Une fois fiscalement domicilié au Cameroun, vous y êtes en principe imposé sur vos revenus mondiaux, tandis que la convention fiscale franco-camerounaise détermine les revenus que la France peut continuer à taxer. Salaires, retraites, revenus immobiliers, dividendes, plus-values ou encore succession ne suivent donc pas tous les mêmes règles. Pour un non-résident français, l’enjeu consiste à identifier précisément où chaque revenu est imposable et à anticiper les conséquences patrimoniales du changement de résidence fiscale.
Sommaire
Les points clés à retenir :
- La résidence fiscale détermine l’essentiel de votre imposition : domicilié fiscalement au Cameroun, vous y êtes en principe imposé sur vos revenus mondiaux, sous réserve de la convention franco-camerounaise.
- Votre salaire exercé au Cameroun y est imposé selon un barème progressif de 10 % à 35 %, auquel s’ajoutent les centimes additionnels communaux et certains prélèvements sociaux.
- Les retraites françaises privées, de base et complémentaires sont imposables au Cameroun, tandis que certaines pensions publiques françaises restent imposables en France.
- Vos biens immobiliers situés en France restent soumis à la fiscalité française : revenus locatifs, prélèvements sociaux et plus-values continuent donc à devoir être anticipés après le départ.
- Placements, PEA, assurance-vie et transmission nécessitent une analyse franco-camerounaise : le traitement dépend du produit détenu, de la nature du revenu et de votre résidence fiscale au moment de l’opération.
Fiscalité, placements et enveloppes d’investissement ne se pilotent plus de la même manière une fois non-résident. Faites le point avec un conseiller sur les solutions adaptées à votre situation entre la France et l’international. Je réserve mon créneau !
Qui impose quoi quand vous vivez au Cameroun ?
| Revenu | France | Cameroun | Ce qui décide |
|---|---|---|---|
| Salaire local | Rien | 10 à 35 %, plus 10 % de centimes | Lieu de travail, trois conditions |
| Retraite de base, complémentaire ou privée | Rien | Barème | Votre domicile |
| Pension de fonctionnaire | Seule à imposer | Exonérée, comptée pour le taux | Payeur public, hors activité industrielle ou commerciale |
| Loyers français | 20 % minimum, 17,2 % en nu ou 18,6 % en meublé non professionnel | Exonérés, comptés pour le taux | Situation du bien |
| Dividendes français | Retenue de 12,8 % | Imposés, crédit plafonné | Plafond de 15 % |
| Cession de titres français | Rien, sauf société immobilière française | Imposable, qualification à confirmer | Actif immobilier |
| Plus-value immobilière française | 19 % et 17,2 %, surtaxe au-delà de 50 000 € | Imposition à confirmer, sans allègement conventionnel | Situation du bien |
Ces répartitions déclinent pour le Cameroun la fiscalité de l’expatrié dans son ensemble et supposent un domicile camerounais au sens de la convention. Elles ne valent ni pour le Français resté résident de France, ni pour l’agent public français hors activité industrielle ou commerciale, imposé en France seule. Les « centimes » sont les centimes additionnels communaux, calculés sur l’impôt et non sur le revenu.
Fiscalement domicilié au Cameroun, vous y êtes imposé sur vos revenus mondiaux, sans régime d’entrée. La France conserve surtout vos revenus immobiliers français, une retenue sur vos dividendes et vos pensions de fonctionnaire hors activité industrielle ou commerciale, chacun de ces droits venant d’un article précis de la convention.
- Taux marginal camerounais, centimes compris : 38,5 %
- Retenue française sur vos dividendes : 12,8 %
- Prélèvements sociaux sur un loyer français nu : 17,2 %
Au regard du code général des impôts camerounais, vous êtes domicilié au Cameroun dès que s’y trouve votre foyer ou votre séjour principal, votre activité professionnelle non accessoire ou le centre de vos intérêts économiques. Un seul de ces critères suffit, sans seuil de 183 jours. Vous y êtes alors imposé sur vos revenus mondiaux, sous réserve de la convention.
