Retraite aux Philippines : Tout ce qu’il faut savoir avant de s’expatrier

Prendre sa retraite aux Philippines nécessite d’anticiper les conditions de résidence, la fiscalité de vos pensions françaises, votre couverture santé et la gestion de votre patrimoine. Le visa de résident retraité SRRV permet une installation durable sous conditions d’âge et de dépôt bancaire, tandis que les règles fiscales et sociales varient selon la nature de vos revenus et votre situation personnelle. De la demande de visa aux démarches consulaires, ce guide présente les obligations à connaître, les coûts à prévoir et les décisions patrimoniales à prendre avant votre expatriation.

Les points clés à retenir :

  • Visa retraite : le SRRV permet de s’installer durablement aux Philippines dès 40 ans, avec un dépôt bancaire de 15 000 à 50 000 USD selon votre profil.
  • Fiscalité : les pensions françaises issues des régimes obligatoires restent en principe imposables en France, même après votre expatriation.
  • Couverture santé : votre retraite française ne couvre pas vos soins aux Philippines. Une assurance adaptée doit être prévue avant le départ.
  • Coût de la vie : le budget nécessaire dépend de votre lieu de résidence, de votre mode de vie et de vos dépenses de santé.
  • Gestion du patrimoine : votre installation modifie le cadre fiscal de vos placements et de votre transmission. Ces conséquences doivent être anticipées.

Préparer votre retraite à l’étranger implique aussi de repenser vos placements et vos futurs revenus. Nos conseillers vous accompagnent dans l’identification des solutions patrimoniales adaptées à votre projet d’expatriation. Je réserve mon créneau !

Pourquoi prendre sa retraite aux Philippines ?

Les Philippines attirent souvent des retraités français pour leur climat tropical, la proximité de la mer et un coût de la vie perçu comme plus bas qu’en France. Ce coût varie pourtant d’une ville à l’autre et dépend surtout de votre train de vie. Aucun chiffre officiel ne permet de le résumer en un montant mensuel fiable.

Avant de retenir l’archipel, comparez-le aux autres destinations sur les mêmes postes, et non sur une impression de vacances. Le droit de rester, l’impôt sur votre pension, l’accès aux soins et le sort de votre patrimoine pèsent davantage qu’un loyer. Pour situer les Philippines dans cette comparaison, appuyez-vous sur les critères pour choisir son pays de retraite, qui valent pour toute destination.

Jugez enfin votre budget sur la pension nette, après la retenue à la source française et la cotisation d’assurance maladie. La pension de 800 dollars par mois citée pour le SRRV n’est ni un budget de vie ni une condition d’accès au visa. Elle ouvre seulement le dépôt réduit du pensionné, le visa restant accessible sans pension contre le dépôt plus élevé du non-pensionné.

Faut-il un visa pour vivre aux Philippines à la retraite ?

Pour vous installer durablement aux Philippines, il vous faut un visa de résident, et celui propre aux retraités est le SRRV. Ce visa s’ouvre dès 40 ans, contre un dépôt bancaire, et se demande sur place, avec une présence continue pendant 30 à 45 jours ouvrés d’instruction.

Pour un séjour touristique, vous entrez aux Philippines sans visa préalable, pour 30 jours au plus à compter de l’arrivée, sur présentation d’un billet de retour ou de continuation. Dans les 72 heures qui précèdent chaque arrivée aux Philippines, et jamais avant, remplissez en ligne le formulaire eTravel, dont le QR code est exigé à l’embarquement puis à l’arrivée. Au départ du territoire, il ne s’impose qu’aux passagers de nationalité philippine.

Sur place, une première prolongation de 29 jours au plus, accordée par le Bureau of Immigration contre une taxe de 3 030 pesos, porte votre séjour à 59 jours. Une demande tardive coûte une amende de 1 000 pesos. Le même service accorde ensuite d’autres prolongations, dans la limite de 36 mois pour un Français dispensé de visa, avec la carte d’étranger ACR I-Card au-delà de 59 jours.

