?

L’expatriation en Finlande implique une maîtrise des interactions entre le droit interne et les conventions internationales. Avec le remplacement progressif de l’accord de 1970 par la nouvelle convention d’avril 2023 applicable dès 2027, le traitement des revenus de source française subit une mutation majeure : bascule vers le crédit d’impôt, refonte de l’imposition des pensions privées et plafonnement des retenues à la source sur dividendes. Que vous soyez salarié, retraité ou investisseur, la structuration de votre patrimoine exige une anticipation précise des critères de résidence, des barèmes locaux et des impacts sur vos actifs immobiliers et financiers.

Sommaire

Les points clés à retenir :

  • Nouvelle convention fiscale bilatérale : Le traité de 1970 s’applique jusqu’aux revenus de 2026 ; la convention du 4 avril 2023 prend le relais dès le 1er janvier 2027 avec un droit d’imposer élargi pour la France.
  • Transition vers le crédit d’impôt : La Finlande abandonne le mécanisme d’exonération avec taux effectif au profit du crédit d’impôt généralisé pour éliminer les risques de double imposition dès 2027.
  • Définition de la résidence fiscale : Un séjour continu supérieur à six mois en Finlande ou le transfert du foyer principal déclenche l’imposition locale sur l’ensemble de vos revenus mondiaux.
  • Nouvelle retenue sur les dividendes : Les dividendes de source française basculent d’une exonération restituable à une retenue définitive à la source de 12,80 %, plafonnée à 15 % à compter de 2027.
  • Régime des successions et de l’immobilier : La convention de 1958 conserve la gestion exclusive des successions (hors donations), tandis que les loyers français restent imposables en France puis retraités en Finlande.

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Deux conventions fiscales France-Finlande : celle de 2026, celle de 2027

Le texte qui gouverne votre imposition ne passera pas l’année. Signée le 11 septembre 1970, la convention actuelle s’applique une dernière fois à vos revenus de 2026. Celle du 4 avril 2023 prend la main sur les revenus perçus dès le 1er janvier 2027.

Jusqu’aux revenus de 2026, la Finlande impose seule votre pension privée et aucune retenue conventionnelle française ne frappe vos dividendes. Dès 2027, la France retrouve un droit d’imposer ces deux revenus, et c’est elle qui déduit l’impôt finlandais des pensions qu’elle reprend.

Exemption avec taux effectif aujourd’hui, crédit d’impôt en 2027

Aucun des deux États ne renonce à regarder l’ensemble de vos revenus. Résident de Finlande, vous relevez de l’article 23 § 2, qui exonère vos revenus imposables en France tout en les conservant au calcul de votre taux effectif. Dividendes, intérêts, jetons de présence et cachets d’artistes font exception et ouvrent un crédit, borné à l’impôt finlandais comme à l’impôt payé en France.

Dès 2027, la Finlande passe au crédit d’impôt. Elle cesse d’exonérer vos revenus français et les impose en déduisant l’impôt payé en France, sans dépasser son propre impôt ni renoncer à la progressivité de son barème. Ce qui était effacé le reste tant que la France prélève davantage, et le complément finlandais devient dû dès que l’impôt français lui est inférieur.

Une exception inverse ce sens. Pour les seules pensions que l’article 17 § 2 rend imposables dans l’État d’où elles proviennent, c’est cet État de source qui déduit de son impôt celui supporté dans l’État de résidence, dans la limite du sien, et l’autre n’accorde alors aucun crédit.

Les trois règles qui basculent au 1er janvier 2027

Ce qui changeRevenus jusqu’en 2026Revenus dès 2027
Dividendes françaisImposables en Finlande seulementRetenue interne de 12,80 %, sous un plafond conventionnel de 15 %
Pension privée ou de baseImposable en Finlande seulementImposable en France dans trois cas, hors situation acquise au 4 avril 2023
Double impositionExonération finlandaise avec taux effectifCrédit d’impôt en Finlande, inversé pour les pensions

C’est la date du revenu qui commande, pas celle de votre déclaration, et toute réponse lue ailleurs porte donc une date de péremption. Ce qui vaut pour toute expatriation, et non pour la seule Finlande, est posé dans le panorama de la fiscalité de l’expatrié français.