Aucun régime d’entrée n’allège la première année. Le code camerounais de 2026 ne prévoit ni forfait pour les expatriés, ni fenêtre d’exonération, ni imposition limitée aux revenus rapatriés. Vos salaires et vos pensions suivent le barème de droit commun, dont la dernière tranche coûte 38,5 % centimes compris au-delà de 5 000 000 F CFA de revenu net imposable. Ce taux marginal pèse dans toute négociation salariale.
Si la France vous considère aussi comme résident, parce que votre famille y est restée par exemple, vérifiez l’article 2 de la convention, qui tranche. Il retient d’abord le foyer permanent d’habitation, entendu comme le centre des intérêts vitaux, puis à défaut le séjour le plus long, puis la nationalité. Tant qu’un foyer permanent se dégage, le nombre de jours passés dans chaque pays ne compte pas.
Les honoraires d’une profession libérale ne sont imposables qu’au Cameroun, sauf la part attribuable à une base fixe habituelle en France, imposable en France. Les agents diplomatiques et consulaires étrangers, sous réserve de réciprocité, et les personnels d’organisations internationales à statut diplomatique, si l’accord de siège le prévoit, échappent à l’impôt camerounais. Un libéral doté d’un cabinet habituel en France isole donc les honoraires qui s’y rattachent.
Salarié au Cameroun, comment votre salaire est-il imposé ?
Votre salaire d’un emploi exercé au Cameroun y est imposable, et la France n’a rien à prélever dessus tant que votre domicile fiscal est camerounais. La règle inverse protège le résident de France envoyé en mission courte, dont le salaire reste imposé en France seulement si trois conditions sont réunies ensemble.
- Un séjour qui n’excède pas 183 jours au total au cours de l’année fiscale.
- Une rémunération payée par un employeur qui n’est pas domicilié au Cameroun.
- Une charge qui n’est pas déduite d’un établissement stable ou d’une base fixe de l’employeur au Cameroun.
Le calcul part du brut, avantages en nature compris, dont il retire des frais professionnels forfaitaires de 30 %, plafonnés à 4 800 000 F CFA par an. Il retire aussi la cotisation retraite CNPS de 4,20 %, sous un plafond mensuel de 750 000 F CFA. Un abattement de 500 000 F CFA s’applique ensuite, puis le barème annuel, dont l’impôt est majoré de 10 % de centimes.
- 10 % jusqu’à 2 000 000 F CFA.
- 15 % de 2 000 001 à 3 000 000 F CFA.
- 25 % de 3 000 001 à 5 000 000 F CFA.
- 35 % au-delà de 5 000 000 F CFA.
Au-delà de 750 000 F CFA par mois, la cotisation pension cesse de progresser. Une fois le plafond des frais professionnels atteint, chaque franc brut supplémentaire supporte 38,5 % d’impôt centimes compris, plus 1 % de contribution salariale au Crédit foncier du Cameroun, assise sur le brut sans plafond.
La taxe de développement local et la redevance audiovisuelle sont des forfaits par tranche de salaire, plafonnés respectivement à 30 000 F CFA par an et à 13 000 F CFA par mois. Comparez donc une offre locale sur son net, jamais sur son brut, et faites chiffrer l’avantage en nature d’un logement ou d’un véhicule, qui entre dans l’assiette.
Quelle protection sociale après six mois au Cameroun ?
Recruté sur place, vous relevez de la CNPS, qui ne vous ouvre pas le taux de 7,5 % de prélèvements sociaux réservé aux affiliés de l’EEE ou de la Suisse. Détaché par un employeur français, vous restez au régime français pour une mission de six mois au plus, sans prolongation prévue par l’accord franco-camerounais, d’après le Cleiss.
Demandez avant le départ le certificat de détachement SE 322-01. Si la mission doit dès l’origine durer plus longtemps, ou si les conditions du détachement ne sont pas réunies, sollicitez une dérogation exceptionnelle. L’organisme français transmet votre demande à la CNPS, qui décide, et vous ne rejoignez la caisse camerounaise qu’à défaut de cette dérogation.
La convention de sécurité sociale signée le 5 novembre 1990, en vigueur depuis le 1er mars 1992, coordonne la maternité, l’invalidité, la vieillesse, les accidents du travail et les prestations familiales. Elle ne coordonne ni la maladie ni le décès, et le Cameroun n’a pas d’assurance maladie obligatoire générale.