Pour une installation durable, déterminez avant le départ le visa de résident adapté à votre projet, auprès de l’ambassade ou d’un consulat des Philippines en France. Rester au-delà de la durée autorisée expose à une amende et à une interdiction de sortie du territoire. Marié à un citoyen philippin, vous pouvez aussi demander un visa d’immigrant hors quota, distinct du SRRV, à comparer à ses conditions.

Le SRRV, lui, s’ouvre au demandeur principal âgé d’au moins 40 ans. Votre conjoint et vos enfants célibataires de moins de 21 ans à charge peuvent vous suivre sur le même dossier. La demande se dépose aux Philippines, et vous devez y rester physiquement présent pendant toute l’instruction, qui prend 30 à 45 jours ouvrés à compter d’un dossier complet.

Planifiez donc votre premier voyage comme un séjour long. Votre entrée sans visa préalable suffit pour déposer le SRRV sur place, mais l’instruction dépasse les 30 jours du tampon d’entrée et peut dépasser aussi les 59 jours de la première prolongation. Demandez chaque prolongation au Bureau of Immigration avant l’expiration de votre séjour autorisé. Si vous prenez un visa touriste avant de partir, vérifiez qu’il ne porte pas la mention « No Conversion », qui ferme la demande directe.

Combien coûte le visa retraite SRRV aux Philippines ?

Le dépôt exigé pour l’option Classic du SRRV dépend de votre âge et de la preuve d’une pension. La grille publiée en août 2025 par la Philippine Retirement Authority (PRA), l’organisme philippin chargé des retraités étrangers, fixe quatre montants, virés depuis l’étranger sur une banque agréée par la PRA.

Profil du demandeur40 à 49 ans50 ans et plus
Pensionné (preuve de pension)25 000 USD15 000 USD
Non-pensionné50 000 USD30 000 USD

Ce dépôt couvre trois demandeurs, et chaque personne à charge au-delà de deux ajoute 15 000 USD. Le tarif pensionné suppose une pension d’au moins 800 USD par mois pour un demandeur seul, ou 1 000 USD pour une famille, justifiée par des documents apostillés ou légalisés. Ce dépôt vous est restitué à l’annulation du SRRV par le Bureau of Immigration, sur demande déposée à la PRA.

Prévoyez aussi les frais versés à la PRA. Le dossier coûte 1 500 USD pour le demandeur principal et 300 USD par personne à charge. L’option Classic entraîne ensuite des frais annuels de 360 USD, majorés de 100 USD par personne à charge au-delà de deux, à inscrire dans votre budget pour toute la durée de votre séjour.

Bon a savoir

Les frais de dossier de 1 500 USD ne sont pas remboursés si vous abandonnez la demande. Avant de les verser, assurez-vous que votre calendrier vous permet de rester sur place pendant les 30 à 45 jours ouvrés d’instruction, et que vos pièces apostillées seront encore valables au dépôt du dossier.

Le dossier réunit aussi des pièces dont la validité est courte, ce qui impose de caler leur obtention sur la date de votre départ. Réunissez des photos d’identité et les documents suivants, en distinguant ce qui vaut pour chaque demandeur de ce qui ne vise que les adultes ou la famille, la PRA pouvant en exiger d’autres.

  • Un certificat médical exigé par la PRA pour chaque demandeur, enfants compris, valable six mois.
  • Pour vous-même, votre conjoint et chaque personne à charge de 18 ans et plus, un extrait de casier judiciaire du pays d’origine ou de dernière résidence, de moins de six mois, apostillé et traduit en anglais.
  • Pour ces mêmes personnes, une clearance du NBI, le bureau national d’enquête philippin, si elles ont séjourné 90 jours ou plus aux Philippines avant la demande.
  • Un certificat d’absence d’opposition du Bureau of Immigration, le BICC.
  • Pour votre conjoint et vos enfants, la preuve du lien familial, acte de mariage, de naissance, d’adoption ou de garde, apostillée et traduite.

Dans la grille, le statut de pensionné divise le dépôt par deux, de 30 000 à 15 000 USD à 50 ans et plus, et de 50 000 à 25 000 USD entre 40 et 49 ans. La preuve de pension apostillée devient la première pièce à réunir en France, avec le casier judiciaire apostillé. Demandez-la à vos caisses avant de réserver votre vol.

