Expatrié au Mexique : Quelle fiscalité pour un non-résident Français ?

Une fois résident fiscal mexicain, vous êtes en principe imposé au Mexique sur vos revenus mondiaux, tandis que certains revenus de source française restent taxables en France. La convention fiscale entre la France et le Mexique détermine alors quel État peut imposer vos salaires, pensions, dividendes, placements ou revenus immobiliers et organise l’élimination des doubles impositions. Immobilier conservé en France, assurance-vie, PEA, IFI, exit tax et succession nécessitent également une analyse spécifique lorsque vous devenez non-résident français.

Les points clés à retenir :

  • La résidence fiscale détermine l’essentiel de votre imposition : le Mexique ne retient pas un simple seuil de 183 jours et la convention franco-mexicaine départage les situations de double résidence.
  • Un résident fiscal mexicain est en principe imposé sur ses revenus mondiaux : salaires, pensions privées, placements et revenus étrangers doivent donc être analysés côté mexicain.
  • Certains revenus restent imposables en France après votre départ : pensions publiques, revenus immobiliers français, certains dividendes et plus-values immobilières conservent une fiscalité française.
  • Votre patrimoine français continue de produire des conséquences fiscales : immobilier, IFI, PEA, assurance-vie et exit tax doivent être examinés avant et après l’expatriation.
  • La transmission reste un sujet franco-mexicain : l’absence d’impôt fédéral mexicain sur les successions n’empêche pas l’application des droits français lorsque les critères du CGI sont remplis.

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Qui taxe quoi quand vous vivez au Mexique ?

RevenuFranceMexiqueCritère
Salaire privé au MexiqueNonOui, 1,92 % à 35 %Lieu de travail, hors mission courte d’un résident de France
Pension privée ou de base, hors PERCotisation maladie seule (3,2 % ou 4,2 %) si soins couverts en séjour en FranceOuiArticle 18
Salaire ou pension publicsOui, seuleNonArticle 19, hors activité industrielle ou commerciale publique
Dividendes françaisRetenue de 12,80 %Oui, plus 10 %Article 10, plafond de 15 %
Immobilier françaisOui, loyers (taux minimum, moyen si plus faible), plus-value (19 %, surtaxe au-delà de 50 000 €) ; prélèvements sociaux 17,2 %, 18,6 % sur loyers meublés non professionnelsOui, crédit plafonnéLieu du bien
Plus-value sur titresNon, hors sociétés immobilières et exit taxOuiRésidence du vendeur

Chaque ligne suppose que la convention vous tient pour résident du Mexique. Vérifiez d’abord ce point, car votre résidence commande toute la répartition. Les principes communs à toutes les destinations se lisent dans la fiscalité de l’expatrié pays par pays, et la convention franco-mexicaine les décline revenu par revenu.

Au Mexique, votre foyer fixe votre résidence fiscale, et la convention attribue chaque revenu qu’elle nomme à l’un des deux États ou aux deux, tandis qu’un revenu sans article propre demande un examen de votre situation. Côté français, restent dus l’impôt sur votre pension de la fonction publique, 12,80 % de retenue sur vos dividendes et l’imposition de vos loyers et plus-values immobilières.

Quand devenez-vous résident fiscal au Mexique ?

Le code fiscal fédéral (article 9) vous tient pour résident mexicain dès que vous établissez au Mexique votre casa habitación. Si vous gardez aussi un tel logement ailleurs, le Mexique vous retient lorsque votre centre des intérêts vitaux s’y trouve. Le texte ne pose aucun seuil de jours, et 183 jours sur place ne font pas de vous un résident.

Ce centre des intérêts vitaux est réputé au Mexique, entre autres cas, quand plus de 50 % de vos revenus totaux de l’année civile y ont leur source, ou quand le centre principal de vos activités professionnelles s’y trouve. Si vous avez aussi la nationalité mexicaine, le code vous présume résident du Mexique sauf preuve contraire.

Que prévoit la convention fiscale entre la France et le Mexique ?

Si vous gardez un foyer en France, les deux États peuvent vous tenir pour résident. L’article 4 de la convention tranche alors dans un ordre fixe, foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, puis nationalité. Binational franco-mexicain, vous n’êtes pas départagé par la nationalité, et les deux administrations décident d’un commun accord. Le logement laissé disponible en France pèse donc plus que votre calendrier.