Deux règles françaises ne bougeront pas dans l’intervalle. Vendre un bien français ne vous imposera aucun représentant fiscal accrédité, et le sursis de paiement de l’exit tax vous sera acquis d’office. La Finlande est un État membre de l’Union européenne depuis 1995.

  • 12,80 % retenus au versement sur vos dividendes français, restituables sur ceux de 2026
  • 15 % plafond conventionnel de la retenue française dès 2027, au-dessus du taux interne
  • 2027 première année régie par la convention du 4 avril 2023

Six mois en Finlande suffisent-ils à faire de vous un résident fiscal ?

Domicile principal ou séjour continu de plus de six mois

Plus de six mois, et sans interruption. Vous devenez résident fiscal finlandais dès que votre domicile et votre résidence principale se trouvent en Finlande, ou dès que votre séjour y dépasse six mois d’affilée. Ce compteur ne se confond pas avec les 183 jours de la convention, qui règlent une autre question. La Finlande vous impose alors sur vos revenus mondiaux, quand elle n’atteint sinon que vos revenus de source finlandaise.

La continuité se lit de près. Des allers-retours courts, vacances ou déplacements professionnels, ne la rompent pas. La loi ne fixe aucune durée d’absence et l’administration finlandaise juge au cas par cas, sa pratique tenant une absence de l’ordre de deux mois pour suffisante à rompre le séjour. Des séjours réellement distincts ne s’additionnent pas.

Côté français, l’article 4 B pose trois critères de domicile dont un seul suffit à vous rattacher à la France, le foyer, l’activité professionnelle principale ou le centre des intérêts économiques. Son dernier alinéa subordonne expressément ces critères aux conventions internationales.

Quand les deux droits internes vous revendiquent, la convention départage par une cascade qui se lit dans cet ordre, jamais au choix.

  • l’endroit où vous disposez d’un foyer permanent ;
  • le centre de vos intérêts vitaux ;
  • le lieu de votre séjour habituel ;
  • votre nationalité ;
  • faute de quoi, un accord entre les deux administrations.

La règle des trois ans ne vous vise pas

Un citoyen finlandais qui s’en va reste résident fiscal l’année de son départ et les trois années suivantes. Cette règle ne vise que les nationaux, quand vous cessez d’être résident le jour où vous quittez définitivement le pays. La nuance pèse dans un couple mixte, où un conjoint finlandais reste rattaché à son pays après votre propre sortie, à moins de prouver qu’il n’y conserve plus de liens substantiels, preuve qui fait tomber la règle avant son terme.

L’année du départ, et les titres que vous emportez

Deux déclarations se partagent l’année du départ. Une 2042 porte les revenus courant du 1er janvier au jour du déménagement, une 2042-NR ceux de la fin de l’année. Ce découpage fixe l’exercice où vos deux fiscalités se séparent.

Détenteur de titres de sociétés, vous relevez du dispositif de l’article 167 bis, dit exit tax, au-delà de 800 000 euros de titres, ou lorsque votre participation ouvre droit à 50 % des bénéfices sociaux d’une société. Encore faut-il avoir eu votre domicile fiscal en France pendant six des dix années qui précèdent le transfert.

Le sursis de paiement vous est acquis d’office. La notice 2074-ETD range la Finlande dans son cas n° 1, celui des États membres de l’Union européenne, et cette liste se lit, elle ne se déduit d’aucune convention bilatérale. Le calcul de la plus-value latente est traité avec les seuils et le dégrèvement de l’exit tax.

Quels impôts la Finlande prélève-t-elle sur place ?

Salaire, mission courte et forfait des spécialistes étrangers

Votre salaire est imposable là où vous exercez votre emploi. La France ne le garde qu’à trois conditions cumulatives, un séjour finlandais d’au plus 183 jours, un employeur non résident de Finlande, et une rémunération qui ne pèse sur aucun établissement stable finlandais.

Le décompte de ces 183 jours change en 2027. Il se fait sur l’année fiscale jusqu’aux revenus de 2026, puis sur toute période de douze mois commençant ou se terminant dans l’année fiscale considérée : une mission à cheval sur deux années civiles ne se juge donc plus de la même façon.