  • 40 ans : âge minimum du demandeur principal du SRRV
  • 15 000 USD : dépôt Classic d’un pensionné de 50 ans et plus
  • 1 500 USD : frais de dossier du demandeur principal
  • 360 USD : frais annuels de l’option Classic

Où vivre aux Philippines quand on est retraité ?

Aucun classement de villes ne remplace deux vérifications que vous pouvez faire vous-même avant de signer un bail. La première porte sur la carte de vigilance de France Diplomatie, qui classe en zone formellement déconseillée la région autonome musulmane de Mindanao, la BARMM, ainsi que des îles du sud et l’ouest de Mindanao. D’autres provinces de Mindanao, dont Davao, y sont déconseillées sauf raison impérative. Consultez-la pour la ville visée comme pour les trajets que vous ferez régulièrement.

La seconde tient aux risques naturels. La période cyclonique s’étend généralement de mai à décembre, et France Diplomatie recommande de vérifier que le logement protège des vents et des fortes pluies. France Diplomatie y ajoute un risque de séismes de très forte magnitude sur tout le territoire. Interrogez le bailleur sur la construction et l’exposition du bâtiment, puis visitez si possible le logement pendant la période cyclonique plutôt qu’en saison sèche.

D’autres critères méritent d’être vérifiés sur place, en particulier la distance jusqu’à un hôpital de référence et jusqu’à un aéroport international. Pour un retraité, ces deux trajets pèsent au moins autant que le quartier ou la vue. Que vous pensiez à Makati, à Cebu City ou à une ville de province, posez les mêmes questions à chaque adresse, sans vous fier à une réputation.

Ne signez donc un bail long qu’une fois ces vérifications faites sur place. Pour un premier séjour, une location de courte durée vous laisse le temps d’éprouver le logement et le quartier pendant la période cyclonique. Engagez-vous ensuite dans la ville qui a passé ces tests, plutôt que dans celle qu’on vous a recommandée.

Si vous préférez acheter plutôt que louer, la loi sur la copropriété vous ouvre un appartement dont les parties communes appartiennent à une société, sous plafond de participation étrangère. Un terrain reste en revanche interdit à l’étranger, hors succession légale, sauf à l’ancien citoyen philippin de naissance, qui peut en acquérir un dans les limites fixées par la loi.

Titulaire du SRRV Classic, vous pouvez demander à la PRA d’approuver l’emploi de votre dépôt pour un lot de copropriété d’une valeur d’au moins 50 000 USD en contre-valeur pesos. Le dépôt règle alors le seul dernier paiement, au plus tôt 30 jours après la délivrance du SRRV, et à condition que le solde restant dû ne le dépasse pas. La vente de ce lot reste ensuite soumise à l’accord de la PRA.

Où est imposée votre retraite française quand vous vivez aux Philippines ?

Une installation aux Philippines ne déplace pas l’impôt de la même façon pour toutes vos pensions. La convention fiscale franco-philippine distingue plusieurs familles, et la notice fiscale 2041-E range tous les régimes obligatoires français, Agirc-Arrco compris, dans la sécurité sociale. Identifiez la famille de chacune de vos pensions avec le tableau suivant.

PensionÉtat qui imposeTexte qui décide
Retraite de base (CNAV, MSA) et complémentaires obligatoires, Agirc-Arrco compriseFranceConvention, article 18, paragraphe 2
Pension publique (État, collectivités, personnes morales de droit public)France, sauf activité industrielle ou commerciale de l’entité publiqueConvention, article 19, paragraphes 2 et 3
Pension privée hors régime obligatoire et rente servie au titre d’un emploi antérieurFrance si l’organisme payeur y est établi et que la résidence au sens de la convention vous est refusée, sinon les Philippines, qui ne l’imposent pas chez un étrangerConvention, articles 4 et 18, paragraphe 1
Rente viagère constituée à titre onéreux, comme la sortie en rente d’un contrat d’épargneFrance, comme État de la source, si un débiteur établi en France la sertConvention, article 22
Toute pension d’un retraité qui a aussi la nationalité philippine et réside aux PhilippinesPhilippines en plus, l’impôt français ouvrant un crédit plafonnéConvention, article 23

La pension publique connaît une exception. Versée au titre d’une activité industrielle ou commerciale d’une entité publique, elle suit l’article 18, comme une pension de salarié. Hors ce cas, l’article 19 ne pose aucune condition de nationalité, et une pension de fonctionnaire ou d’agent public reste imposable en France.