La page déterminer votre résidence fiscale tranche si la France vous tient encore pour domicilié chez elle. Tenu pour résident du Mexique, vous y êtes imposé sur vos revenus mondiaux, hors salaires et pensions publics réservés à la France. Sur un revenu imposable dans les deux États, le Mexique vous accorde un crédit égal à l’impôt payé en France, plafonné à l’impôt mexicain dû sur ce revenu.

Combien d’impôts paie-t-on au Mexique quand on y travaille ?

Comptez de 1,92 % à 35 % d’impôt sur le revenu mexicain, l’ISR, par un barème annuel progressif dont le taux de 35 % frappe la part de revenu qui dépasse 5 107 703,93 pesos mexicains pour 2026. Résident, vous y êtes soumis sur votre revenu mondial, quelle que soit votre nationalité, par année civile.

Votre salaire est imposable dans l’État où vous exercez l’emploi, et un salarié installé au Mexique et payé pour un travail effectué sur place y est donc imposé. La rémunération que vous verse l’État français, une collectivité territoriale ou une personne morale de droit public française fait exception, imposable en France seule (article 19), hors activité industrielle ou commerciale publique.

Salarié resté résident de France et envoyé en mission au Mexique, vous restez imposé en France seule si la mission réunit trois conditions cumulatives (article 15).

  • Un séjour de 183 jours au plus dans l’État d’exercice sur toute période de douze mois consécutifs.
  • Un employeur qui n’est pas résident de cet État.
  • Une rémunération qui n’est pas à la charge d’un établissement stable ou d’une base fixe qu’il y possède.

En indépendant, vos revenus ne sont imposables que dans votre État de résidence, sauf si vous disposez de façon habituelle d’une base fixe dans l’autre État, ou si vous y séjournez au moins 183 jours pendant l’année fiscale (article 14). Seule la fraction de revenu rattachée à cette base ou à cette activité y est alors imposée.

La loi mexicaine de l’impôt sur le revenu (article 113-E) ouvre une option, le RESICO, si vos activités se limitent au commerce, à une profession libérale ou à la location, seules ou cumulées. Le régime vous est fermé si vous êtes associé, actionnaire ou membre d’une société.

Le RESICO vous est aussi fermé si vous percevez des revenus soumis à un régime fiscal préférentiel. Parmi les revenus assimilés aux salaires, seuls les suivants le ferment.

  • Les honoraires de membre d’un conseil, d’administrateur, de commissaire ou de gérant général.
  • Les honoraires de services rendus pour l’essentiel à un même client dans ses locaux.
  • Les revenus imposés sur option comme des salaires.

Des salaires ou des intérêts perçus en plus ne vous ferment pas l’accès au RESICO, tant que l’ensemble de vos revenus de l’année précédente, salaires et intérêts compris, n’a pas dépassé 3 500 000 pesos. L’impôt devient alors un pourcentage mensuel de 1 % à 2,5 % de vos encaissements, sans aucune déduction.

Au Mexique, déposez votre déclaration annuelle au plus tard le 30 avril de l’année suivante. Elle suppose votre inscription préalable au registre fédéral des contribuables (RFC), que le code fiscal fédéral (article 27) impose à qui doit déposer des déclarations périodiques ou émettre des factures électroniques.

Vous êtes dispensé de déclarer si vous n’avez perçu que des salaires et des intérêts soumis à la retenue mexicaine, dont la somme n’excède pas 400 000 pesos, les intérêts réels n’excédant pas 100 000 pesos. Même sous ces seuils, vous devez déclarer si vous avez perçu un salaire sans cette retenue, quitté votre emploi avant le 31 décembre ou travaillé pour plusieurs employeurs en même temps.

En France, la déclaration 2042 de l’année du départ porte vos revenus du 1er janvier à la date du départ. La 2042-NR ne s’y ajoute que si vous gardez des revenus de source française imposables en France au regard de la convention, et ne porte que ceux-ci, jusqu’au 31 décembre. Votre première année peut ainsi réunir trois déclarations, dont celle d’avril au Mexique.