Dès 2027, le protocole retire aussi cette dispense au prêt de main-d’œuvre. Mis à la disposition d’une entreprise établie en Finlande qui dirige votre travail, sans que votre employeur réponde de son résultat, vous y êtes imposable quelle que soit la durée de la mission. Un examen d’ensemble en décide, sur des indices comme la supervision, le lieu de travail, la facturation, l’outillage et le choix des salariés.

La Finlande réserve par ailleurs un forfait de 25 % au salaire des spécialistes étrangers, contre 32 % jusqu’en 2025, pendant 84 mois au plus. Six conditions l’ouvrent et se cumulent, mais l’enseignant du supérieur et le chercheur au service de l’intérêt général, non d’une personne ou d’une organisation déterminée, sont dispensés du seuil de salaire comme de l’expertise spéciale.

  • un salaire en numéraire d’au moins 5 800 euros par mois ;
  • devenir résident fiscal finlandais dès le premier jour de travail ;
  • une expertise spéciale exigée par le poste ;
  • n’avoir pas été résident fiscal finlandais durant les cinq années civiles précédentes ;
  • un travail accompli pour l’essentiel en Finlande ;
  • demander la carte de retenue dans les 90 jours qui suivent votre premier jour de travail.

Barème d’État 2026 et revenus du capital

Salaires et pensions relèvent, pour 2026, d’un barème d’État à cinq tranches.

Revenu d’activité 2026Taux de l’impôt d’État
Jusqu’à 22 000 euros12,64 %
De 22 000 à 32 600 euros19,00 %
De 32 600 à 40 100 euros30,25 %
De 40 100 à 52 100 euros33,25 %
Au-delà de 52 100 euros37,50 %

Ce barème n’épuise pas la charge. S’y ajoutent un impôt communal, dont le taux varie selon la commune, et un impôt ecclésiastique pour les membres d’une paroisse, le taux marginal le plus élevé sur les revenus d’activité étant ramené à 52 % en 2026.

La Finlande prélève en outre des cotisations d’assurance maladie, qui pèsent aussi sur les pensions, et une taxe de radiodiffusion publique. Les revenus du capital suivent un régime séparé, 30 % jusqu’à 30 000 euros et 34 % au-delà, en 2026 toujours.

Votre affiliation sociale suit l’État où vous travaillez, sauf en détachement

Une seule législation de sécurité sociale vous est applicable à la fois, et le règlement européen de coordination désigne laquelle. Exercer votre activité en Finlande y rattache votre affiliation, sans égard à votre résidence fiscale. Le salarié détaché reste au régime de l’État qui l’envoie, et la pluriactivité relève d’une disposition distincte.

Le premier jour engage aussi votre patrimoine. Acheter un logement sur place déclenche un droit de mutation de 3 % sur un immeuble ou un bâtiment, et de 1,5 % sur des parts de société immobilière d’habitation, forme majoritaire du logement urbain finlandais. Ce logement relève ensuite du seul droit finlandais. L’impôt foncier annuel vous vise pour une maison ou un terrain détenus en direct, mais pèse sur la société d’habitation pour un appartement, son coût pouvant passer dans vos charges.

Ce qui vous sera applicable en Finlande se décide au premier jour du contrat, pas à la première déclaration. Le forfait suppose que vous deveniez résident fiscal finlandais dès le début du travail, et votre affiliation sociale suit l’État où vous exercez, sauf détachement.

Votre pension change-t-elle d’État d’imposition au 1er janvier 2027 ?

Pension privée, retraite de base, pension de fonctionnaire

Sur vos revenus de 2026, l’article 18 réserve à votre seul État de résidence toute pension née d’un emploi passé, et le texte de 1970 ne prévoit aucune clause propre aux pensions de sécurité sociale. Votre retraite de base comme vos complémentaires privées ne sont donc imposables qu’en Finlande.

Une pension de fonctionnaire, de militaire ou d’agent public suit la règle inverse et reste en principe imposable en France, l’État qui la verse. L’article 18 § 2 b la rend toutefois imposable en Finlande seulement dès 2027, si vous y résidez avec la nationalité finlandaise sans la française.