Pour les pensions que la France conserve, l’impôt se prélève par une retenue à la source sur la pension versée depuis la France. Pour les pensions versées en 2026, son barème annuel est de 0 % jusqu’à 17 275 euros, de 12 % au-delà de 17 275 euros et jusqu’à 50 112 euros, et de 20 % au-delà de 50 112 euros, en montant net imposable.

Cette retenue ne vous dispense pas de déclarer chaque année vos revenus de source française. Elle solde l’impôt sur la fraction couverte par les tranches à 0 et 12 %. Au-delà, la fraction restante est imposée au barème progressif avec le taux minimum des non-résidents, sauf option pour votre taux moyen s’il est plus favorable, et la retenue déjà prélevée vient en déduction.

Si plusieurs caisses vous versent une pension, prévoyez un ajustement. Comme l’établit la page sur la fiscalité d’un expatrié aux Philippines, chaque caisse prélève la retenue sur ses seuls versements alors qu’elle se calcule sur l’ensemble de vos revenus, et une retenue complémentaire peut alors être due.

Côté philippin, le code des impôts, le NIRC, n’impose un étranger, résident ou non, que sur ses revenus de source philippine. Votre pension française échappe donc à l’impôt philippin par l’effet de cette loi, et non du SRRV, quelle que soit la durée de votre séjour.

Avec la nationalité philippine, la règle s’inverse. Résident, vous êtes imposé aux Philippines sur vos revenus mondiaux, car la convention les laisse imposer leurs citoyens selon leur droit interne. L’impôt payé en France y ouvre alors un crédit, plafonné à l’impôt philippin correspondant.

Pour la pension privée et la rente servie au titre d’un emploi antérieur, l’article 18 désigne l’État de résidence. L’article 4 refuse pourtant la qualité de résident à la personne imposée dans un État sur ses seuls revenus de source locale, ce qui décrit à la lettre l’étranger installé aux Philippines. Cette qualité ne vous est donc pas acquise, et aucun justificatif ne l’établit.

Le Commentaire de l’OCDE vise lui aussi à exclure les personnes qui ne sont pas imposables sur l’ensemble de leurs revenus. Si la qualité de résident vous est refusée, ces pensions restent imposables en France comme revenus de source française d’un non-résident, lorsque l’organisme qui les verse y est établi, retenue à la source comprise. Une pension privée imposée nulle part supposerait une résidence conventionnelle reconnue.

Une rente viagère constituée à titre onéreux, comme la sortie en rente d’un contrat d’épargne, ne relève pas de l’article 18. Elle entre dans les revenus non visés de l’article 22, que la France peut aussi imposer comme État de la source lorsque la rente est servie depuis la France.

La page consacrée à la fiscalité d’un expatrié aux Philippines traite aussi l’exit tax, qui peut concerner un détenteur de titres au moment du départ, ainsi que les déclarations à déposer l’année du départ. Vérifiez ces deux points avant de quitter la France, en même temps que la qualification de chacune de vos pensions.

Pour la retraite de base, les complémentaires obligatoires et la pension publique, s’installer aux Philippines ne déplace donc pas l’impôt, dû en France par la retenue et la déclaration annuelle. La pension privée et la rente d’un emploi antérieur versées par un organisme établi en France y restent aussi imposables tant que votre résidence conventionnelle n’est pas reconnue. Dans aucun cas les Philippines n’imposent ces pensions d’un étranger.

Quelle couverture santé pour un retraité français aux Philippines ?

La France et les Philippines sont liées par une convention de sécurité sociale du 7 février 1990, en vigueur depuis le 1er novembre 1994, qui coordonne les pensions de vieillesse et de survivants des salariés. Si vous avez été salarié dans les deux pays, chaque État verse la pension de ses périodes, en totalisant les durées si besoin, et votre pension française vous suit aux Philippines.