Au Cameroun, une couverture santé universelle se déploie progressivement depuis avril 2023, et l’employeur doit fournir des services de soins, mais votre assurance maladie reste à organiser vous-même. Vous pouvez adhérer à la Caisse des Français de l’étranger ou souscrire une assurance santé d’expatrié.
La pension de vieillesse de la CNPS ne s’ouvre qu’à quatre conditions cumulatives.
- Avoir atteint 60 ans.
- Être immatriculé à la CNPS depuis au moins 20 ans.
- Avoir accompli au moins 180 mois d’assurance, dont au moins 60 au cours des dix années qui précèdent la date d’admission.
- Avoir cessé toute activité salariée.
La totalisation de vos périodes françaises, que la convention de sécurité sociale prévoit en cas de besoin, porte sur la durée d’assurance. Vérifiez aussi votre ancienneté d’immatriculation, condition distincte de cette durée. Si vous ne remplissez pas ces quatre conditions à l’âge requis, vous recevez une allocation de vieillesse versée en une fois, à condition de justifier d’au moins 12 mois d’assurance.
Votre retraite française sera-t-elle imposée au Cameroun ?
Oui, et au Cameroun seulement. L’article 21 de la convention réserve les pensions et rentes viagères à l’État du domicile fiscal du bénéficiaire, sans distinguer pension de sécurité sociale et pension privée. Retraite de base, complémentaire ou privée entrent donc dans le barème camerounais, jusqu’à 38,5 % centimes compris. Le choix du pays de retraite se fait ainsi au regard de ce barème, et non du seul barème français.
La pension d’un ancien fonctionnaire suit une autre règle. L’article 17 réserve les rémunérations et pensions payées par un État, une collectivité locale ou une personne morale de droit public à l’État qui les paie, sous réserve des accords particuliers sur les coopérants. La France l’impose seule, et le Cameroun l’exonère en la retenant pour le taux de vos autres revenus.
Cette règle ne couvre pas les rémunérations et pensions de services rendus dans une activité industrielle ou commerciale d’une personne publique. Une telle pension relève alors de l’article 21 et revient au Cameroun, et un tel salaire suit les règles de l’emploi salarié. D’autres conventions répartissent autrement, comme le montre l’imposition des retraites versées à l’étranger.
L’article 182 A du code général des impôts prévoit une retenue à la source sur les pensions de source française versées à un non-résident, au barème de 0, 12 et 20 % après un abattement de 10 %. Elle ne frappe que la pension que la convention laisse imposer à la France, c’est-à-dire votre pension publique hors activité industrielle ou commerciale.
Votre retraite de base, complémentaire ou privée, que l’article 21 réserve au Cameroun, n’est pas imposable en France et sort de cette retenue, sans CSG, CRDS ni Casa. Contrôlez donc vos relevés de pension, car une retenue d’impôt portée sur l’une de ces retraites contredit la convention.
Si vous restez à la charge d’un régime français d’assurance maladie, notamment avec des droits aux soins lors de vos séjours temporaires en France, une cotisation maladie est toutefois précomptée sur votre pension. Son taux est en règle générale de 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaire et 7,1 % sur une retraite d’indépendant. Ce n’est pas un impôt, et la convention ne l’écarte pas.
Si vous avez cotisé dans les deux pays, chaque régime vous verse la part de ses propres périodes. Les périodes de l’autre pays peuvent être totalisées en cas de besoin pour compléter la durée d’assurance, mais la pension de la CNPS exige aussi une ancienneté d’immatriculation, condition distincte à vérifier. Ces pensions s’exportent, et les formalités sont décrites dans toucher sa retraite à l’étranger.
Loyers et plus-values en France, que prélève encore le fisc français ?
Vos loyers français ne sont imposables qu’en France, où se situe le bien (article 9). Le Cameroun les exonère, mais les retient pour le taux de vos autres revenus. En France, l’impôt d’un non-résident atteint au moins 20 % jusqu’à 29 579 euros de revenu net imposable pour les revenus 2025, puis 30 %. Ce plancher tombe si vous justifiez d’un taux moyen inférieur sur vos revenus mondiaux.