L’article 29 § 5 garde toutefois sous le texte de 1970 la pension publique que vous perceviez déjà, résident de Finlande, le 4 avril 2023. Dès 2027, les services rendus dans le cadre d’une activité d’entreprise d’une personne publique relèvent, eux, du régime des pensions privées.

L’article 17 § 2 et la date du 4 avril 2023

Dès vos revenus de 2027, la pension reste en principe imposable dans votre seul État de résidence. Elle devient imposable dans l’État d’où elle provient dans trois cas alternatifs, dont un seul suffit.

  • vos cotisations ont été déductibles dans cet État ;
  • les cotisations de votre employeur n’y ont pas été imposées ;
  • la pension est servie au titre de sa législation de sécurité sociale, ce qui couvre votre retraite de base française comme vos complémentaires AGIRC-ARRCO, dont le caractère obligatoire résulte de la loi.

Une clause de sauvegarde referme partiellement cette porte. Résidiez-vous déjà en Finlande le 4 avril 2023, en percevant à cette date une pension que le texte de 1970 n’attribuait qu’à votre État de résidence ? Elle y reste imposable seule, tant que vous demeurez en Finlande sans interruption. Le retraité déjà installé et déjà pensionné à cette date n’a donc rien à arbitrer.

Que retient la France sur vos dividendes quand vous vivez en Finlande ?

12,80 % prélevés au versement, puis restitués sur deux formulaires

Jusqu’aux dividendes payés en 2026, l’article 10 § 1 réserve l’imposition à votre État de résidence, ce qui exclut toute retenue conventionnelle française. L’exonération ne s’obtient plus pour autant au versement : depuis le 1er janvier 2026, et pour la Finlande comme pour huit autres États, votre établissement payeur prélève dans tous les cas la retenue interne de 12,80 %, portée à 75 % pour un dividende payé hors de France dans un État ou territoire non coopératif.

L’exonération n’est accordée qu’ensuite, par la Direction des impôts des non-résidents, sur une demande de restitution appuyée des formulaires 5000-FR-SD et 5001-FR, d’une attestation de résidence visée par l’administration finlandaise et d’une attestation sur l’honneur d’absence d’obligation de céder les titres. Une exonération conventionnelle ne se constate donc plus, elle se réclame après coup.

Dès 2027, la convention autorise la France à imposer vos dividendes jusqu’à 15 % de leur montant brut. Un traité plafonne l’impôt sans le créer, et la retenue de 12,80 % que l’article 187 fixe pour une personne physique reste la vôtre tant que la loi ne la relève pas.

Sous ce plafond, elle n’est plus restituable, et la Finlande la déduit de son impôt. Le taux nul que prévoit l’article 10 de la convention vise les seules sociétés bénéficiaires détenant au moins 5 % du capital pendant 365 jours, et ne concerne donc jamais un actionnaire particulier.

Intérêts, cessions de titres et traitement finlandais

Les intérêts que vous verse une source française sont exonérés de retenue par principe, en application de l’article 125 A III, sauf paiement dans un État non coopératif. Les gains de cession de titres, hors immobilier, ne sont imposables que dans votre État de résidence, donc en Finlande. Vos revenus mobiliers français échappent en outre aux prélèvements sociaux dès lors que vous n’êtes plus résident fiscal de France.

Côté finlandais, ces revenus rejoignent le régime du capital, et le dividende d’une société cotée n’y est imposable qu’à hauteur de 85 % de son montant, les 15 % restants étant exonérés. Les sociétés non cotées relèvent d’un régime distinct.

Vos titres logés dans un PEA ou sur un compte-titres ne changent rien à cette règle. L’avantage du plan est une règle française que la Finlande ne reprend pas à son compte, et ce que devient l’enveloppe au moment du départ est traité avec PEA et compte-titres après le départ.

Votre assurance vie française vue depuis la Finlande

Votre contrat français ne devient pas une enveloppe finlandaise en franchissant la frontière. Les revenus de capitaux d’un résident fiscal finlandais relèvent des paliers de 30 % et 34 %, et c’est la qualification finlandaise du contrat qui décide du moment où l’imposition tombe. Ce point, le contrat luxembourgeois et la transmission sont traités avec votre assurance vie française vue depuis la Finlande.

Faut-il garder ou vendre votre bien français en partant pour la Finlande ?