Cette convention ne coordonne pas l’assurance maladie, et aucun soin reçu aux Philippines n’est remboursé au titre de votre retraite française. Pour vos soins sur place, la CFE, ouverte aux Français et, sous conditions, aux ressortissants de l’Union européenne, se met en balance avec une assurance privée. L’adhésion reste volontaire et se compare garantie par garantie, conclut la page sur l’adhésion à la Caisse des Français de l’étranger.

Ces deux couvertures ne sont pas les seules. Une circulaire de 2017 de PhilHealth, l’assurance maladie publique philippine, ouvre l’affiliation au titulaire du SRRV, demandée par l’intermédiaire de la PRA. Elle exclut le remboursement des hospitalisations hors des Philippines. Vérifiez auprès de la PRA que cette voie reste ouverte, et à quel coût, avant de l’intégrer à votre couverture.

Lors de vos séjours temporaires en France, vos soins sont pris en charge si votre pension rémunère au moins 15 ans d’assurance et qu’elle est servie par un régime de base français. Vous ne devez exercer aucune activité professionnelle, et une hospitalisation de plus d’un mois exige un accord préalable. Votre conjoint non titulaire d’une pension n’est pas couvert, vos enfants mineurs le sont.

Retraité du régime général non adhérent à la CFE, demandez en ligne votre pré-inscription au CNAREFE, qui vous affilie et paie ces soins. Adhérent à la CFE, vous adressez vos demandes de remboursement des soins reçus en France à la CPAM de Seine-et-Marne.

Côté prélèvements, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus dues sur votre pension une fois votre résidence fiscale hors de France. Si vous restez à la charge d’un régime français d’assurance maladie, une cotisation est précomptée à la place, à 3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire. Les retraités d’un régime d’indépendant paient 7,1 %.

Vous financez donc deux postes santé distincts. La cotisation maladie couvre vos soins lors des séjours en France, et la couverture sur place, CFE, assurance privée ou PhilHealth, s’y ajoute. Vérifiez aussi la protection de votre conjoint, qui ne bénéficie pas de la prise en charge en France s’il n’est pas lui-même titulaire d’une pension.

Comment préparer son patrimoine avant de partir aux Philippines ?

Votre épargne se regarde avant le départ, et un contrat d’assurance vie ou de capitalisation peut servir d’enveloppe socle. Sur l’assurance vie d’un expatrié aux Philippines, tout dépend de l’assureur. Avec un assureur français, la part de produits comprise dans vos rachats de non-résident subit par défaut la retenue à la source française, et non les sommes que vous avez versées sur le contrat.

Avec un assureur luxembourgeois, le Luxembourg ne prélève aucune retenue à la source, et dans les deux cas les Philippines n’imposent pas ces produits de source étrangère chez un résident étranger.

Pour le reste de votre épargne, la diversification se fait de préférence à l’intérieur de cette enveloppe plutôt qu’en multipliant les comptes. La page sur les placements adaptés au retraité expatrié tranche : l’enveloppe se choisit d’abord, les supports ensuite, en fonction de votre horizon et de vos revenus.

Votre installation change surtout la donne pour la transmission. Les Philippines appliquent un impôt successoral de 6 % sur l’actif net de tout défunt, résident ou non. Pour un résident, l’assiette comprend tous ses biens, où qu’ils soient situés, France comprise. Seul le défunt à la fois non résident et non citoyen voit l’impôt limité à ses biens situés aux Philippines.

Un abattement standard de 5 000 000 pesos s’applique sur l’actif brut successoral d’un résident. L’impôt successoral payé à un État étranger vient ensuite en déduction de l’impôt philippin, plafonné à la fraction de cet impôt qui correspond à la part de l’actif net située dans cet État. Faites vérifier que les droits de succession français ouvrent ce crédit avant de l’intégrer à vos calculs.