Votre net en poche dépend de l’ISR retenu par votre employeur et des cotisations du régime social qui couvre votre contrat.

Sans accord de sécurité sociale, qui vous couvre au Mexique ?

Aucun accord bilatéral de sécurité sociale ne lie la France et le Mexique, absent de la liste des accords publiée par le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS). Vos périodes travaillées au Mexique pour un employeur local ne se totalisent donc pas avec vos périodes françaises, et aucun formulaire A1, document européen, ne vous maintient au régime français.

Si votre employeur français vous détache temporairement au Mexique et vous rémunère, vous pouvez rester affilié à la sécurité sociale française. Ce maintien relève d’une admission au détachement de droit interne, jamais d’un droit automatique, et suppose que l’employeur s’engage à payer l’intégralité des cotisations dues. Il dure trois ans au plus, renouvelable une fois.

Le détachement ne vous dispense pas des cotisations qui peuvent exister au Mexique, et une double cotisation reste possible. Recruté sur place par une entreprise mexicaine, vous relevez en revanche de l’Institut mexicain de sécurité sociale (IMSS). Hors détachement, seule une adhésion volontaire, comme la CFE, conserve une couverture française, et une assurance privée peut couvrir vos soins sur place. Comparez les deux offres avant votre départ.

Comment votre retraite française est-elle imposée au Mexique ?

Vos pensions du privé et de base, versées par la CNAV ou l’AGIRC-ARRCO, ne sont imposables qu’au Mexique dès que la convention vous tient pour résident mexicain (article 18), car leur nature compte plus que le pays qui les verse. Elles y entrent dans le barème annuel de l’ISR, avec vos autres revenus.

La loi mexicaine exonère une partie des pensions jusqu’à un plafond, mais cette franchise n’est pas acquise pour une pension française, et un conseiller l’examine avec vous avant votre première déclaration mexicaine. Votre pension de la fonction publique suit la règle inverse de l’article 18, imposable en France seule quels que soient votre nationalité et votre lieu de vie (article 19).

Seules échappent à cette règle inverse les pensions de services rendus dans une activité industrielle ou commerciale de l’État ou d’une collectivité. La pension publique subit la retenue à la source de l’article 182 A, calculée après un abattement de 10 %. Son barème compte trois taux, 0 %, 12 % et 20 %, avec des limites de 17 275 et 50 112 euros pour les sommes payées en 2026.

Les fractions à 0 % et 12 % sont libératoires, et la retenue à 20 % s’impute sur votre impôt sur le revenu, lui-même calculé au taux minimum de l’article 197 A. Vous pouvez lui substituer le taux moyen de l’impôt français calculé sur l’ensemble de vos revenus, français et étrangers, si vous justifiez qu’il est plus faible.

Sans résidence fiscale française, ni CSG, ni CRDS, ni Casa ne frappent plus vos pensions. Une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire reste précomptée si vous gardez la prise en charge de vos soins lors de séjours temporaires en France.

Faute d’accord de sécurité sociale avec le Mexique, cette prise en charge suppose une pension rémunérant au moins quinze ans d’assurance française. Elle ne couvre pas vos soins au Mexique, qui relèvent du régime local, de la CFE ou d’une assurance privée.

Vos années chez un employeur mexicain ne comptent pour votre retraite française que si vous adhérez à l’assurance volontaire vieillesse. Elle vous est ouverte si vous avez relevé, pendant une durée minimale, d’un régime obligatoire français d’assurance maladie, et ne vous dispense pas des cotisations dues au Mexique.

Un plan d’épargne retraite individuel, facultatif, n’est pas une pension de sécurité sociale, et l’article de la convention dont il relève s’examine avec un conseiller avant le premier retrait. Pour le visa, la ville, le coût de la vie et la santé, consultez le reste de votre projet de retraite au Mexique.

Que prélèvent la France et le Mexique sur vos dividendes et placements français ?

Un dividende de société française que vous percevez en résident du Mexique, comme personne physique bénéficiaire effectif, est imposé des deux côtés. La France retient 12,80 % à la source, un taux inférieur au plafond de 15 % que lui laisse la convention (article 10). Le Mexique ajoute ce dividende à vos autres revenus, au barème de l’ISR, et y applique un impôt additionnel de 10 %, définitif.