Si vous gardez, des loyers imposés en France puis repris par la Finlande

Les revenus d’un immeuble et les gains tirés de sa vente appartiennent à l’État où il se trouve, et vos loyers français restent donc français, quel que soit le nombre d’hivers passés à Helsinki. Ils supportent un taux minimum de 20 %, porté à 30 % au-delà de 29 579 euros de revenus nets imposables pour les revenus de 2025, sauf taux moyen mondial inférieur justifié.

La Finlande les reprend dans votre revenu mondial, en neutralisant l’impôt français par l’exonération avec taux effectif jusqu’aux revenus de 2026, puis par un crédit. Vendre des parts de société à prépondérance immobilière suit le sort de l’immeuble, dès lors qu’elles tirent plus de 50 % de leur valeur de biens français à un moment quelconque des 365 jours qui précèdent la cession.

Prélèvements sociaux, 17,2 %, 18,6 % ou 7,5 % selon votre affiliation

Ces prélèvements s’arrêtent à vos revenus immobiliers français : ni vos dividendes, ni vos intérêts, ni vos plus-values de titres n’y sont soumis. Comptez 17,2 % en location nue et 18,6 % en meublée non professionnelle depuis les revenus de 2025. Le prélèvement de solidarité de 7,5 % ne leur succède qu’à deux conditions réunies, relever obligatoirement de la sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen, ou de la Suisse, et ne dépendre d’aucun régime français d’assurance maladie.

Pour un retraité, cette affiliation ne se lit pas dans son adresse, le règlement européen la traitant dans des dispositions distinctes, à vérifier avant de revendiquer le taux réduit. Le détachement, le formulaire A1 et l’affiliation des retraités sont détaillés avec les règles de CSG et d’affiliation des expatriés.

Si vous vendez, 19 %, deux exonérations et une dispense de représentant fiscal

Une vente laisse à la France 19 % d’impôt sur le revenu, augmentés des prélèvements sociaux de 17,2 % ou de 7,5 %, jamais de 18,6 %. La durée de détention efface l’impôt au bout de 22 ans, et les prélèvements sociaux au bout de 30. La dispense de représentant fiscal accrédité joue pour tout cédant domicilié dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, comme lorsque la durée de détention a déjà effacé la plus-value.

Cette exonération se gagne à trois conditions cumulatives. Il faut être ressortissant d’un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, ou pouvoir invoquer une clause de non-discrimination. Il faut aussi avoir été domicilié fiscalement en France de manière continue pendant au moins deux ans à un moment quelconque avant la cession, puis vendre dans le délai ouvert. C’est la nationalité qui commande ici, pas la résidence.

Votre ancienne résidence principale échappe à l’impôt si la vente intervient au plus tard le 31 décembre qui suit l’année de votre départ, et si le logement est resté libre de toute occupation. L’exonération plafonnée court plus longtemps, jusqu’au terme de la dixième année suivant le départ, ou tant que vous avez la libre disposition du bien depuis le 1er janvier précédant la vente. Ces deux exonérations se perdent par le calendrier.

Toutes changent de portée en 2027. La Finlande cesse alors d’exonérer vos loyers et votre plus-value française et les impose en déduisant l’impôt français.

Là où celui-ci a été effacé, par la durée de détention comme par l’une des deux exonérations, aucun crédit français ne réduit l’impôt finlandais, qui suit alors ses seules règles. Celles-ci exonèrent la vente d’un logement, même à l’étranger, détenu deux ans au moins et habité comme résidence permanente deux années consécutives pendant cette détention. C’est la date de la vente qui commande, pas celle de l’achat.

Y a-t-il un impôt sur la fortune en Finlande ?

Non. La Finlande ne lève plus d’impôt annuel sur la fortune nette depuis 2006, et le tableau des impôts en vigueur de son administration porte cette ligne comme inutilisée. Subsistent en revanche l’impôt foncier finlandais, le droit de mutation à l’acquisition et l’impôt sur les successions et les donations, qui sont autre chose.

Côté conventionnel, l’article 22 répartit la fortune jusqu’aux impositions de 2026, l’immobilier revenant à l’État où il se trouve et le reste à l’État de résidence. Cette règle s’éteint au 1er janvier 2027, la convention de 2023 ne couvrant que les impôts sur le revenu.