Les donations n’y échappent pas. Une fois résident des Philippines, vous y êtes imposé à 6 % sur le total de vos dons de l’année civile au-delà de 250 000 pesos, où que soient situés les biens donnés. La convention fiscale franco-philippine ne vise que les impôts sur le revenu, et ne règle ni la succession ni la donation.

Côté français, les droits de succession restent dus sur vos biens situés en France, quel que soit votre domicile. Selon l’administration fiscale, l’héritier domicilié en France au jour de la transmission et au moins six des dix années précédentes y est aussi imposé sur vos biens situés hors de France. La page sur la fiscalité d’un expatrié aux Philippines détaille le reste du versant français.

Organisez donc votre transmission avant l’installation. Tant que vous n’êtes ni résident ni citoyen des Philippines, une donation de biens situés hors de l’archipel reste hors de l’impôt philippin sur les donations. Arbitrez avant le départ ce que vous donnez et ce qui restera dans votre succession, en intégrant le versant français de chaque opération.

Où trouver l’ambassade et le consulat de France aux Philippines ?

L’ambassade de France aux Philippines se trouve à Makati, au 21e étage de la tour 2 d’Ayala Triangle Gardens, à l’angle de Paseo de Roxas et de Makati Avenue. Sa section consulaire occupe la même adresse et reçoit de 8 h 30 à 12 h, uniquement sur rendez-vous, pris par le formulaire de contact du site de l’ambassade.

La section consulaire valide votre inscription au registre des Français établis hors de France, que vous demandez en ligne, et vous reçoit sur rendez-vous si vous ne pouvez pas la faire à distance. Une fois l’inscription validée, le certificat d’inscription et de résidence se télécharge dans votre espace personnel en ligne.

Hors de Manille, une agence consulaire tenue par un consul honoraire existe à Cebu City, au M. Lhuillier Building, dans la North Reclamation Area. Une permanence d’urgence fonctionne hors horaires pour les décès et les arrestations.

Le certificat de vie, lui, ne demande aucun déplacement à Makati. Comme le rappelle la page sur les démarches pour percevoir sa retraite à l’étranger, c’est la pièce annuelle que vos caisses réclament pour continuer à verser votre pension. Un seul certificat vaut pour toutes vos caisses, et sans transmission dans les deux mois, le paiement est suspendu.

Faites-le compléter par le Barangay Captain, l’autorité communale de votre lieu de résidence, ou par la section consulaire. L’application « Mon certificat de vie », par reconnaissance faciale, ne sert que si votre caisse vous l’a proposée en vous envoyant un QR code.

Ce que vérifie le conseiller

  • La nature de chacune de vos pensions, base, complémentaire, publique, privée ou rente, et l’État qui l’impose, avant la première retenue à la source.
  • La preuve de votre résidence fiscale hors de France, qui conditionne l’arrêt de la CSG, de la CRDS et de la Casa sur votre pension, à côté de la résidence au sens de la convention qu’elle ne suffit pas à établir, et l’État qui impose en conséquence votre pension privée ou votre rente.
  • L’exposition de tout votre patrimoine, France comprise, à l’impôt successoral philippin, la déduction sur cet impôt de l’impôt successoral payé hors des Philippines, et l’enveloppe qui portera vos placements après le départ.

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Les questions les plus posées

Peut-on quitter les Philippines plusieurs mois sans perdre son visa SRRV ?

Oui. Le SRRV autorise les entrées et sorties multiples, sans obligation générale de séjour permanent aux Philippines. Vous pouvez donc voyager ou séjourner en France tout en conservant votre statut, à condition de respecter les obligations du programme PRA.

Peut-on travailler aux Philippines avec un visa retraite SRRV ?

Oui. La Philippine Retirement Authority présente le SRRV comme permettant d’exercer une activité professionnelle sans obtenir un visa de travail distinct. Certaines activités ou professions réglementées peuvent néanmoins nécessiter des formalités particulières auprès des autorités compétentes.

Peut-on percevoir sa pension française directement sur un compte philippin ?

Oui. L’Assurance retraite autorise le versement des pensions sur un compte bancaire français ou étranger. Vous devez communiquer vos nouvelles coordonnées bancaires à votre caisse et comparer les frais de transfert et de conversion de devises.

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