S’y ajoutent les prélèvements sociaux, dus sur vos seuls revenus immobiliers français, à 17,2 % en location nue et 18,6 % en meublé non professionnel dès les revenus 2025. Votre affiliation à la CNPS vous laisse hors du taux réduit de 7,5 % des prélèvements sociaux des expatriés. Si vos revenus mondiaux sont faibles, demandez le taux moyen, qui peut réduire l’impôt français mais jamais les prélèvements sociaux.
La plus-value tirée de la vente d’un immeuble français reste imposable en France, État de situation du bien. Elle supporte le prélèvement de 19 %, 17,2 % de prélèvements sociaux et, au-delà de 50 000 euros de plus-value imposable, une surtaxe de 2 à 6 %, terrains à bâtir exclus. L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention, celle des prélèvements sociaux après 30 ans.
Côté camerounais, la convention laisse la France imposer ce gain sans prévoir ni exonération ni crédit d’impôt. Or le code camerounais range dans l’impôt sur le revenu les plus-values immobilières sans les limiter aux immeubles situés au Cameroun, contrairement aux loyers. Faites chiffrer le risque de double imposition qui en découle avant la vente, et confirmez auprès de l’administration camerounaise le régime d’un acte passé en France.
Dividendes, intérêts et titres, que prévoit la convention fiscale France-Cameroun ?
Les dividendes versés par une société française à un domicilié du Cameroun sont imposables au Cameroun, et la France peut aussi les imposer dans la limite de 15 % du montant brut, en vertu de l’article 13. En droit interne, la retenue française est de 12,8 %, taux en vigueur au 1er janvier 2026, sans prélèvements sociaux.
Vous déclarez ces dividendes en France, rubrique 2EE, dès que vous y déposez une déclaration pour d’autres revenus de source française. S’ils sont vos seuls revenus français, ils ne se déclarent qu’au-delà de 250 000 euros pour une personne seule, ou de 500 000 euros en imposition commune.
Le Cameroun les impose à son tour et accorde un crédit égal à l’impôt français, plafonné à l’impôt camerounais dû sur ces revenus. Vous payez donc au total le plus élevé des deux impôts, et le plafond de 15 % n’est jamais le taux payé. C’est l’impôt camerounais sur vos dividendes qui décide de l’arbitrage de votre portefeuille français.
Pour les intérêts, la convention autorise aussi la France à prélever jusqu’à 15 % du brut. Le droit français exonère toutefois par principe les intérêts perçus par un non-résident, qui n’ont pas à être déclarés, sauf paiement dans un État ou territoire non coopératif. Vos intérêts français sont donc imposés au Cameroun sans impôt français à imputer, et sans prélèvement social.
La plus-value sur titres d’une société française relève en principe du seul Cameroun, votre État de domicile, en vertu de l’article 16 de la convention. La France ne peut la taxer que si la société tire plus de 50 % de sa valeur d’immeubles français, à un moment quelconque des 365 jours précédant la cession. Vérifiez la part immobilière de l’actif de chaque société dont vous cédez des titres.
Au Cameroun, ce gain échappe au régime des plus-values de titres, réservé aux sociétés de droit camerounais. Pour des titres cotés, en direct ou en PEA, le code camerounais le range parmi les produits des opérations de bourse, des bénéfices non commerciaux imposés à 33 % centimes compris, avec un minimum assis sur le chiffre d’affaires. Faites confirmer cette qualification par l’administration camerounaise avant de céder, PEA compris.
Ce que la France garde quel que soit votre pays de résidence
La France vous tient pour domicilié chez elle dès que vous remplissez un seul critère de l’article 4 B du code général des impôts. Depuis la loi du 14 février 2025, ces critères cèdent devant une convention qui vous rattache à l’autre État. Les cas limites se lisent dans les critères de la résidence fiscale française.
L’exit tax de l’article 167 bis vise le contribuable domicilié en France au moins six des dix années précédant son départ, dont les titres dépassent 800 000 euros ou au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société. Hors Union européenne, le sursis automatique dépend de la liste nominative de la notice 2074-ETD, jamais d’une convention. Vérifiez les seuils et le calcul de l’exit tax.