Cette extinction ne change rien à votre exposition française. Un non-résident ne doit l’impôt sur la fortune immobilière que sur ses actifs immobiliers situés en France, et cette limite est posée par le code général des impôts, à son article 964. Elle tient donc au droit interne, pas au traité. Le seul patrimoine qu’un impôt sur la fortune atteint encore dans ce couple d’États reste votre immobilier français.

L’impôt est dû au-delà de 1 300 000 euros de patrimoine immobilier net taxable. Le barème par tranches, la décote et les modalités déclaratives sont exposés avec le barème et la déclaration de l’IFI.

Transmettre : la convention de 1958 couvre votre succession, pas votre donation

Immeubles, meubles, comptes et titres, qui impose quoi au décès

Un traité distinct, signé le 25 août 1958, répartit les droits de mutation par décès entre les deux États. Les immeubles reviennent à l’État où ils se dressent, les meubles corporels à celui où ils se trouvent au décès, et vos titres, comptes et créances au seul État du dernier domicile du défunt. Les biens d’entreprise, ceux d’une profession libérale, les bateaux et les aéronefs suivent des règles propres. Ce domicile se prend au renvoi interne du traité de 1958, jamais à la cascade conventionnelle des résidences.

Chaque État garde le droit de calculer son impôt au taux moyen de l’ensemble des biens transmis. Le droit interne finlandais impose une succession dans trois situations, un héritier qui y réside, un défunt qui y résidait, ou un bien immobilier situé sur son territoire sans autre lien personnel. Entre les deux États, ces rattachements ne jouent que dans les limites de la répartition ci-dessus, et le crédit pour impôt successoral étranger ne vise que les biens qu’elle n’attribue pas à un seul État.

L’impôt successoral finlandais est dû à partir de 30 000 euros en 2026, contre 20 000 euros auparavant, ce seuil s’appréciant sur la part nette reçue, après les abattements finlandais du conjoint survivant et de l’héritier direct mineur. Il court de 7 % à 19 % pour un conjoint, un partenaire enregistré, un descendant ou un ascendant direct, et de 19 % à 33 % pour les autres parents comme pour les personnes sans lien de famille.

La donation reste exposée des deux côtés

Le traité de 1958 ne répartit pas les donations entre particuliers, sa seule réserve visant les organismes publics ou d’intérêt général. Rien ne répartit donc le droit d’imposer, et chacun applique son droit interne. La Finlande taxe dès que le total reçu d’un même donateur atteint 7 500 euros sur trois années glissantes, contre 5 000 euros jusqu’au 31 décembre 2025.

La France taxe sur le fondement de l’article 750 ter, dont le troisième cas vise le donataire domicilié en France six années au cours des dix dernières. L’imputation de l’impôt payé à l’étranger se limite aux biens situés hors de France et aux premier et troisième cas de cet article. La donation reste ainsi le seul acte de transmission que les deux fiscalités peuvent atteindre en entier, un arbitrage à mener avec la donation internationale et l’article 750 ter.

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Les questions les plus posées

Quel est l’impact de l’expatriation en Finlande sur la détention d’une assurance-vie luxembourgeoise ?

Le contrat luxembourgeois offre une neutralité fiscale et s’adapte parfaitement à l’expatriation grâce à la clause de libre prestation de services. La Finlande imposera les rachats selon le régime des revenus du capital (30 % ou 34 %), tout en bénéficiant de la souplesse de gestion d’une enveloppe dédiée.

Quelle est la fiscalité des gains issus de crypto-actifs pour un résident fiscal finlandais ?

L’administration fiscale finlandaise (Verohallinto) assimile les cessions de crypto-actifs à des revenus du capital imposable au taux de 30 % jusqu’à 30 000 € et 34 % au-delà. Aucune exonération pour durée de détention n’est accordée et les pertes sont imputables sur les gains financiers.

La Finlande prélève-t-elle une retenue à la source sur les plus-values de cession d’actions étrangères ?

Non, la Finlande n’applique aucune retenue à la source préalable lors de la vente de titres financiers étrangers non immobiliers. Les plus-values réelles doivent être déclarées lors de la campagne annuelle et réintégrées dans l’assiette globale des revenus du capital.

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