Ces 10 % portent sur le dividende effectivement distribué, et vous les versez vous-même au plus tard le 17 du mois suivant sa perception. La retenue française vous ouvre au Mexique un crédit plafonné à l’impôt mexicain dû sur ce revenu. Avant la première distribution, demandez à un conseiller si ce crédit s’impute aussi sur l’impôt additionnel.

En France, déclarez vos dividendes quel que soit leur montant si vous y déposez une déclaration pour d’autres revenus, vos loyers ou votre pension publique par exemple. S’ils sont vos seuls revenus français, ils ne se déclarent qu’au-delà de 250 000 euros, ou de 500 000 euros pour un couple imposé en commun.

Vos intérêts de source française sont exonérés en France par principe (article 125 A du code général des impôts) et ne se déclarent pas, sauf paiement dans un État ou territoire non coopératif, où un prélèvement de 75 % s’applique.

Vos plus-values sur actions, obligations et parts non immobilières ne sont imposables qu’au Mexique (article 13 de la convention), hors sociétés à prépondérance immobilière et hors exit tax. Le gain d’actions cédées en bourse mexicaine supporte un impôt définitif de 10 %, comme celui d’une action française inscrite au SIC de cette bourse, même vendue par votre banque française. Non inscrite, l’action suit les règles générales de l’ISR.

Aucun prélèvement social français ne frappe ces revenus mobiliers, ni vos dividendes, ni vos intérêts, ni vos plus-values sur titres. Votre assurance vie française reste soumise, sur les produits d’un rachat, au prélèvement obligatoire et libératoire de l’article 125-0 A, sans prélèvements sociaux.

Au Mexique, le gain tiré d’un rachat entre dans votre revenu imposable. La loi mexicaine exonère sous conditions d’âge et de durée les sommes versées par un assureur au titre d’une assurance en cas de vie, mais cette exonération n’est pas acquise pour un contrat souscrit auprès d’un assureur français. Faites trancher ce point par un conseiller avant tout rachat, contrat en main.

Que devient votre bien immobilier en France quand vous vivez au Mexique ?

Vos loyers et la plus-value d’un immeuble situé en France restent imposables en France (articles 6 et 13 de la convention). L’attribution n’est pas exclusive, car le Mexique impose aussi ces revenus dans votre revenu mondial, avec un crédit plafonné à son propre impôt sur ce revenu.

Comptez 17,2 % de prélèvements sociaux sur vos loyers de location nue et sur la plus-value, et 18,6 % sur une location meublée non professionnelle depuis l’imposition des revenus 2025. Le taux de 7,5 % suppose une affiliation à un régime obligatoire de l’EEE ou de la Suisse, sans prise en charge française, et la page les prélèvements sociaux du non-résident tranche donc votre cas à 17,2 % ou 18,6 %.

À la vente, la plus-value supporte le prélèvement de 19 % de l’article 244 bis A, les prélèvements sociaux et, au-delà de 50 000 euros de plus-value imposable, une surtaxe de 2 % à 6 %. La durée de détention l’exonère d’impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.

17,2 %Prélèvements sociaux sur vos loyers en location nue

19 %Prélèvement sur la plus-value immobilière

150 000 €Plafond de plus-value exonérée d’un logement, réservé au ressortissant de l’UE sous conditions

Votre nationalité française vous ouvre l’exonération de la plus-value d’un logement dans la limite de 150 000 euros de plus-value nette imposable, pour une seule résidence, car elle vise les ressortissants de l’Union européenne et non les résidents. Vérifiez que vous remplissez ses quatre autres conditions, toutes cumulatives.

  • Une résidence fiscale en France continue d’au moins deux ans, à un moment quelconque avant la cession.
  • Une vente au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant votre départ, ou sans délai si vous avez la libre disposition du bien depuis au moins le 1er janvier de l’année précédente.
  • Une détention directe du logement.
  • Aucun recours antérieur à l’exonération de l’ancienne résidence principale, pour une cession réalisée depuis 2019.