L’IFI d’un non-résident porte sur ses immeubles situés en France et sur ses parts de sociétés, françaises ou étrangères, à hauteur de leur fraction représentative de cet immobilier français. Il est dû au-delà de 1 300 000 euros de patrimoine immobilier net taxable, au barème de 0,5 à 1,5 %. Le calcul est détaillé dans l’IFI du non-résident.
Vendre un logement français ouvre une exonération de 150 000 euros de plus-value, une fois, liée à votre nationalité européenne et non à votre résidence. Elle exige au moins deux ans de domicile français continu, une détention directe et une vente au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant le départ. La libre disposition du bien depuis le 1er janvier de l’année précédente lève ce délai.
Pour vendre un bien français, désignez un représentant fiscal accrédité. Installé au Cameroun, vous n’en êtes dispensé que dans trois cas.
- Le prix ne dépasse pas 150 000 euros par cédant, un couple marié ou pacsé imposé en commun comptant pour un seul.
- La plus-value est totalement exonérée après 30 ans de détention.
- La vente de votre ancienne résidence principale bénéficie de son exonération.
Acheter un logement au Cameroun, ce que coûtent la détention et la revente
Propriétaire d’un logement au Cameroun, vous payez chaque année la taxe sur la propriété foncière, exigible au 1er janvier et réglée au plus tard le 30 juin. Son taux est de 0,1 % de la valeur déclarée par zone, porté à 0,2 % entre 500 millions et 1 milliard de F CFA, puis à 0,3 % au-delà. Un bâti n’y entre que s’il bénéficie d’infrastructures, voie carrossable, eau, électricité ou téléphone.
À la revente, la plus-value supporte un prélèvement libératoire de 5 %, porté à 10 % lorsque la transaction est réalisée en espèces. Le notaire l’acquitte pour votre compte avec les droits d’enregistrement. Exigez de l’acheteur un paiement par virement, qui divise ce coût par deux.
L’année du départ, que faut-il déclarer en France et au Cameroun ?
L’année de votre départ, la déclaration 2042 porte tous vos revenus du 1er janvier à la date du départ. La déclaration 2042-NR ne s’y ajoute que si vous gardez des revenus de source française imposables en France, des loyers par exemple, et elle ne couvre qu’eux, du départ au 31 décembre. Le service des non-résidents gère alors votre dossier. Sans revenu français imposable, signalez-le dans les renseignements complémentaires.
Au Cameroun, vous souscrivez chaque année une déclaration récapitulative de vos revenus auprès du centre des impôts de votre lieu de résidence, avec vos retenues déjà subies et le solde à régulariser. L’échéance dépend de votre situation.
- Le 31 juillet pour les hautes personnalités et les salariés du secteur public et parapublic.
- Le 30 septembre pour les salariés des entreprises relevant de la DGE, des CIME ou des centres spécialisés.
- Le 31 octobre pour les autres particuliers, retraités et rentiers compris.
Votre ancienne résidence principale peut être vendue sans le prélèvement de 19 % sur la plus-value. Le Cameroun remplit les conditions posées à l’État de destination, avec une assistance administrative et une assistance au recouvrement, hors liste des États non coopératifs. Les autres conditions dépendent de vous.
- Le logement était votre résidence principale à la date du départ.
- La vente intervient au plus tard le 31 décembre de l’année suivant le départ.
- Le bien n’a été ni loué ni prêté, même gratuitement, entre le départ et la vente.
- Vous n’avez pas déjà bénéficié de l’exonération de 150 000 euros des non-résidents.
Pour l’exit tax, le Cameroun figure sur la liste 2074-ETD de 2026, valable pour les départs depuis le 1er janvier 2025, et ouvre le sursis automatique. Votre PEA reste ouvert, le Cameroun n’étant pas un État non coopératif. Un retrait avant cinq ans le clôt, sauf exceptions légales, et le gain d’un non-résident échappe à l’impôt et aux prélèvements sociaux français, comme le détaille le PEA en expatriation.