Votre ancienne résidence principale, celle que vous occupiez à la date du départ, est exonérée de toute imposition de la plus-value, prélèvements sociaux compris, si vous la vendez au plus tard le 31 décembre de l’année suivant votre départ. Le logement ne doit pas avoir été loué ni prêté entre-temps, et vous ne devez pas avoir déjà utilisé l’exonération de 150 000 euros.

Pour vendre depuis le Mexique, vous devez en principe désigner un représentant fiscal accrédité, puisque la dispense générale ne vaut que pour un vendeur domicilié dans l’Union européenne, en Islande ou en Norvège. Trois cas vous en dispensent d’office, sans aucune demande de votre part.

  • Un prix de cession de 150 000 euros au plus, apprécié par cédant.
  • Une plus-value totalement exonérée par la durée de détention, à l’impôt sur le revenu comme aux prélèvements sociaux.
  • La vente de votre ancienne résidence principale exonérée au titre de l’article 244 bis A.

Vivre au Mexique vous ferme donc les règles réservées à l’Europe, taux de 7,5 % et dispense générale de représentant fiscal. L’exonération de votre ancienne résidence principale vous reste pourtant ouverte, car le Mexique est lié à la France par l’assistance administrative et l’assistance au recouvrement, et absent de la liste des États non coopératifs.

Bon a savoir : pour le seuil de 150 000 euros qui dispense de représentant, un couple marié, quel que soit son régime matrimonial, ou pacsé et imposé en commun forme un seul cédant, apprécié sur la totalité du prix. Le plafond de 150 000 euros de plus-value exonérée s’apprécie, lui, sur la quote-part de chaque époux ou partenaire pacsé vendant conjointement. Vérifiez-les avec le notaire avant de fixer le prix.

Qui taxe la revente et les loyers d’un logement au Mexique ?

La revente de votre casa habitación au Mexique est exonérée si le prix obtenu n’excède pas 700 000 UDIS et si l’acte est passé devant un officier public, le fedatario público. Au-delà, l’excédent est imposable. Comparez donc ce plafond au prix de vente, jamais à votre gain.

L’exonération suppose aussi qu’aucune autre résidence n’ait été vendue en exonération dans les trois ans. Elle tombe si vous ne portez pas la vente dans votre déclaration annuelle alors que vos revenus de l’année, exonérés compris, dépassent 500 000 pesos.

Les loyers d’un bien situé au Mexique entrent, eux, dans votre revenu imposable mexicain, au barème de l’ISR ou, sur option, par le RESICO. Ce régime de l’article 113-E, ouvert jusqu’à 3 500 000 pesos de revenus de l’année précédente et fermé à l’associé, à l’actionnaire ou au membre d’une société, taxe un pourcentage mensuel de vos loyers encaissés, sans aucune déduction.

Quelles règles françaises vous suivent au Mexique ?

L’IFI vous reste dû si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 euros au 1er janvier, calculé alors dès 800 000 euros au barème de 0,5 % à 1,5 %. Il porte sur vos immeubles situés en France et sur vos parts de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière française, sans clause sur la fortune dans la convention. La page l’IFI du non-résident tranche donc votre cas comme celui de tout non-résident, sans règle propre au Mexique.

L’exit tax vise votre départ si vous avez été domicilié en France au moins six des dix années précédentes. Elle s’applique quand les titres de votre foyer fiscal dépassent 800 000 euros en valeur globale ou représentent au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société.

L’impôt est dégrevé d’office si vous gardez ces titres deux ans, cinq ans au-delà de 2 570 000 euros. Revendus après votre installation, ces titres dégagent une plus-value imposable au Mexique. La valeur d’acquisition que retiendra le fisc mexicain, dont dépend le risque d’imposer deux fois la même plus-value, s’examine avec un conseiller avant le départ.

Le Mexique figure dans la liste de la notice 2074-ETD de 2026, qui ouvre le sursis de paiement automatique aux départs de 2025. Parti en 2025, vous différez donc l’impôt sans option à exercer, dans le cadre de l’exit tax et son sursis de paiement. Pour un départ en 2026, relisez la liste du millésime 2027, pas encore publiée.

Ce sursis automatique ne vous dispense pas de la déclaration d’exit tax. Déposez le formulaire 2074-ETD, sur papier, au service des impôts dont dépendait votre domicile en France, l’année qui suit celle de votre départ et en même temps que votre déclaration de revenus.

Votre PEA reste ouvert, car seul un départ vers un État ou territoire non coopératif le clôt, et le Mexique n’est pas sur cette liste. Un retrait avant cinq ans clôt en principe le plan, sauf création ou reprise d’entreprise, licenciement, invalidité ou retraite anticipée.

Le gain net que vous réalisez en non-résident échappe à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux français. Cette exonération ne lie pas le Mexique, où les gains et dividendes du plan restent imposables, et un conseiller vérifie avec vous, avant tout retrait, à quel moment le fisc mexicain les saisit.

Pourquoi l’absence d’impôt successoral au Mexique ne protège-t-elle pas vos héritiers ?

Aucune convention sur les successions ou les donations ne lie la France et le Mexique. Côté mexicain, l’héritage est exonéré d’ISR, comme les dons entre époux et des parents aux descendants en ligne directe, quel que soit leur montant. L’héritier doit toutefois déclarer l’héritage dès que ses revenus de l’année, exonérés compris, dépassent 500 000 pesos, sinon l’exonération tombe.

Les dons que des parents reçoivent de leurs enfants sont exonérés sans plafond, tant qu’ils ne vendent ni ne redonnent les biens à un autre descendant en ligne directe. Les autres dons deviennent un revenu imposable au-delà d’un plafond annuel. Au niveau local, le code fiscal de la Ville de Mexico soumet aussi à son impôt sur l’acquisition d’immeubles le bien reçu par succession ou donation, avec un taux nul sous conditions pour certains héritiers.

Côté français, l’article 750 ter du code général des impôts retient trois cas de taxation, et chacun peut toucher votre famille après votre installation au Mexique. Repérez celui qui vous concerne.

  • Un défunt ou un donateur domicilié en France, sur l’ensemble de ses biens.
  • Vos biens situés en France, titres et comptes compris, même si vous vivez au Mexique.
  • Les biens reçus par un héritier ou un donataire domicilié en France, s’il l’a été au moins six des dix dernières années.

L’article 784 A n’impute sur les droits français qu’un impôt étranger acquitté sur des biens situés hors de France, dans le premier et le troisième cas. Aucun impôt fédéral mexicain sur les successions ne vient s’y imputer, et l’imputation d’un impôt local sur un immeuble mexicain n’est pas acquise. Chiffrez donc les droits français sans compter sur elle, tant que vous pouvez encore choisir comment détenir et transmettre vos biens.

Ce que vérifie le conseiller

  • La résidence retenue l’année du départ (foyer conservé en France ou non, date d’entrée dans la casa habitación, déclarations 2042, 2042-NR et déclaration annuelle mexicaine).
  • Le rattachement de chacun de vos revenus français à la convention (pension du privé ou publique, PER individuel, rachats d’assurance vie, dividendes).
  • Le sort de votre patrimoine resté en France (IFI, vente avec ou sans représentant fiscal, exit tax et sursis, droits que paieront vos héritiers).

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Les questions les plus poséees

Peut-on déduire au Mexique un impôt payé dans un autre pays ?

Un résident fiscal mexicain peut sous conditions, imputer certains impôts sur le revenu acquittés à l’étranger sur l’ISR mexicain correspondant aux mêmes revenus. Le mécanisme est encadré par l’article 5 de la loi mexicaine sur l’impôt sur le revenu.

Un Français peut-il acheter librement un logement sur la côte mexicaine ?

Pas directement dans la zona restringida, qui couvre notamment les 50 kilomètres depuis les côtes et les 100 kilomètres depuis les frontières. Pour un usage résidentiel, un étranger passe généralement par un fideicomiso bancaire, autorisé pour une durée pouvant atteindre 50 ans.

Peut-on déduire ses frais médicaux de son impôt au Mexique ?

Oui. Certaines dépenses médicales, dentaires, hospitalières, de psychologie ou de nutrition peuvent être déduites de la déclaration annuelle lorsqu’elles respectent les conditions du SAT, notamment en matière de facture et de moyen de paiement. Les déductions personnelles sont soumises à des plafonds.

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