De toutes ces échéances, seule la date de vente de l’ancienne résidence principale ne se rattrape pas. Elle se fixe dès la préparation du départ, en même temps que les démarches avant le départ, et gardez en tête les règles d’un retour en France si votre séjour camerounais a une fin programmée.
Qui taxe votre succession entre la France et le Cameroun ?
La convention franco-camerounaise couvre les successions, donations pour cause de mort comprises, mais pas les donations entre vifs. Elle répartit le patrimoine du défunt par nature de bien, et chaque État peut taxer les biens qui lui reviennent au taux moyen qu’il appliquerait à l’ensemble des biens imposables d’après sa loi. Classez vos biens avec cette grille.
- Immeubles et parts de sociétés à actif principalement immobilier, imposés dans l’État où ils sont situés.
- Biens investis dans une entreprise commerciale, industrielle ou artisanale autre qu’une société de capitaux, imposés dans l’État de son établissement stable.
- Biens affectés à une profession libérale, imposés dans l’État de ses installations permanentes.
- Meubles corporels, imposés dans l’État où ils se trouvent.
- Bateaux et aéronefs, imposés dans l’État d’immatriculation.
- Titres de sociétés de capitaux et autres biens non visés, imposés dans l’État du domicile du défunt.
Au décès d’un Français domicilié au Cameroun, ses immeubles français restent taxés en France, tandis que ses titres de sociétés de capitaux suivent son domicile. Le Cameroun perçoit des droits de succession progressifs sur l’actif net, de 1 % sur la tranche jusqu’à 5 000 000 F CFA à 5 % sur la tranche au-delà de 500 000 000 F CFA.
Hors convention, une donation entre vifs relève du droit interne de chaque pays. Le Cameroun la taxe à 5 % en ligne directe et entre époux, 10 % entre frères et sœurs, 20 % au-delà du deuxième degré et entre non-parents. L’article 750 ter taxe en France tout bien donné par un donateur domicilié en France, sinon ses seuls biens français. La France taxe aussi les biens reçus par un donataire domicilié en France au moins six des dix dernières années.
Les droits payés au Cameroun ne s’imputent sur les droits français que si la France taxe au titre du domicile du donateur ou du donataire. L’imputation se limite alors aux droits payés sur les biens situés hors de France. Organisez une transmission depuis le Cameroun avec les deux tarifs en tête, et comparez-la au régime fiscal de la donation internationale.
Chacune des règles qui précèdent suppose établis votre domicile conventionnel, la qualification de vos placements et le calendrier de vos ventes. Tant que ces faits restent incertains, aucune de ces règles ne s’applique avec sûreté, et c’est pourquoi le conseiller les vérifie avec vous sur pièces.
- Que votre foyer permanent et le centre de vos intérêts vitaux désignent bien le Cameroun au sens de l’article 2 de la convention, si la France peut encore vous considérer comme résident.
- Le traitement camerounais des gains de votre assurance-vie et de votre PEA français, à établir sur votre propre dossier.
- La date limite de vente de votre ancienne résidence principale et, pour tout bien français, si le prix vous dispense de représentant fiscal, un couple comptant pour un seul cédant.
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Vous connaissez désormais les principales règles fiscales entre la France et le Cameroun. La prochaine étape consiste à déterminer quelles enveloppes, juridictions et allocations correspondent réellement à votre patrimoine et à vos projets. Je réserve mon créneau !
Les questions les plus posées
Oui. Le changement de résidence fiscale n’entraîne pas la clôture d’un contrat d’assurance-vie français existant. Il faut toutefois informer l’assureur de votre nouvelle résidence fiscale et vérifier les conséquences fiscales d’un futur rachat.
Elle peut présenter un intérêt pour un patrimoine international, notamment grâce à sa portabilité, à son univers d’investissement et à certaines possibilités multidevises. Son intérêt dépend toutefois du patrimoine, des montants investis et de la fiscalité camerounaise applicable.
Le PER peut être conservé après le départ de France. En revanche, l’intérêt de nouveaux versements et leur éventuelle déductibilité doivent être réévalués puisque vous ne disposez plus nécessairement de revenus imposables en France.